Les produits festifs s'invitent à table toute l'année

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À condition d'être plus accessibles, variés et pratiques, les produits festifs ont une carte à jouer toute l'année. Le saumon fumé l'a déjà prouvé. Le foie gras est en bonne voie.

Saumon naturel fumé

Chocolat, whisky, champagne, foie gras, saumon fumé... Les produits festifs alimentaires résistent à la crise. Au cours de la saison 2011, leur chiffre d'affaires affiche une croissance de 3,6%. Ces belles performances ne pourraient-elles pas s'exprimer à d'autres moments de l'année ? Même en période difficile, la notion de plaisir semble garder toute son importance. La moindre occasion est prétexte à un apéritif dînatoire ou à une bonne tablée : « Le succès des émissions culinaires a renforcé cette dimension », estime Isabelle Schaller, chef de groupe produits du terroir chez Labeyrie.

Chiffres

  • 2,1 Mrds € Le chiffre d'affaires des produits festifs alimentaires à fin décembre 2011, à + 3,6% vs fin décembre 2010

Soit

  • 14,5% du chiffre d'affaires total des PGC pendant la saison 2011
  • 9,6% du chiffre d'affaires annuel total des PGC en 2011

Source : SymphonyIRI

 

  • Le saumon fumé

69% Le poids, en valeur, des ventes réalisées de janvier à octobre 2011, à + 5% vs janvier à octobre 2002 Le foie gras 38,7% Le poids, en valeur, des ventes réalisées de janvier à octobre 2011, à + 5,5% vs janvier à octobre 2008

Source : enquête « Styles de vie réalisée en 2010 par KantarWorldpanel

Les difficultés

Les produits festifs, par définition, s'invitent dans des moments d'exception. Vouloir étendre leur consommation tout au long de l'année fait peser le risque de leur banalisation.

L'accessibilité prix conditionne le développement de ce marché. L'écueil est d'autant plus difficile à surmonter que les premiers prix peuvent dévaloriser le marché.

Les tendances

Les petits grammages se multiplient aussi bien en saumon fumé qu'en foie gras. Les produits sont adaptés pour s'inviter à l'apéritif.

La praticité, l'image d'un produit sain, mais aussi les recettes guident le développement du saumon fumé.

Pour autant, les principaux produits festifs ne sont pas tous logés à la même enseigne. Prenons le cas du saumon fumé. Entre 2002 et 2011, le poids sur dix mois, c'est-à-dire les ventes réalisées de janvier à octobre, est passé de 64 à 69%. « La catégorie s'est largement démocratisée », s'enthousiasme Perrine Faille, chef de groupe produits de la mer chez Labeyrie. Une évolution d'autant plus positive qu'elle ne s'est pas faite au détriment de la saison. « Le marché est en croissance aussi bien sur dix mois que sur la saison, à l'exception de la dernière saison, marquée par un léger recul des ventes », analyse Perrine Faille. Mais, depuis 2007, le taux de croissance en volume sur dix mois, à + 5,1%, est deux fois plus important que celui de la saison, à+ 2,1%.

 

Le foie gras reste encore très saisonnier

À l'opposé, l'évolution des ventes de foie gras en dehors de la saison reste plus complexe. Selon une enquête intitulée « Styles de vie », réalisée en 2010 par Kantar Worldpanel, le poids en valeur sur dix mois est passé de 33,2 à 38,7% entre 2008 et 2011. Au cours de la même période, le poids sur la saison s'est légèrement effrité, passant de 66,8 à 61,3%. « Le marché se démocratise timidement, mais sa performance reste liée à la fin de l'année », analyse Isabelle Schaller. Si l'on considère uniquement le mois de décembre, le foie gras est même le produit le plus saisonnier (57% des volumes vendus), comparé au whisky (13%), au champagne (26%) et au saumon fumé (26%).

 

Un pic de consommation à Pâques

Cependant, en dehors des fêtes de fin d'année, un autre pic de consommation se distingue très clairement à Pâques. D'après les données de Kantar Worldpanel, le foie gras fait partie du trio de tête des produits de grande consommation les plus achetés au cours du mois d'avril 2011. L'enquête de Kantar Worldpanel montre que cette période de fêtes demeure une bonne occasion de réunir ses proches. 74% des ménages français déclarent : « Chez moi, on a l'habitude de dîner à table et en famille. » Et ils sont plus de 90% à affirmer : « J'essaie de passer le plus de temps possible avec ma famille. » Une ambiance proche de Noël, qui fait donc de plus en plus la part belle à la consommation de foie gras.

Au rayon des volailles, la pintade revient également en force à cette période de l'année : « C'est une exception parmi l'ensemble de nos volailles festives, dont la consommation se concentre très clairement entre novembre et décembre », juge Rémi Grenier, directeur marketing de la marque Saint-Sever. Depuis deux ans, la griffe des Fermiers du Sud-Ouest a bien fait quelques tentatives d'implantation de chapon, de dinde et poularde en dehors des fêtes de fin d'année. Sans succès. Ces pièces entières présentent un écart de prix jugé trop important par rapport au poulet. « Les Français se sont habitués à consommer du poulet, fortement promotionné depuis la grippe aviaire », explique Rémi Grenier.

 

Des ajustements nécessaires pour se développer

Car pour gagner leur place tout au long de l'année, ces produits festifs doivent nécessairement faire l'objet d'ajustements. En fois gras, les petits grammages se multiplient. À l'image de ces duos de foie gras entier signés Montfort (2 x 40 g) qui, depuis deux ans, s'invitent en avant-saison dans les linéaires. De même, la marque n'hésite plus à décliner ses torchons en 250 g ou sa barquette de bloc en 160 g. Discrète sur les performances réalisées par ces miniformats, la marque entend poursuivre son développement sur ce segment : « Le marché du foie gras est initiatique. Plus on consomme le produit, plus on l'aime. À nous d'accompagner le consommateur dans ce parcours avec des produits rendus accessibles », insiste Marie-José Jousselin, directrice marketing de Montfort.

Labeyrie multiplie également les petits formats. Un parti pris que ne défend pas forcément Delpeyrat. « Plus que l'accessibilité prix, c'est la notoriété de la marque ainsi que les opérations transversales qui peuvent dynamiser la consommation de foie gras tout au long de l'année », assure Dominique Duprat, son directeur marketing. À l'image de l'opération Coupe du monde de Rugby, qui, en septembre et en octobre 2011, a permis à l'ensemble des familles de produits de Delpeyrat de s'imposer dans presque toutes les enseignes. « De fait, les ventes de foie gras ont enregistré de belles performances en octobre », assure Dominique Duprat. « Il faut initier le consommateur, mais également le distributeur, renchérit Isabelle Schaller, chez Labeyrie. Même si le niveau de rotation est plus faible, ces produits apportent de la valeur au rayon. Les esprits se montrent de plus en plus ouverts des deux côtés. » Preuve que la maturité gagne du terrain. En avril prochain, Labeyrie investira le petit écran. Une première pour la marque des produits festifs...

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Article extrait
du magazine N° HSFFFL2012

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