Les petits commerçants inquiets sur leur avenir et sceptiques sur les élections

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A LA UNE La 9ème vague de l’observatoire des commerces Médicis/Ifop met en évidence les craintes des petits commerçants pour l’avenir de leur activité. 86% sont inquiets pour l’économie de la France (+14 points par rapport à 2009) et 70% pour l’avenir de leur propre commerce (+16 points). Fort septicisme aussi face aux candidats aux élections présidentielles, puisque 81% estiment que ceux-là ne comprennent pas  leurs préoccupations professionnelles.

Nicolas Sarkozy

Les Français les aiment, ils pèsent un poids économique signifiant et pourtant… Le moral des petits commerçants est loin d’être au beau fixe. C’est ce qui ressort de la 9ème vague de l’observatoire des commerces réalisé par l’Ifop en partenariat avec Médicis, la mutuelle retraite des professionnels indépendants. Sur la base de 802 interviews de commerçants représentatifs du 7 au 15 février dernier.

> Poids et cote. Le «petit commerce » représente 750 000 entrepreneurs pour 343 Mrds€ de chiffre d’affaires. «Inlassablement depuis février 2008, les Français (91%) affirment avoir une opinion positive des commerçants de leur ville » commentent les auteurs. La boulangerie est le petit commerce préféré des Français : deux tiers (67%) ne pourraient s’en passer. Arrivent ensuite loin derrière le bureau de tabac (10%), la librairie (7%) et la boucherie (6%).

> Situation économique. Dans une période marquée par une forte incertitude sur le plan économique, l’optimisme des commerçants français perd en fermeté : deux tiers d’entre eux restent satisfaits de l’activité de leur entreprise (64%) soit une baisse de 3 points par rapport à l’observatoire du commerce de février 2008.
Alors que 43% des commerçants constatent une baisse de fréquentation de la clientèle (+9 points par rapport à mai 2011), 75% des Français déclarent les fréquenter autant qu’avant et 1/5 dit s’y rendre moins. Selon Medicis/Ifop «ce recul explique très certainement l’évolution du chiffre d’affaires qui a baissé pour deux commerçants sur cinq depuis le mois de janvier 2012 (40%). Ils sont cependant 46% à estimer que le chiffre d’affaires est resté stable ». En revanche les plus grandes entreprises semblent bénéficier d’une conjoncture plus favorable : 26% des commerces de plus de 10 salariés enregistrent une évolution positive de leur chiffre d’affaires.

Globalement, 86% des commerçants sont inquiets pour l’économie de la France (+14 points par rapport à 2009) et 70% pour l’avenir de leur propre commerce (+16 points). 94% des commerçants craignent de voir les petits commerces disparaître et se disent préoccupés par le montant des charges. La disparition des petits commerces est notamment un sujet de préoccupation majeur pour les personnes exerçant dans les secteurs de l’alimentation générale et des métiers de bouche, dans l’hôtellerie restauration et le commerce de détail. Cette crainte se fait également davantage sentir en milieu rural (77% contre 65% en agglomération parisienne).


> Bilan du quinquennat. Les commerçants sont nombreux (87%) à déplorer la dégradation en cinq ans de la situation économique de la France d’une manière générale et de leur commerce (47%) en particulier. Un cinquième des commerçants (22%) interrogé estime que son résultat est resté stable au cours des cinq dernières années et un tiers fait même part d’une amélioration de sa situation. Le pessimisme grandit avec l’âge des commerçants et la taille de leur commerce. « Les commerçants qui avaient massivement voté pour lui en 2007 critiquent aujourd’hui majoritairement le Président de la République sur son bilan à la fois en ce qui concerne la conduite générale de sa politique (56% d’insatisfaits) et sa politique économique (59%) ». Les critiques les plus vives se manifestent à l’encontre de la politique sociale (62% d’insatisfaits) et de la politique en direction des commerçants (69% d’insatisfaits) de Nicolas Sarkozy.
« Travailler plus pour gagner plus » fait écho chez les commerçants
Reste que les commerçants affichent un soutien majoritaire à l’égard des différentes réformes et mesures mises en place dans le domaine économique durant le quinquennat. Ainsi la défiscalisation des heures supplémentaires, mise en place en 2007 par la loi TEPA est pour 77% des commerçants qualifiée de «bonne chose ». De même le recul de l’âge du départ à la retraite, réforme phare de Nicolas Sarkozy satisfait 67% des commerçants, et spécialement les plus âgés (84% contre 47% de jeunes). Quant à l’ouverture des magasins le dimanche : 52% des commerçants la défendent, les jeunes (60%) et les plus de 65 ans (73%) en tête.

> Jugements sur la campagne présidentielle. Seul un tiers des commerçants s’intéresse beaucoup à l’élection présidentielle, proportion se situant dans la moyenne de la population française. « Ce déficit d’intérêt s’explique probablement par le fort sentiment que leurs préoccupations professionnelles sont incomprises par les candidats à la présidentielle (81%). Par ailleurs, 73% déclarent que les candidats sous estiment le poids des commerçants dans l’économie française ». Au top 3 des mesures souhaitées par les commerçants : l’allègement des charges qui pèsent sur les commerces (73%) ; la protection de leur activité - soutien au petit commerce, défense du « made in France » (23%) ; et enfin l’assouplissement des réglementations pour 16% notamment en ce qui concerne les contrats de travail.

> Intentions de vote. 37% des commerçants interrogés ont l’intention de voter pour Nicolas Sarkozy contre 44% lors d’un premier tour en 2007. Les 3 autres principaux candidats obtiennent moins de 20% des intentions de vote : François Hollande (19%), Marine Le Pen (18%) et François Bayrou (16%).

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