LES RAYONS CHAMPIONS 2008

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La crise... ou presque. Si, en 2007, l'étude annuelle menée par Nielsen soulignait, malgré une inflation déjà forte, la bonne santé des rayons alimentaires et DPH en grande distribution, la tonalité est logiquement fort différente cette année. En hypers et supermarchés, si les ventes ne plongent pas encore, la croissance est en net repli. Le hard-discount, quant à lui, profite fort bien de la situation de plus en plus tendue.

Bien sûr, si l'on s'en tient aux chiffres bruts, le bilan de 2008 n'est pas si mauvais. À l'exception des familles de l'entretien et de l'hygiène-beauté, tous les grands rayons des hypermarchés, supermarchés et hard-discounters ont vu leur chiffre d'affaires grimper, parfois même de plus de 10 %. « Mais l'inflation, très marquée, fausse un peu la lecture, précise Sébastien Monard, Insights manager chez Nielsen. Côté volume, les hypers et supermarchés sont en recul. » Quant au dynamisme du hard-discount, il doit beaucoup à l'arrivée dans ses rayons de marques nationales, particulièrement chez Lidl. Mais aussi à la reprise vigoureuse du développement du parc de magasins, qui, mécaniquement, permet à ce circuit tout entier d'afficher de belles croissances. Même si l'influence de la crise économique sur la bonne santé des discounters ne peut pas être éludée.

Une étude détaillée secteur par secteur donne, elle aussi, son lot d'enseignements. Du côté de l'épicerie, Sébastien Monard évoque par exemple le gros segment du café torréfié « qui, comme en 2007, ne doit son dynamisme qu'au succès du café en dosettes ». Et au rayon des boissons alcoolisées, il souligne que les chiffres montrent « de grosses disparités entre les acteurs du rayon bière ».

Plus largement, l'étude permet de mesurer l'ampleur réelle de phénomènes que les professionnels ressentent depuis quelques mois déjà. Ainsi, lorsque certains évoquent des déréférencements et un resserrement de l'offre dans certains rayons, les données Nielsen les confirment pour partie. Car si, en hypers, seuls le surgelé sucré et l'entretien voient leur nombre de références diminuer légèrement, le mouvement est bien plus net en supermarchés où sept rayons sur dix voient ce nombre stagner ou diminuer (le record étant, là encore, détenu par le rayon entretien, qui perd en moyenne 3,3 références).

Et pour ceux qui s'interrogent sur le déclin du modèle du « grand hyper », les chiffres sont tout aussi éclairants. Le chiffre d'affaires des « petits » hypermarchés (ayant une surface de vente comprise entre 2 500 et 6 500 m2) a grimpé de 5,1 % lors des quatre dernières périodes observées (soit à peu près depuis le début de l'été), quand il ne progressait que de 1,4 à 1,7 % dans les « grands » hypers de plus de 6 500 m2.

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Article extrait
du magazine N° 2069

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