Les robots arrivent dans les magasins

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Les robots humanoïdes sont aujourd’hui regardés de très près par les marques. Bientôt déployés dans les points de vente Nestlé au Japon, ils sont aussi testés par Darty en France.

Jeudi 4?décembre, Darty a invité ses meilleurs clients à découvrir, dans son magasin de République, Nao, le robot démonstrateur de l’offre maison connectée. Ce soir, sa mission est de présenter les ampoules intelligentes Hue de Philips. Il a été programmé dans ce but avec une application dédiée. Perché sur un petit podium entouré d’ampoules, Nao, du haut de ses 58 centimètres, explique à son auditoire captivé les usages et le fonctionnement du produit en remuant ses bras mécaniques.

« Nous sommes à l’affût de modernité et d’innovation, déclare Christian Lou, directeur marketing et digital chez Darty. Aujourd’hui, nos magasins sont digitalisés avec du wi-fi et des vendeurs équipés de tablettes. Nous avons travaillé sur le principe de la maison connectée et ce que la technologie peut apporter en termes d’usages. Le robot, un objet connecté, y avait toute sa place. » Pour Darty, c’est aussi une façon d’attirer l’attention, de rajeunir la marque et de vulgariser de façon ludique la technologie, sujet anxiogène pour les clients. Pour l’instant, Nao est en test mais, si l’expérience est concluante, l’enseigne ne s’interdit rien. Chez Philips, on se dit satisfait de la prestation du petit robot. « Cela apporte un attrait supplémentaire par rapport au simple display », reconnaît un chef de produits de la marque.

 

Amusant mais limité

Et côté clients ? Michèle, 73 ans, est venue avec sa copine Arlette. « Mais à quoi sert-il ? », demandent-elles au vendeur qui se tient près du robot. Celui-ci se lance dans la présentation de son collègue électronique. Car il faudra d’abord éduquer les consommateurs et les convaincre de l’utilité des androïdes en boutiques. « C’est amusant, et ça permet de voir quelque chose de nouveau, reconnaît Michèle. Mais cela manque d’humanité. Avec l’internet, il y a trop de virtuel et moins de convivialité. Je préfère parler à un vrai vendeur. »

Pierre, la quarantaine, plus technophile, trouve Nao spectaculaire : « C’est génial. Je ne sais pas s’il répond aux questions ou s’il est juste formaté pour la démonstration, mais c’est mieux que pas de vendeur du tout. Ce sera plus difficile pour des produits plus techniques, car nous arrivons déjà avec plein d’informations recueillies sur internet, et si nous allons en magasin, c’est pour parler à un humain ! Nao est beau, intéressant, et cela fait du buzz sur le produit, mais la décision d’achat ne se fera pas grâce à un robot. » Marie, la trentaine, estime que Nao serait utile à l’accueil « pour nous permettre de localiser un produit et, pourquoi pas, nous y conduire ! »

L’accueil, c’est déjà le rôle de Pepper, le dernier-né des robots d’Aldebaran Robotics, présent depuis juin dans les boutiques de sa maison mère, l’opérateur mobile SoftBank, au Japon. Et bientôt dans les magasins nippons Nescafé de Nestlé. « L’industriel en veut 1 000 pour renseigner ses clients et créer du trafic en points de vente », indique un porte-parole d’Adelbaran. En France, le robot Beam a fait son entrée chez Lick, qui vend des objets connectés. D’autres boutiques suivront. Car les choses s’accélèrent. Moins de deux ans sont nécessaires à la fabrication de Pepper qui, d’ici à quelques mois, sera vendu aux consommateurs japonais, à partir de 1 500€.

Le principe

Des robotsen boutiquespour renseignerles clients à l’accueil, ou faire des démonstrationsde produits. Une manière ausside générer du trafic et de moderniserson image.

 

Nao, le démonstrateur et le conseiller clientèle

Chez Darty, le leaderde l’électro-domestique,le petit robot Nao a été testé pour présenterles ampoules Hue de Philips,du 4 au 7 décembre 2014, dansson magasinde Paris-République.

 

 

Les robots et l’intelligence artificielle et intuitive, qui comprend le langage verbal et corporel humain, devraient pouvoir rapidement aider les commerçants à mieux accueillir et renseigner leurs  clients.

Jean-Marc Megnin, DG de ShopperMind, laboratoire d’études et de prospective d’Altavia

 

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Article extrait
du magazine N° 2348

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