Les secteurs moroses

Le café résiste

Alors qu'elle gagnait 460 M E de chiffre d'affaires additionnel en GMS l'an dernier, l'épicerie sucrée plonge cette année avec une perte de 143,8 M E. Étant donné sa taille, la baisse en pourcentage reste raisonnable, - 1,1 %, mais elle met en lumière les difficultés de ce secteur fortement concurrencé par le hard-disount (+ 2,8 % en valeur en 2005). Dans ce contexte difficile, quelques rayons résistent, à commencer par le plus performant de 2005, le café torréfié, tiré en valeur par les dosettes et le fort développement du café issu du commerce équitable. Des résultats à nuancer, car, l'an dernier, le café torréfié dégageait 21 M E de chiffre d'affaires additionnel contre 12 cette année. Le chocolat en tablettes, champion l'an dernier (60 M E de CA additionnel), reste positif mais à + 9 M E seulement, cela en dépit des efforts continus de Lindt. Les produits pour pâtisserie se hissent en deuxième position, porté par les récents efforts de Vahiné en terme de renouvellement de l'offre.

Les solaires au premier rang

Après une mauvaise année 2004, les marques de produits solaires ont eu cette année une stratégie plus offensive, notamment en terme d'innovations. Nouvelles références d'autobronzants et de haute protection ont apporté de la valeur au rayon. Le résultat est qu'ils s'installent en tête du classement, ravissant la place aux dentifrices et kits blancheur. Ces derniers, qui avaient apporté 45 M E de chiffre d'affaires additionnel l'an dernier, ont tout simplement disparu du classement, ne confirmant pas leurs promesses de départ. Les produits de beauté restent parmi les rayons les plus performants mais avec des résultats bien en retrait par rapport à l'année précédente (+ 7 M E de CA additionnel cette année contre 36 M E un an auparavant). Mais le principal enseignement du cru 2005 est le recul de ce secteur en hard-discount. Il y laisse 800 000 E de manque à gagner, mais, surtout, c'est le seul secteur en négatif dans ce circuit sur le total PGC + FLS.

Les spiritueux sauvent la mise

Si les Français boivent moins, cela ne se retrouve pas forcément dans les chiffres ! Pour la deuxième année consécutive, les boissons alcoolisées ont en effet assuré aux GMS un chiffre d'affaires additionnel de 5,6 M E, contre 3 M E un an plus tôt. Animée par une demande soutenue, la politique de valorisation des champagnes s'avère une nouvelle fois la plus payante, avec un CA additionnel de 25 M E. Les marques nationales, et notamment celles dont les prix de vente sont compris entre 15 et 20 E, progressent de 10 % en volume, au détriment des premiers prix et des Mdd, dont les sorties plongent de 5,7 %. Un phénomène suffisamment peu fréquent dans l'alimentaire pour être signalé. D'autant que le hard-discount n'a de cesse d'accentuer son emprise. C'est déjà le cas dans les whiskies, à travers le développement des grands formats (1 l, 1,5 l et 2 litres), des portos et des anisés à marques propres ou des apéritifs à base de vin. Mais cela commence aussi à l'être pour des catégories plus jeunes, comme les vodkas ou les liqueurs modernes. Pour faire face aux concentrations qui agitent le secteur, certaines pme pourraient être tentées d'accentuer leur présence dans ce dernier circuit.

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Article extrait
du magazine N° 1932

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