Marchés

Les producteurs de lait dénoncent les « menaces » et « mensonges » de Lactalis

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Selon une fédération professionnelle, le numéro un français du lait, qui préfère traiter en direct avec les éleveurs, ferait preuve de « pratiques abusives » à leur encontre. Lactalis n’a pas encore réagi à ces accusations.

groupe lactalis logo

La Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) sort le gros calibre contre Lactalis. Alors que les négociations sur les contrats qui lieront le premier collecteur de lait en France et ses producteurs piétinent, la FNPL a dénoncé ce lundi les "menaces" et les "mensonges" de Lactalis. Depuis le début, les discussions achoppent sur la reconnaissance par Lactalis des organisations représentatives de producteurs, le numéro un français préférant traiter en direct avec l'éleveur.

Dans une lettre interne destinée à ses cadres, la FNPL, branche spécialisée de la FNSEA, syndicat agricole majoritaire, pointe en particulier "trois degrés de menace" pour "extorquer les signatures des producteurs". Première menace, Lactalis se réserve le droit de rompre les relations contractuelles avec le producteur si ce dernier ne signe pas, souligne Etienne Fabrègue, conseiller juridique du syndicat et auteur de la note. Lactalis menace également de payer le lait "plus tardivement" aux réfractaires, dénonce la FNPL. Celle-ci met en garde l'industriel d'une saisine des "juridictions civiles" pour se défendre contre ces "pratiques abusives". Enfin, Lactalis menace de "ne pas prolonger sa relation commerciale avec le repreneur lors de la cession de l'exploitation", ajoute le conseiller juridique de la FNPL.

"Nous sommes très, très inquiets. Pour nous, c'est un passage en force difficilement acceptable", affirme Etienne Fabrègue, qui dénonce des "méthodes de gangster". Lactalis n'a pas encore souhaité faire de déclarations sur le sujet. La FNPL avait déjà dénoncé la première proposition de contrat de Lactalis, reprochant au numéro un français du lait de vouloir signer directement avec chaque producteur plutôt que de passer par des organisations représentatives. Dans la deuxième version du contrat, Lactalis est resté sur ses positions. L'entreprise a par ailleurs fixé au 1er décembre la date butoir de signature pour ses quelque 14 500 producteurs de lait. Dans la perspective de la fin des quotas en 2015, le gouvernement français a imposé la signature d'un contrat entre les entreprises du type Danone, Lactalis, Bel ou encore Bongrain et leurs fournisseurs que sont les producteurs de lait. L'objectif est de sécuriser les revenus des paysans, secoués en 2009 et 2010 par des crises à répétition en raison d'une baisse des prix du lait.

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