Les PME sont plus malignes...

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Pour le président de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France, qui regroupe plus de 600 PME fournissant la grande distribution, elles jouent la carte de l'innovation.

LSA - Les PME sont-elles encore innovantes, malgré la crise ?

Dominique Amirault - Pour nos PME, l'innovation est vitale. Ne pouvant pas s'imposer par leur puissance financière et leur taille, elles se doivent d'être plus rusées, plus malignes, plus souples, et donc plus inventives que les grands groupes. D'ailleurs, les PME ont toujours innové. Certes, les grandes marques nationales ont des budgets plus importants, avec des équipes en conséquence. Mais leurs lancements prennent du temps et la généralisation encore plus. Les PME, elles, jouent la carte de la réactivité à la demande des clients consommateurs mais aussi grâce à l'intuition de leurs managers. Et nous ne cherchons pas forcément des innovations de rupture. De simples évolutions de gamme fonctionnent aussi très bien. Il faut aussi savoir être pragmatique et saisir l'air du temps, être sur les bons marchés au bon moment. Par exemple, en travaillant sérieusement la question du développement durable ou en misant sur l'export.

 

LSA - Quels sont les principaux freins à l'innovation?

D. A. - Il y en a au moins deux. Avec la crise et les tensions sur les matières premières, il est évident que les marges des PME sont touchées. Or, plus votre marge est confortable, plus vous tentez des paris, plus vous osez, plus vous acceptez d'investir sur une innovation risquée. À l'inverse, si votre marge se réduit comme peau de chagrin, vous ferez tout pour limiter les risques. Dans ces conditions, les améliorations de produits sont plus nombreuses que jamais, et les innovations de rupture se font rares. Le deuxième frein se situe au niveau des équipes. Il faut travailler de façon collective et même collégiale. Toutes les PME françaises ne peuvent pas, chacune de leur côté, réinventer des milliers de fois les mêmes choses. Parfois, sur certains sujets, il est préférable de travailler ensemble, de mutualiser des opérations. Il existe bien des pôles de compétitivités. Mais ces pôles profitent en premier lieu aux grands groupes et trop rarement aux PME, et encore plus rarement aux TPE, les toutes petites entreprises. Je note d'ailleurs plus ou moins la même chose sur le crédit impôt recherche. Cette idée du CIR va dans le bons sens, mais elle profite avant tout aux grands groupes, qui savent mieux que nous partir à la recherche d'aides et de subventions. Il faut dynamiser le crédit impôt recherche et l'orienter en préférence au profit des PME.

Finalement, nous ne sommes pas loin d'une concurrence déloyale. Car nous combattons tous sur le même ring de la consommation ; mais il y a des petits et des grands. Et je peux vous assurer que si je peux battre un plus petit que moi, je perdrai face à un plus grand. C'est pourquoi, il faut soutenir de manière spécifique les PME. Ces petites qui deviendront grandes et qui ne luttent pas à armes égales face aux multinationales. L'État, les régions et bien d'autres organismes publics ou parapublics peuvent nous aider financièrement et fiscalement. Je dirai même qu'ils se doivent de le faire. Mais ce n'est pas tout. Les PME peuvent s'aider entre elles. Et les distributeurs peuvent nous aider. Avec la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, nous allons signer le deuxième volet de Cap sur la croissance. L'idée est bel et bien de tout faire pour améliorer les relations entre ces partenaires. Car nous avons tous les deux un intérêt commun, le consommateur. Et toutes les études le prouvent, mêmes celles commandées par les multinationales : les Français adorent les innovations, mais aussi les PME, car, pour eux, les petites entreprises représentent les terroirs et créent l'emploi.

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