Les produits gras et sucrés toujours trop présents sur les écrans TV

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« Depuis notre première enquête en 2006, le harcèlement nutritionnel des enfants s’est aggravé et leur alimentation apparait de plus en plus déséquilibrée », a dénoncé Alain Bazot, président de l’UFC Que Choisir lors d'une conférence de presse ce matin. Deux ans après la signature par les professionnels de l’agro-alimentaire d’une charte visant à moraliser le marketing à destination des enfants, l’association a souhaité faire le point sur chacun des engagements pris par les industriels.

L’étude révèle tout d’abord que si les publicités pour les produits gras et sucrés sont moins diffusées durant les programmes pour enfants (six fois moins qu’en 2006), elles constituent encore 80 % des publicités alimentaires. Surtout, poursuit l’association « 93 % de ces publicités sont désormais diffusés durant les écrans tous public, regardés par un nombre d’enfants encore plus important que ceux des programmes pour enfants (75 % d’audience supplémentaire) ». Au final, entre 6h et 21h, 4 publicités alimentaires destinées aux enfants sur 5 portent sur des produits trop gras ou sucrés. En tête, la confiserie (32%), suivi de la restauration rapide 26 %) et des céréales (11 %).

Pour mesurer l’impact du marketing sur la consommation des enfants, l’UFC a mené également une enquête à domicile auprès de 340 familles. Résultats : Les produits sans intérêt nutritionnel constituent 55 % des aliments consommés pendant le petit déjeuner (contre 47 % en 2006) et 64 % du goûter (contre 51 % en 2006). Les boissons consommées entre les repas sont les seules à observer une amélioration sous l’effet notamment des sodas sans sucre.      

Pour asseoir sa démonstration, l’UFC a organisé enfin une étude sur le contenu des cartables des enfants qui montre que 76 % des aliments amenés par les enfants à l’école sur trop riches en sucre ou en matières grasses.

« Un bilan édifiant, qui prouve l’échec de la politique d’autorégulation menée par les industriels », estime Alain Bazot. Dans le cadre du projet de loi de santé public, qui pourrait passer devant le Parlement début 2011, l’association demande au nouveau Ministre de la Santé, Xavier Bertrand, de prévoir trois mesures et notamment l’encadrement strict des publicités TV pour les produits les plus gras ou sucrés aux heures de grande écoute des enfants. L’ambition étant, souligne l’UFC, non pas d'interdire les produits mais de pousser les industriels à améliorer leur qualité nutritionnelle.

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