Les prévisions économiques de Xerfi pour 2017

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Xerfi, un institut d’études économiques privé, spécialisé dans les analyses sur les secteurs et les entreprises, vient de publier ses prévisions pour 2017. Son verdict: pas plus de 1,1% de croissance en 2017. 

Pour Xerfi, la consommation va coincer en 2017
Pour Xerfi, la consommation va coincer en 2017© Wolfilser - Fotolia

Difficile de voir ce qui pourrait provoquer un choc positif de croissance ces prochains mois en France. Le reste du monde ne nous aidera pas et, à court terme, les enquêtes de conjoncture auprès des entreprises, malgré leur amélioration récente, ne laissent aucun espoir d’une accélération décisive de l’activité dans les prochains mois. Mais, peut-on s’attendre à ce que la conjoncture interne s’accélère brutalement à la veille des élections présidentielles ? C’est très peu probable. Il faut donc s’attendre à un début d’année compliqué, avec une consommation atone, pénalisée par un pouvoir d’achat en berne et un investissement sans ressort.

Investissement : la panne va durer

La faiblesse des taux d’intérêt et le dispositif de suramortissement n’y changeront rien : face à la montée des incertitudes et à un monde de plus en plus risqué, les entreprises resteront d’une prudence extrême en 2017. Sur le marché intérieur, la conjoncture manque quant à elle sérieusement d’impulsion (excepté dans le BTP) et l’appareil de production est finalement assez peu sollicité. En d’autres termes, le parc de machines et d’équipements est capable d’absorber une hausse des carnets de commandes sans trop de difficultés. À cela s’ajoute la période pré-électorale qui rend les entreprises frileuses, surtout que l’issue du scrutin est très incertaine et qu’une redistribution totale des cartes est probable.

La consommation freinée par l’inflation

La consommation va coincer en 2017. C’est la conséquence de la remontée de l’inflation sur le pouvoir d’achat dans un contexte de progression sous fortes contraintes des salaires. Les ménages ne bénéficieront donc pas cette fois-ci du coup de pouce providentiel de la cagnotte pétrolière pour dépenser davantage. De même, il est difficile de croire qu’ils puiseront davantage dans leur épargne compte tenu du contexte économique très incertain, avec un marché du travail toujours dégradé, donc anxiogène et plus propice à pousser les ménages à se constituer une épargne de précaution. Les Français vont donc progressivement se mettre en mode défensif et limiter leurs achats. Une double mauvaise nouvelle pour les professionnels du BtoC : les volumes vont se tasser sans aucune possibilité de se rattraper sur les prix, la clientèle restant très vigilante avec des revenus sous pression.

La baisse de l’euro aura un impact limité sur le commerce extérieur

La baisse de l’euro est favorable aux exportateurs – elle rend les produits français plus compétitifs. Mais il ne faut pas en surestimer les effets car le cœur de notre déficit n’est pas vis-à-vis des pays hors zone euro mais bien avec les pays de la zone euro. Et cela depuis plus de 15 ans. Bien entendu, au sein même de la zone euro, les produits français deviennent plus compétitifs par rapport aux produits américains ou en provenance de la zone dollar dont les prix augmentent. Mais l’impact reste faible, d’autant plus que l’industrie française s’est encore atrophiée avec la crise et est devenue de trop petite taille pour totalement profiter d’une baisse du change. De surcroît, sur la partie non-substituable des importations (comme le pétrole), la facture va s’alourdir, ponctionnant ainsi une partie du pouvoir d’achat et affaiblissant la demande. In fine, les gains à espérer de la baisse de l’euro sont limités.

2017, l’année de la construction

Cette fois, plus de doute, l’activité est bien repartie dans le BTP. Côté travaux publics, les marchés conclus flambent avec l’envolée des prises de commandes liée aux projets du Grand Paris et au plan de relance autoroutier. Pour les entrepreneurs, c’est donc une activité dynamique en perspective pour 2017. Dans le bâtiment, les bases de la reprise s’élargissent désormais aux marchés de l’entretien-rénovation qui constituaient jusqu’à présent le moteur défaillant. Dans le neuf, les mises en chantier de logements ou autres bâtiments sont toujours sur une pente ascendante et la demande de permis de construire reste vigoureuse (succès du dispositif Pinel, taux d’intérêt au plancher). De quoi assurer, au minimum, un bon départ sur 2017. C’est bon pour les entrepreneurs mais aussi pour tous leurs fournisseurs, matériaux de construction en tête. Mais ce n’est pas assez pour relancer l’ensemble de l’économie qui restera sans ressort cette année.

 

 

 

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