Marchés

Les p'tits Papiers d'Arménie, une spécialité montrougienne

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Malgré leur nom exotique, les célèbres feuilles parfumées ont été créées et sont toujours produites à côté de Paris.

Les p'tits Papiers d'Arménie

Au Papier d’Arménie, l’expression « entreprise familiale » prend tout son sens. Et pas uniquement parce que sa dirigeante, Mireille Schwartz, est l’arrière-petite-fille d’un des fondateurs. À l’usine de Montrouge, travaille, depuis vingt-trois ans, Caroline, comme sa mère et sa grand-mère avant elle. Philippe, le directeur de production, est entré dans l’entreprise après le départ de son frère et sa belle-mère a été assistante de direction. Ce sont une dizaine de personnes qui perpétuent aujourd’hui les gestes de fabrication du Papier d’Arménie.

L’histoire commence par un voyage d’Auguste Ponsot au Moyen-Orient. Il y découvre le benjoin utilisé en fumigation pour parfumer et désinfecter les maisons. Il décide de l’importer en France. Auguste Ponsot et son associé, le pharmacien Henri Rivier, réalisent des recherches afin de trouver un moyen de parfumer doucement et durablement les habitats. Ils mettent au point les papiers imbibés d’une solution alcoolique de benjoin, qui se consument lentement sans faire de flamme. Le procédé de fabrica­tion dure six mois. Pendant deux mois, le benjoin macère dans une solution alcoolique. Les feuilles de papier sont ensuite imbibées, séchées, mises sous presse pendant un mois puis perforées, découpées, assemblées en carnet.

« Laissez brûler, la la la la… »

Depuis le XIXe siècle, peu d’étapes ont été automatisées, et les employés suivent scrupuleusement les méthodes mises au point par les deux fondateurs. Pour leurs produits, Auguste Ponsot et Henri Rivier avaient choisi des noms exotiques rappelant les terres d’origine du benjoin : Papier d’Arabie, Papier de Turquie, Papier d’Orient… Seul le Papier d’Arménie a traversé les années et bénéficie d’une forte notoriété auprès des Français. Le produit s’offre le luxe d’être cité dans la chanson Les Ptit’s Papiers écrite par Serge Gainsbourg pour Régine : « Laisser brûler les p’tits papiers, papier de riz ou d’Arménie, qu’un soir ils puissent, papier maïs, vous réchauffer… » 

Depuis sa création, il y a cent trente et un an ans, l’entreprise s’est diversifiée sous l’impulsion de Mireille Schwartz, qui en a pris la direction en 1992. « Pour croître, nous ne pouvions pas ­rester monoproduit, rappelle la dirigeante. C’est pourquoi nous proposons des bougies, des brûleurs… » Et à l’emblématique par­fum, se sont ajoutées de nouvelles fragrances. « En 2006, pour l’année de l’Arménie en France, nous avons noué un partenariat avec Francis Kurkdjian », indique Mi­reille Schwartz. Une édition limitée tellement plébiscitée par les consommateurs qu’elle est restée au catalogue. Et la collaboration avec le célèbre parfumeur s’est poursuivie avec la Rose, une référence qui, comme son nom l’indique, est parfumée avec des roses d’Iran et de Turquie. « Nous voulons également développer l’ex­port. C’est pourquoi nous faisons des salons comme Maison & Objet. Nous aimerions aussi poursuivre notre aventure avec Francis Kurkdjian et proposer de nouvelles senteurs », conclut Mireille Schwartz.

En dates

  • 1885 : lancement du papier d’Arménie
  • 1992 : Mireille Schwartz prend la tête de l’entreprise
  • 2006 : début de la collaboration avec Francis Kurkdjian
  • 2015 : l’entreprise fête ses 130 ans

En chiffres

  • 3 M€ de chiffre d’affaires en 2015
  • 2-2,5 millions de carnets produits par an en moyenne
  • 11 salariés

Source : Papier d’Arménie 

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