Les relations entre start-ups et grands groupes s’industrialisent [Etude]

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La collaboration entre les start-ups et les grands groupes s’améliore d’après le baromètre startup / grand groupe 2019 du Village by CA et Capgemini. Malgré tout, les jeunes pousses souffrent toujours face aux délais de paiement trop longs ou encore à des temps d’exécution des projets trop longs.

En 2019, les grands groupes se perçoivent plus performants dans les délais de paiement, et la rapidité en général, qu’ils ne le sont en réalité. A contrario, l’insatisfaction et l’exigence de rapidité des startups est en hausse.
En 2019, les grands groupes se perçoivent plus performants dans les délais de paiement, et la rapidité en général, qu’ils ne le sont en réalité. A contrario, l’insatisfaction et l’exigence de rapidité des startups est en hausse.

L’ébullition autour des start-ups ne faiblit pas. Jeunes pousses et grands groupes comptent toujours autant l’un sur l’autre pour se développer. Ainsi, d’après le baromètre startup / grand groupe 2019 du Village by CA et Capgemini, 79% des startups et 86% des grands groupes estiment que leur culture d’entreprise est bien comprise par l’autre partie. 

Autres chiffres qui prouvent que les échanges s’améliorent, ce sont les objectifs de collaboration qui sont désormais plutôt clairs ou très clairs pour 69 % des startups et 88% pour les grands groupes. Atef Fathallah, Head of Digital Innovation chez Christian Louboutin,  confirme que les méthodes ont changé : « nous regardons désormais en premier la fin du cycle avant de se lancer dans des discussions plus avancées. Nous leur demandons beaucoup de choses en amont afin de s’assurer qu’après le test nous pourrons passer à une phase d’industrialisation. Par exemple, pour imaginer une innovation chez nous, il faut impérativement que la start-up soit capable de montrer une touche de luxe dès le départ. » L’enseigne de luxe a d’ailleurs fondé le LoubiLab qui est une start-up qui joue le rôle de digital factory et qui permet de sensibiliser le groupe aux attentes et problématiques des start-ups.

Des objectifs différents

Les objectifs se révèlent en revanche différents si on en croit le baromètre. Pour les jeunes pousses, le but est de doper son chiffre d’affaires et d’obtenir des références pour convaincre d’autres clients. Du côté des grosses entreprises, les attentes portent sur l’expérience client et aussi sur l’image de la société.

Cette partie communication peut parfois faire grincer des dents côté start-up si on en croit Jade Francine Co-founder et COO de WeMaintain, start-up spécialisée dans l’entretien des ascenseurs : « quand on rencontre des distributeurs, on est là pour faire du business, pas pour divertir les équipes métier avec une matinée innovation. » La dirigeante précise avoir édité un livret pour évangéliser auprès de ses interlocuteurs ce qu’est une start-up et quelles sont ses contraintes et besoins.

En effet, le baromètre dévoile que des points de frictions perdurent entre les start-ups et les grands groupes comme par exemple les délais de paiement ou encore le temps d’exécution entre la signature du contrat et la réalisation d’un POC.  

Et d’après Seddik Jamai, vice-président Financial Services & Fintech de Capgemini Invent, « la mise en place d’équipe innovation permet de gagner du temps pour les start-ups et d’échanger directement avec le Comex. Ce type d’organisation reste encore nouveau mais tout le monde bouge en ce sens pour capter plus rapidement l’innovation. » Et le directeur digital de Louboutin de conclure : « aujourd’hui, start-ups et grands groupes ont consciences que chacun veut gagner et que la collaboration va permettre aussi à l’autre d’être gagnant. Les relations sont assainies avec la mise une place d’une vraie dynamique gagnant-gagnant. »

Le Retailtech Forum LSA aura lieu le 3 juillet prochain à Paris. RDV sur events.lsa-conso.fr
 
Méthodologie
En 2019, 159 personnes ont répondu à l’étude : 61 représentants de grands groupes et 98 représentants de startups. Le questionnaire a été administré à la fois auprès des startups et des grandes organisations des réseaux respectifs de Capgemini, du Village by CA, de Syntec Numérique et plus largement aux acteurs clés de l’écosystème français.

Secteurs d’activité des répondants :
Banque, assurance : Grands groupes : 34% - Startups : 7%
Informatique et télécoms : Grands groupes : 8% - Startups : 3%
Commerce, distribution : Grands groupes : 34% - Startups : 7%
BTP, architecture : Grands groupes : 3% - Startups : 8%
Communication, Marketing, Publicité : Grands groupes 2% - Startups : 12%
Audit, Gestion : Grands groupes : 2% - Startups : 5%
Social : Grands groupes : 0% - Startups : 5%

Typologie des startups répondantes :
Chiffre d’affaires compris entre 100K€ et 1M€ pour 48% des répondants
Matures, autour de 36 mois d’ancienneté pour 43% des répondants
Moins de 50 employés
Financement par fonds propres pour 59% d’entre elles
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