Marchés

Les producteurs de viande redoutent l’entrée en application provisoire du Ceta

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C’est ce jeudi 21 septembre qu’entre en application provisoire le Ceta. Cet accord commercial de libre-échangeentre l’Union européenne et le Canada suscite une grande méfiance la part des filières bovine et porcine.

porc

Ce jeudi 21 septembre 2017 marque  l’entrée en application provisoire du Ceta. Ces quatre lettres (en anglais : comprehensive economic and trade agreement) ont, depuis la signature le 30 octobre 2016 de l’accord commercial dit de troisième génération entre le premier ministre canadien Justin Trudeau et le président du conseil européen Donald Tusk, fait couler beaucoup d’encre. En particulier celle de certaines filières agricoles inquiètes de l’impact économique du Ceta. Promesse de campagne du candidat Macron, l’accord controversé, qui doit encore être ratifié par le parlement français, a bien fait l’objet d’une nouvelle expertise. Mais le rapport remis le 8 septembre au premier ministre Edouard Philippe qui pointe le « manque d’ambition » du Ceta sur le plan environnemental, s’inquiète de l’absence de garantie concernant les antibiotiques utilisés comme activateurs de croissance,  pose la question de la décontamination au chlore des carcasses autorisée au Canada (et pour le moment interdite en Europe), relaie les inquiétudes des filières d’élevage n’a finalement pas eu raison de la détermination du gouvernement.

Avec cet accord, les Canadiens ont obtenu de pouvoir exporter vers l’Europe 65 000 tonnes de viandes de bœuf sans droit de douane. Ces volumes ne vont pas arriver d’un seul coup sur le marché européen puisque un calendrier a été établi pour les six prochaines années avec des contingents qui vont augmenter progressivement.

Des écarts de production

Mais l’inquiétude est vive du côté d’Interbev,  l’interprofession du bétail et des viandes.  D’une part, parce que les contingents canadiens ont été négociés en 2009 avec une Europe qui comptait 28 Etats membres et non pas 27 comme cela va être bientôt le cas. D’autre part, parce que les Canadiens, gros consommateurs de viande hachée, pourraient exporter les morceaux les plus valorisés de la carcasse, c’est-à-dire l’aloyau. Même si le Ceta stipule noir sur blanc qu’en termes de sécurité alimentaire et de personnes, les normes de l’union européenne restent inchangées,  les professionnels redoutent une crise de confiance alimentée par les écarts de  production observés entre l’Europe et le Canada (bœufs élevés dans des parcs d’engraissement intensifs, nourris au soja et au maïs OGM, recours aux antibiotiques comme activateurs de croissance). Des conditions de production qui, selon Interbev vont rendre, le bœuf canadien très compétitif. Selon les projections établies, l’aloyau canadien pourrait débarquer en Europe à un prix moyen de 8 euros au kilogramme (prix grossiste) contre 11€ en moyenne en France.

Le marché du jambon en question

Le Ceta qui attribue un quota de 80 000 tonnes de viande de porc sans droits de douane aux producteurs canadiens, suscite également l’inquiétude de la filière porcine française. Les Canadiens considérant le jambon comme un sous-produit de la carcasse pourraient en effet être tentés d’exporter là aussi les morceaux les plus valorisés et déstabiliser le marché européen.  Comme pour la filière bovine, les écarts de production sont également pointés du doigt. « L’absence de ractopamine (NDRL : un complémentaire alimentaire permettant d’augmenter la masse musculaire de l ‘animal, est la seule exigence sanitaire imposée par le Ceta aux producteurs canadiens», fait remarquer Didier Delzescaux, directeur général de l’interprofession porcine, Inaporc.

C’est dire si les interprofessions maintiennent la pression sur les députés alors que le texte doit encore être ratifié au parlement. De son côté,  le gouvernement doit annoncer d’ici la fin du mois d’octobre les enseignements et les principaux axes de son plan d’actions sur la base du rapport d’évaluation. 

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