Les salaires à la hausse !

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ENQUÊTELe frémissement observé l'an dernier se conforte, selon l'enquête annuelle réalisée par Michael Page sur seize postes de la grande distribution. La part variable fait son grand retour et les enseignes spécialisées poursuivent le rattrapage par rapport à l'alimentaire.

Anthony Buchenet
Anthony Buchenet© DR

Ce n'est pas la panacée, mais c'est déjà mieux. Encore convalescents l'année dernière, les salariés de la distribution pourraient bien atteindre le stade de la guérison en 2011.

C'est, en tout cas, le constat optimiste et étonnant dressé par le cabinet de recrutement Michael Page dans son étude annuelle réalisée en exclusivité pour LSA. Celle-ci passe au crible une douzaine de fonctions opérationnelles avec, pour chacune, le niveau minimal, médian et maximal de salaires. En moyenne, la hausse atteint 5% à 10%, avec des pointes pour des métiers comme chef de département, directeur de magasin ou chef de produits. À tel point que Michael Page parle d'un quasi-retour aux niveaux d'avant la (première) crise de 2008. « C'est une bonne lueur d'espoir pour les salariés, souligne Anthony Buchenet, manager exécutif senior chez Michael Page. Cela confirme les prémices de 2010, qui montraient une reprise de 5% à 10% des salaires sur l'année écoulée. » Une embellie réservée, bien sûr, à ceux qui acceptent de changer d'entreprise. « La prime à la mobilité joue toujours, poursuit Anthony Buchenet. La perspective d'une meilleure rémunération est d'ailleurs la première cause de changement pour un salarié. » Juste devant la mission et les responsabilités dévolues au poste, les perspectives d'évolution et la qualité du management.

Fait le plus emblématique de cette reprise : le grand retour de la part variable, qui peut représenter jusqu'à trois mois de salaire.

Parmi les plus concernés, les chefs de département, les directeurs de magasin et les chefs de produits ou acheteurs. Ainsi, un chef de département d'une enseigne alimentaire pourra prétendre à 33 000 € annuels en salaire de débutant (les rémunérations à l'étude comprennent la part fixe et la part variable) et jusqu'à 45 000 € en moyenne, soit 10% de plus que l'année dernière. Même amélioration pour les directeurs de magasin, particulièrement ceux des enseignes spécialisées. Au bout de quelques années d'expérience, ceux-ci peuvent demander 55 000 € annuels, contre 52 000 € l'année dernière, et les seniors, aller jusqu'à 90 000 € par an, alors qu'ils devaient se contenter de 85 000 € l'an passé.

 

Signature au plus offrant

Cette revalorisation correspond à un rattrapage du secteur non alimentaire par rapport à l'alimentaire. Réputé pour être moins rémunérateur, ce dernier revoit progressivement à la hausse le niveau de ses salaires.

Pour attirer les candidats, Leroy Merlin, Décathlon ou encore H et M jouent sur la partie variable. « Toutes les enseignes ont du mal à recruter, assure Anthony Buchenet. Chef de rayon, chef de département ou directeur de magasin : elles cherchent toutes le même profil. » La difficulté est accrue par le fait que les salariés à ces fonctions là n'hésitent pas à changer pour gagner en salaire. « Ils fonctionnent au gain et changent dès qu'ils trouvent mieux payé ailleurs. » Un élément de plus qui motive les entreprises du secteur de la distribution à améliorer leur image d'employeur. « Beaucoup se sont demandé comment attirer les candidats et se sont rendu compte que, en plus de la formation, du management, il fallait aussi travailler sur le package salaire. »

Dernier élément à entrer en ligne de compte : la prime à la rareté. Comme dans l'immobilier, la loi de l'offre et de la demande règne en maître. Plus c'est rare, plus c'est cher ! C'est le cas des responsables immobilier et de tous les métiers liés à internet, surtout les plus récents, comme « communauty manager », terme barbare pour désigner les animateurs et les animateurs employés sur les réseaux sociaux. « Sur ces profils très ciblés, les enseignes ne sont plus dans la logique de faire des propositions a minima comme par le passé, assure Anthony Buchenet. Maintenant, elles s'alignent sur les prix du marché. »

La fonction de responsable immobilier bénéficie d'un réel redémarrage en 2011. Beaucoup de postes sont ouverts et les enseignes se livrent à un vrai jeu de chaises musicales. Le rapport de force s'est inversé en faveur de ces emplois là, qui peuvent réclamer de nouveau trois à six mois de variable...

Quant au « communauty manager », il pourra négocier d'entrée un salaire annuel de 30 000 € à 35 000 € et, moyennant expérience, pousser jusqu'à 60 000 €.

MÉTHODOLOGIE

  • Tendances des salaires 2011 du cabinet de conseil en recrutement de cadres Michael Page, basées sur les entretiens réalisés avec les candidat(e)s en face à face, sur les 2 550 entretiens téléphoniques et sur les 182 rendez-vous clients réalisés sur les onze derniers mois.

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Article extrait
du magazine N° 2205

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