Les PME prennent les devants sur les candidats

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Groupements et syndicats de PME ont adressé depuis plusieurs semaines leurs demandes aux candidats en matière de fiscalité ou de financement. Sans oublier de faire de nombreuses propositions.

C'est une première forme de soutien aux PME : plusieurs partis politiques ont choisi d'acheter leurs tee-shirts ornés de slogans à l'entreprise bretonne Armor Lux, qui a écoulé jusqu'ici plus de 17 000 unités auprès du Modem, de l'UMP et du PS. Au-delà de cet acte symbolique, chaque formation propose une batterie de mesures destinées à faciliter la vie des PME. Mais plutôt que d'attendre passivement, les représentants de PME ont pris les devants en interpellant les candidats.

 

Un Livre blanc des PME

La Feef (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France), qui regroupe environ 600 entreprises indépendantes, a réalisé un Livre blanc renfermant dix propositions. La première d'entre elles consiste « à basculer une partie des charges sociales patronales sur la TVA pour alléger le coût du travail ». La deuxième repose sur la défiscalisation des résultats réinvestis dans l'entreprise. Quant à la troisième, elle demande que PME et multinationales soient soumises à une taxation équitable. « Nous proposons aussi, au niveau européen, de resserrer l'éventail des taux, ainsi que la mise en place d'une assiette commune de l'impôt sur les sociétés », indique la Feef.

André Viola, chargé du tourisme et des TPE au sein de l'équipe de campagne de François Hollande, apporte un début de réponse : « En matière de politique fiscale, nous instaurerons trois taux d'imposition sur les sociétés : 35 % pour les grandes entreprises, 30 % pour les PME, 15 % pour les TPE », souligne André Viola, qui rappelle d'autres engagements « tels que la création d'une banque publique d'investissement ou le doublement du plafond de livret de développement durable et la création d'un livret d'épargne industrie ».

La CGPME n'est pas en reste, avec une quarantaine de propositions, parmi lesquelles « inscrire dans la constitution le principe de non-rétroactivité des textes législatifs et réglementaires », « réduire l'inflation législative et réglementaire », « alléger durablement le coût du travail », « tendre vers une progressivité de l'impôt sur les sociétés » ou « améliorer l'accessibilité des PME à la commande publique ». Une proposition, mise en avant à la fois par l'UMP, Europe Écologie Les Verts et le Front national, répond à ce dernier point, ces formations évoquant un accès privilégié aux marchés publics et européens via un « small business act ».

Demande récurrente des entrepreneurs, la simplification administrative a également trouvé un écho chez nombre de candidats, qui propose l'installation d'un guichet unique pour diminuer les formalités.

 

Une attente relative...

Mais certains patrons de PME « n'attendent pas grand-chose de l'élection », comme l'indique un fabricant de plats appertisés. Loïc Hénaff, directeur général de l'entreprise du même nom, regrette pour sa part « la véritable méconnaissance des hommes politiques vis-à-vis des PME. [...] Sur un sujet comme la transmission, il faut une fiscalité allégée. Faute de quoi les entreprises ne peuvent pas rester dans les mains familiales. En Allemagne, la fiscalité est beaucoup plus intéressante dans ce cas de figure... »

Pour solidifier la position des PME, l'Association nationale des industries alimentaires, voix de grandes entreprises, mais aussi d'une myriade de petites structures, a adressé, fin janvier, à chacun des candidats un document les interpellant sur six thématiques clés (compétitivité du secteur, prix et pouvoir d'achat ou exportations). Sur la base des réponses reçues, l'association transmettra les réponses à ses adhérents, et va mettre en place une page internet dédiée pour suivre les déclarations, visites d'entreprises et réflexions engagées par les candidats sur ces sujets. Un véritable marquage à la culotte...

Ce qu'ils proposent

  • FRONT DE GAUCHE

Moduler des aides aux entreprises en fonction du niveau des exigences sociales et environnementales ; réduction des temps partiels imposés et des écarts de salaires ; favoriser la relocalisation des activités et les circuits courts de distribution.

  • UMP

Baptisé « 2012-2017, le quinquennat des PME conquérantes », le dispositif repose sur : « l'autofinancement, en modulant l'impôt sur les sociétés en fonction des stratégies de croissance », « le crédit, en s'assurant que nos banques financent notre économie », « les fonds propres, notamment avec des fonds d'investissement spécialisés par filière et adossés à des pôles de compétitivité ».

  • MODEM

Création d'une banque d'économie mixte décentralisée de soutien aux PME ; exonération de charges pour un emploi en CDI pendant deux ans, pour toute entreprise de moins de 50 salariés, proposé à un jeune dont ce sera le premier emploi ou à un chômeur. Ce droit ne sera pas ouvert s'il y a eu préalablement suppression de poste de travail.

  • PARTI SOCIALISTE

Création d'une banque publique d'investissement constituée à partir d'Oséo, du Fonds stratégique d'investissement et de CDC Entreprises ; instauration d'un interlocuteur unique par région ; création d'un livret d'épargne industrie dont le produit sera entièrement dédié au financement des PME et des entreprises innovantes.

  • FRONT NATIONAL

Le programme « Les PME/PMI d'abord » prône l'arrêt du soutien exclusif de l'État aux très grandes entreprises. Le parti entend lancer « la grande réforme de la simplification (GRS) », avec notamment la création d'un site unique pour toutes les démarches administratives, statutaires, sociales et fiscales des entreprises, accessible avec la carte d'identité numérique de l'entreprise (créée dans le même temps). Il demande aussi la création, au sein du ministère de l'Économie, de l'Entreprise et du Travail, d'une cellule « délais de paiement » chargée de collecter les réclamations des PME-PMI dont les clients ne respectent pas les termes de la loi de modernisation de l'économie de 2008.

 

La CGPME a lancé 40 propositions, parmi lesquelles la réduction de l’inflation législative et réglementaire.

Jean-François Roubaud,
Président de la confédération générale des petites et moyennes entreprises

 

 

La Feef a réalisé un Livre blanc avec 10 propositions, dont la mise en place d’une assiette commune de l’impôt sur les sociétés en Europe.

Gilles charpentier,
Président de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (Feef)

 

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Article extrait
du magazine N° 2220

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