Les soldes pas vraiment à la fête

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bilan - À la sortie des soldes d'hiver, les commerçants se déclarent, pour une large majorité, insatisfaits de leurs résultats. Ils déplorent le manque d'enthousiasme des consommateurs.

Les commerçants sont déprimés ! Une morosité révélée par une enquête du centre régional d'observation du commerce, de l'industrie et des services de la CCI de Paris sur les soldes d'hiver auprès de 300 commerçants parisiens. 52 % d'entre eux se déclarent peu ou pas satisfaits des résultats des soldes, contre 23 % en 2006.

Pour 62 % des sondés, le surplus de chiffre d'affaires n'excède pas 20 %, 38 % estiment que leur résultat est inférieur à l'hiver 2007, considéré comme un très bon cru. Avec un niveau de stocks globalement moins important que l'an dernier grâce à la bonne tenue des ventes de la saison d'hiver. « L'ensemble a été modéré, avec une croissance de 1 à 2 % pour la totalité du réseau », confirme Lucien Odier, président de la Fédération des enseignes de l'habillement. Selon lui, la dégradation du pouvoir d'achat est à l'origine de ces performances. Malgré des pourcentages de remises élevés (plus de la moitié des commerçants ont démarré les soldes avec des rabais de 50 à 60 %), les clients ont regardé de près leurs dépenses, avec des budgets ciblés.

Nombre de commerçants interrogés signalent aussi une baisse de la fréquentation. « Il y a eu une désertification des classes de la population les moins aisées, reprend Lucien Odier. En revanche, le panier moyen est plus élevé que les autres années, car les achats se sont orientés vers du haut de gamme acheté par les catégories les plus aisées. »

Internet, un concurrent redouté

Les touristes étrangers n'ont pas vraiment été au rendez-vous non plus dans certains quartiers parisiens, selon les commerçants. Les plus favorisés ont été ceux qui pouvaient compter sur une clientèle de fidèles « attendant les soldes pour s'offrir la pièce qu'elles n'oseraient pas s'acheter pendant la saison », témoigne un sondé.

Côté produits, seul le secteur de la chaussure semble avoir tiré son épingle du jeu, grâce à une météo plutôt douce qui a poussé les ventes de bottines à la mode.

À cela s'ajoute la crainte d'internet. « Les commerçants sont de plus en plus nombreux à redouter la concurrence des ventes sur ce média », selon l'étude. D'après le baromètre des soldes de la Fédération de l'e-commerce et de la vente à distance (Fevad), réalisé auprès d'un panel de neuf sites, ceux-ci rapportent, pour le premier jour des soldes, une hausse du chiffre d'affaires de 32 % par rapport à 2007. Les sites du panel ont ensuite vu leurs ventes progresser de 25 % sur les cinq premiers jours par rapport à l'an dernier. Une inquiétude injustifiée, pour Marc Lolivier, délégué général de la Fevad : « Internet n'est pas l'ennemi. C'est une source de croissance pour des magasins qui proposent des offres complémentaires en ligne et ont accès à une clientèle qui refuse d'affronter la cohue des magasins. »

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Article extrait
du magazine N° 2032

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