Les principaux freins

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Dans des délais particulièrement courts – à peine six mois entre la fin de l’appel aux volontaires en décembre dernier et le lancement de l’expérimentation – 168 entreprises se lanceront dans l’affichage environnemental à partir du 1er juillet. Ils ont jusqu’à décembre pour démarrer cette phase de test qui doit durer au minimum un an. Pourtant, seulement une poignée de ces volontaires démarreront effectivement début juillet, la plupart prévoyant plutôt de débuter au cours de l’automne. Voici les principales raisons de ce retard.
 
Un difficile recueil des données
Pour mesurer l’impact environnemental, les entreprises doivent d’abord réaliser l’analyse du cycle de vie (ACV) de leurs produits. Si certains, dans la distribution notamment, avait déjà commencé ce travail, la tâche est d’envergure puisqu’il s’agit de remonter toute la chaîne, depuis l’acheminement des matières premières jusqu’au domicile de l’utilisateur et, au final, à la benne. Pas évident de déterminer toutes ces étapes… et de recueillir des informations, souvent des « secrets de fabrication », auprès de ses fournisseurs. 
« La volumétrie et le détail des informations nécessaires peuvent générer une certaine réticence des fournisseurs. Nous nous devions de garantir la confidentialité des données de chacun », explique Jean-Marc L’Huillier des Mousquetaires. Pour pallier ce problème, les Mousquetaires se sont associés au cabinet GreenNext qui recueille les données. Casino, lui, propose à ses fournisseurs de rapporter les informations à la tonne ou à l’unité produite.
 
Des méthodologies en cours de finalisation
Parallèlement à l’expérimentation, les groupes de travail sectoriels de la plateforme Ademe-Afnor continuent de travailler sur les différents référentiels. Des groupes transversaux cogitent aussi aux modes de calcul de certains items, qui ne sont pas encore finalisés, tel celui de la biodiversité. De même, un groupe de travail, dédié à l’affichage, réfléchit également à un étiquetage harmonisé.
 
Un coût important
Faire réaliser l’analyse du cycle de vie d’un produit coûte quelque 20 000 euros : un coût important pour des PME… et un budget colossal pour les entreprises ayant de larges gammes de produits. « Outre la difficulté de la non finalisation de certains critères et le manque de modèle homogène, nous sommes confrontés au problème du coût : nous sommes une PME et n’avons pas les moyens », explique Lisa Buono, responsable du département marketing et communication de L’Arbre Vert (groupe Novamex).
Un credo repris par la FCD : « A termes, des centaines de milliers de références devront porter un affichage environnemental, rappelle Philippe Joguet de la FCD. Il est important que les pouvoirs publics mettent à disposition des bases de données gratuites. Nous-mêmes sommes prêts à mettre nos informations à disposition. »
 
Un manque de compétence en interne
Si la fonction de responsable du développement durable est désormais souvent présente dans les grands groupes, ce n’est pas le cas dans la plupart des PME. Ainsi, dans le secteur du jouet : « Nous sommes un secteur de PME et tous n’ont pas les ressources humaines formées au développement durable, rappelle Laurent Parrot, de la Fédération française des industries du jouet. Souvent, c’est le directeur de la qualité qui chapeaute l’affichage environnemental, en plus de ses autres impératifs de qualité, de respect des normes sanitaires et de sécurité. » De quoi donner du travail aux DRH pour recruter !
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