Les PC visent le record des ventes pour 2004

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Après une année 2003 mal entamée mais terminée sur les chapeaux de roue, 2004 s'annonce à nouveau comme un cru exceptionnel au rayon informatique. Seules ombres au tableau : les prix et les marges, toujours aussi serrés.

Optimisme de rigueur ! Après une très bonne année 2003, au cours de laquelle les ventes de PC en France ont dépassé, pour la première fois, les 5 millions d'unités, les professionnels affichent leur confiance pour 2004. Du moins en ce qui concerne les volumes. Les chiffres varient d'un institut à l'autre, mais la tendance, elle, semble solide. Chez IDC, on évalue la croissance des ventes globales à 21 %. Dont + 10,6 % pour les modèles de bureau (desktops) et + 49 % pour les portables (notebooks), vedettes incontestées du marché, tant en grand public que dans les entreprises. à court terme, juin devrait encore voir les ventes de notebooks se comporter très honorablement, la période pré-estivale étant traditionnellement favorable aux produits de mobilité.

Autre motif de réjouissance, la croissance du secteur n'est pas réalisée uniquement par les portables. Les desktops, dont les ventes stagnaient, repartent à la hausse. « Les ventes de desktops demeurent majoritaires dans le grand public, d'abord parce que le rapport performances-prix reste imbattable, note Éric Greffier, directeur des produits PC chez HP. De très bonnes machines avec écran plat et graveur de DVD se négocient à prix plancher. À l'inverse, beaucoup de particuliers considèrent encore le portable comme un produit plus fragile, difficile à faire évoluer, et donc sujet à une obsolescence rapide. » D'ailleurs, il faut souligner que Packard Bell, le numéro deux du marché, réalise encore 70 % de ses ventes sur les desktops. Et travaille, comme presque tous ses concurrents, à promouvoir les concepts permettant la montée en gamme, au premier rang desquels le PC « convergent » avec le monde audio-vidéo. Soit une machine capable de lire tous les fichiers audio, image ou vidéo, et, si possible, d'enregistrer la télévision sur son disque dur.

« Au-delà du PC »

Chez Sony, qui joue de son statut mixte de fabricant informatique et audio-vidéo, on pousse cette notion de plus en plus loin, avec un modèle Home Server (serveur domestique). Pour Jun Koyama, responsable marketing de Sony IT Europe, il se situe « au-delà du PC ». Keiji Kimura, le président de Sony Corporation IT & Mobile Solutions Network Company, enfonce le clou : « Lorsque nous avons lancé les premiers VAIO, le PC était avant tout un outil de travail. Aujourd'hui, en repoussant les limites et en simplifiant les technologies, nous permettons aux utilisateurs de profiter complètement de la convergence. C'est l'intelligence du monde informatique et la facilité de l'audio-vidéo. »

Si Sony a effectivement toujours présenté ses PC comme des outils de convergence, c'est tout de même Microsoft qui, en 2003, a réellement ouvert la voix avec son Windows Media Center. Aujourd'hui, l'éditeur semble pourtant mal récompensé de ses efforts. Car si l'idée d'ajouter une interface graphique simplifiée à Windows et de piloter les PC via une télécommande fait son chemin, les constructeurs sont de plus en plus nombreux à tourner le dos à ce fameux Media Center. En quelques mois, Acer, Asus, Sony et maintenant Packard Bell se sont décidés à proposer des PC convergents équipés d'un logiciel maison, souvent très proche esthétiquement de Media Center. Officiellement, personne n'ose critiquer le travail des développeurs de Bill Gates. Mais, pour peu qu'on leur garantisse l'anonymat, les fabricants deviennent plus directs. Media Center est jugé peu abouti, et surtout trop gourmand en performances. De plus, Microsoft semble imposer aux constructeurs certaines marques de composants pour les autoriser à exploiter son système. Et se fait beaucoup d'ennemis.

Le phénomène touche aussi les portables (Toshiba propose un notebook Media Center, Asus un modèle doté de sa propre interface), mais de façon plus marginale. Pour le grand public, l'heure est encore souvent au premier équipement. Et même si les gammes sont déjà divisées entre modèles ultralégers bardés de technologies sans fil (processeur Centrino, WiFi...) et modèles plus statiques (officiellement désignés comme des PC de « desktop replacement »), beaucoup ne demandent encore à un portable que d'être... portable. Et les taux de croissance affichés attirent les convoitises, les marques étant de plus en plus nombreuses à espérer une part du gâteau.

Une pléthore de marques

2003 a ainsi été marquée par la percée d'Acer. Disposant d'une grande puissance industrielle et très agressif sur les prix, le fabricant taiwanais a atteint, en fin d'année, la deuxième place en Europe sur les portables, la troisième tous formats confondus. Les résultats ne sont pas encore aussi bons en France, mais Gianfranco Lanci, président de la marque pour l'Europe et le Moyen-Orient, affiche des ambitions laissant à penser qu'aucun pays ne devrait échapper à la déferlante. Tablant sur « une croissance de 20 % plus importante que celle du marché sur les notebooks » en 2004, il vise officiellement la première place du segment dès 2005. Un discours répandu chez les industriels, mais auquel les performances récentes d'Acer donnent un certain poids. Cette année, deux nouveaux venus au moins devraient s'ajouter à la liste des marques présentes. BenQ (LSA n° 1862), d'abord, un fabricant taiwanais issu du groupe Acer et aujourd'hui indépendant. Les dirigeants du bureau français, ouvert fin avril, assurent que leurs produits (des notebooks uniquement) seront en grande distribution pour la rentrée des classes. Même objectif chez le géant chinois IT Haier (LSA n° 1861), qui sous-traite depuis des années pour les principales marques informatiques et qui promet, cet automne, un portable doté d'un processeur graphique en exclusivité mondiale.

Quid des assembleurs ?

Cette pléthore de marques, connues ou moins connues, amène à s'interroger sur la marge de manoeuvre qui restera, à terme, aux assembleurs. Au salon MedPi de 2003, le microcosme semblait relever la tête après une année difficile (LSA n° 1822). Un an plus tard, le bilan paraît mitigé. Car si GV, filiale française du fabricant britannique Time, annonce périodiquement la disponibilité de certains produits dans la distribution, la renaissance de Continental Edison, sous l'impulsion d'un investisseur algérien, a fait long feu. Le fabricant italien Olidata ne fait guère parler de lui, brillant surtout par sa présence lors des opérations promotionnelles des enseignes, Leclerc surtout. L'intégrateur toulousain Absolut, qui s'était fait remarquer par son PC cylindrique, a fermé boutique voici quelques semaines. Gianfranco Lanci estime qu'il s'agit d'une tendance de fond, en France et en Europe, et prédit une année 2004 difficile pour ce qu'il appelle « les intégrateurs locaux ». « Si j'en crois les chiffres d'IDC, poursuit Éric Greffier, les ventes des assembleurs ont baissé de 15 % au premier trimes-tre, alors que le marché était en hausse de 8 %. Medion et Unika ont fait quelques belles choses en début d'année, notamment sur les portables, mais je ne les classe pas dans la même catégorie. Je pense que le marché du notebook va connaître la même évolution que le desktop quelques années auparavant : d'abord un marché exclusivement composé de produits de marque, puis une poussée des " no-name ", et enfin un retour à la domination des marques. »

Le prix des composants

Un autre grand constructeur confirme : « Certains arrivent en revendiquant un positionnement de marque B, en refusant les premiers prix. Mais pourquoi acheter un portable de marque B vendu 899 E, quand vous pouvez avoir un HP, un Packard Bell ou un Dell pour 999 E ? Un Medion ou un Gericom à 699 E ou 799 E offrent un écart de prix significatif. Mais celui que visent les marques B ne l'est pas, d'autant qu'Acer quadrille déjà ce segment de prix. Je pense qu'ils auront du mal, à l'image d'une mar-que comme Samsung qui propose de bons produits, mais dont la part de marché ne décolle guère. »

Quid de l'automne 2004 ? Les professionnels interrogés soulignent que le taux de change euro-dollar, qui constitue un critère clé pour déterminer le prix de vente des PC, n'a guère évolué par rapport au printemps 2003. Ce qui devrait garantir des tarifs encore serrés. Mais éric Greffier note une différence de taille : « L'autre critère important est le prix des composants. Dans ce domaine, la situation est très différente de celle de 2003. Sur les écrans plats, le marché est très tendu, et les prix sont environ 20 % plus élevés qu'il y a un an. Dans un autre domaine, une barrette de mémoire de 256 Mo se négociait entre 30 et 32 $ pièce l'an dernier. Aujourd'hui, nous sommes plus proches des 50 $. » Le record des 599 E enregistré à la précédente rentrée scolaire ne semble donc pas menacé.

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Article extrait
du magazine N° 1863

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