Les Partisans du Goût, le frais en centre-ville

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L'enseigne née dans le giron d'Auchan Super prend ses distances avec les concepts de grande distribution classiques. Les murs de produits s'effacent pour laisser libres de vastes espaces. Reste la question de sa rentabilité, qui plus est en milieu urbain.

Auchan Super
Auchan Super© PHOTOS DR

Sur le papier, c'est le deuxième magasin à l'enseigne Les Partisans du Goût, après Halluin, en octobre 2010. Dans l'esprit, plutôt le premier. D'abord parce que l'implantation n'est pas la même : 500 m² pour Halluin, un peu au milieu de nulle part, contre 988 m² à Lille, en plein centre-ville. Ensuite, et surtout, parce que la vocation diffère : magasin membre du Chronovillage, partenaire du Chronodrive moteur du centre, et s'interdisant par là même de (trop) le challenger, du côté d'Halluin ; magasin principal à Lille, ambitionnant de « permettre aux clients de faire toutes leurs courses ici », ainsi que l'explique Didier Vassal, directeur du projet au sein d'Auchan Super.

À cette première assertion, un bémol : magasin principal, peut-être, mais alors sûrement pas pour des familles nombreuses. Si on trouve du lait, c'est à la bouteille, et pas par pack de six. Même chose pour l'eau ou le Coca-Cola. Reste que l'essentiel est ailleurs. Les Partisans du Goût est avant tout un spécialiste du frais, avec boucherie, traiteur, fromagerie et poissonnerie, et c'est à cette aune qu'il mérite d'être jugé.

 

La volonté de s'effacer derrière le produit

Sur un tout petit peu moins de 1 000 m² de surface de vente, 5 000 références sont proposées, avec un gros bloc fruits et légumes occupant un bon quart de l'ensemble. Et le choix est au rendez-vous avec, par exemple, 18 références de pommes alignées sur un mobilier à plat, bas, et au « design » noir. Des stands de produits préparés sur place, tous travaillés en zone basse, viennent habiller un espace qui reste délibérément... spacieux. Soit, pour être plus précis, la volonté de s'effacer derrière le produit.

De quoi étonner, de prime abord, quand on est habitué à la grande distribution et à ses murs de produits... Mais, au final, cette volonté de paraître épurée est à mettre au crédit de l'enseigne. Et ce même si cela ne va pas sans poser de questions. « Nous devons installer le concept, concède Didier Vassal. Le faire connaître et laisser le temps aux clients de s'y habituer. L'idée est de passer d'un esprit de distribution à un esprit de commerçant, basé sur les services. »

Pour marquer sa différence, l'enseigne se développe en « autonomie » par rapport au groupe dont elle est issue. On n'y trouve ni signature « by Auchan », ni même de MDD Auchan (une éventuelle MDD Les Partisans du Goût est à l'étude). Pas plus que, demain, on n'y acceptera la carte fidélité du groupe nordiste. Évidemment, Les Partisans du Goût bénéficie de la force de la centrale d'achats maison pour ses approvisionnements, mais, même là, une large place est laissée aux produits locaux et « différenciants » (il faut voir le linéaire des chocolats, droit venus de Belgique !).

 

Métiers de bouche à l'ancienne

Dans tous les cas, l'interrogation clé est de savoir si une enseigne pariant sur le retour de la vente à service - 36 salariés, tous formés dans leur spécialité - peut encore trouver sa place, avec les coûts inhérents à un tel concept. A fortiori en centre-ville. Didier Vassal y croit. Les Partisans du Goût se conçoit comme un concept rassemblant sous son toit plusieurs métiers de bouche, spécialistes du frais : « Ils s'en sortaient autrefois, non ? Pourquoi, alors, en s'inspirant de cela, n'y parviendrions-nous pas aujourd'hui ? » La logique se tient. Surtout quand ces valeurs de proximité et de service reviennent sur le devant de la scène.

LES CHIFFRES

  • 988 m² La surface de vente
  • 5 000 Le nombre de références
  • 36 Le nombre de salariés
  • 2 Le nombre de magasin Les Partisans du Goût, en attendant le troisième, en septembre 2012, à Marquette, près de Lille (59)

Les plus

  • La très forte présence de produits locaux.
  • Des assortiments originaux, avec notamment un rayon chocolats, tout droit venus de Belgique
  • La présentation des fruits et légumes, avec une image de spécialiste et de fraîcheur indéniable.

Les moins

  • La façade, un peu trop marquée « grande distribution » quand le concept se différencie à l'intérieur
  • Ce magasin se conçoit difficilement comme magasin principal, pour des familles nombreuses en tous cas

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Article extrait
du magazine N° 2207

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