« Les prix ne peuvent pas baisser dans l’immédiat » selon Philippe Mangin (Coop de France)

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Alors que des négociations très rudes s’ouvrent entre fournisseurs et distributeurs, Philippe Mangin, président de Coop de France, estime que les prix en grande distribution et les «tarifs proposés par les coopératives resteront en hausse par rapport à l’an dernier, en raison du décalage d'environ six mois entre l’achat de matières premières par les industries et la vente des produits en grande distribution, ce que Michel-Edouard Leclerc ne peut pas ignorer". Le patron de Leclerc a indiqué récemment à notre confrère Points de Vente, répétant un propos tenu lors du colloque organisé par LSA fin septembre sur les négociations commerciales, que la hausse moyenne des tarifs proposés par les industriels – sur la base de 530 propositions reçues par la centrale - s’élève à 6 %, et qu’il entend, après négociations, la limiter à 2 %. «Le contexte permet à la grande distribution d’être encore plus violente avec ses fournisseurs, mais c’est la pire des solutions, lance Philippe Mangin. Outre les hausses de matière premières, nous subissons une vraie chute de la consommation, de l’ordre de 10 % dans la viande, par exemple, les produits laitiers sont pour la première fois en négatif depuis 15 ans. Certains parmi nos dirigeants de coopératives ont prévu du chômage technique dans les usines agroalimentaires après la fin de l’année, ce qui n'était jamais arrivé». Une situation pour partie semblable à celle de l’automobile, en quelque sorte. Le patron des coopératives (40 % de l’agro-alimentaire en France) appelle d’ailleurs la distribution «à mettre en place les moyens de conforter et de relancer la consommation», afin d'enrayer la crise, et réfléchit à de nouveaux moyens de régulation des volumes et des prix, notamment par la création d’unions de coopératives, fixant leurs prix en commun, comme c’est le cas pour quatre d’entre elles en Alsace, une fusion approuvée par la DGCCRF. Sur le modèle, en quelque sorte, des prix communs de revente des enseignes de distribution comme Leclerc, Intermarché et Système U, dont chaque entreprise adhérente est juridiquement indépendante. Le président de Coop de France vante également les contrats à long terme comme ceux de Malteurop avec les brasseurs qui fixent des volumes et des prix dans des contrats de trois à douze ans.

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