Les salariés de Findus lancent un droit d’alerte

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Pour faire face à un éventuel rachat de Findus par le concurrent Iglo (détenu par le fonds Permira), les salariés du site de Boulogne-sur-Mer s'organisent.

La marque de surgelés Findus, appartenant depuis 2008 au fonds d’investissement Lion Capital, va être démantelée et vendue par branche : l’Angleterre, qui représente 50 % du chiffre d’affaires du groupe, la Scandinavie 40 % du CA et l’Europe du sud dont la France, 10 % du CA. Depuis quelques semaines, des rumeurs courent sur l’éventuel intérêt que porterait le fonds d’investissement Permira (propriétaire du groupe de surgelés Iglo) sur la branche Europe du Sud, qui serait valorisée selon les sources à 200 millions d’euros. Un repreneur potentiel qui inquiète les salariés de Findus France. « Il y aura forcément des problèmes de doublons à tous les niveaux du groupe si nous sommes rachetés par un concurrent comme Iglo », explique Laurent Prévot, délégué syndical CFTC de Findus sur le site de Boulogne-sur-Mer. Par ailleurs, 30 % des volumes de l’usine de Boulogne-sur-Mer concernent le marché Scandinave. En cas de démantèlement par branche, la baisse des volumes liée à la perte du marché Scandinave se posera. Dans ce cadre, les salariés ont mis en place un droit d’alerte, un processus lancé lorsque la situation est susceptible de mettre en péril l’avenir d’une société. « Nous avons posé des questions à la direction comme l’avenir de la société si cette dernière est rachetée par Permira, la raison pour laquelle Lion Capital cède le groupe… », ajoute Laurent Prévot. Des réponses sont attendues lors de la prochaine réunion du 16 novembre.

L’affaire serait bouclée avant la fin de l’année

Selon Laurent Prévot, l’intérêt de Permira ne date pas d’hier, ce dernier serait intéressé depuis 2008, date à laquelle Lion Capital avait racheté Findus. Grâce à cette fusion, Permira pourrait conforter la position de sa marque Iglo en Europe du Sud et bénéficier d’un fort potentiel de développement en France, marché sur lequel Iglo a du mal à asseoir ses positions. Cependant, si Permira est intéressé par la branche Europe du Sud, la branche scandinave, valorisée aux alentours de 1 milliard d’euros, serait observée de près par des industriels, qui seraient venus vister le site de Boulogne-sur-Mer, indique le délégué. Quant à la branche anglaise, pas d’informations. Les salariés de Boulogne-sur-Mer ne comptent pas attendre que l’affaire soit classée sans s’être battu. S’il n’y a pas de grèves, des actions médiatiques sont menées afin de faire parler d’eux et de faire trainer le processus. Mais selon Laurent Prévot, le temps leur est compté « les choses sont en train de se concrétiser avec des négociations en cours. La messe devrait être dite avant le fin de l’année ».

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