Les standards de traçabilité augmentent la productivité

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logistique - Sept distributeurs et sept industriels du secteur agroalimentaire ont ouvert leurs entrepôts au cabinet Traceval. Objectif : évaluer l'impact de l'étiquette GS1 128 et de l'avis d'expédition DESADV sur l'efficacité de la chaîne logistique. Enjeu principal : gagner du temps.

C'est un peu le syndrome de la poule et de l'oeuf : distributeurs et industriels traînent encore des pieds pour savoir qui investira le premier dans les standards de traçabilité. Pour l'heure, 60 % des 30 000 adhérents GS1 utilisent des outils de traçabilité. Mais 12 % seulement ont fait le choix des standards... Pourtant, une chose est sûre : « L'utilisation de l'étiquette palette GS1 128 (ex-EAN 128) et de l'avis d'expédition DESADV ne sera vraiment avantageuse qu'au-delà d'une certaine masse critique », rappelle Pierre Georget, chez GS1 France. L'étude du cabinet Traceval, menée auprès de sept distributeurs (Auchan, Carrefour, Casino, Cora, Intermarché, Leclerc et Monoprix) et de sept industriels (Bel, Bénédicta, Bonduelle, Kronenbourg, Mericq, Pains Jacquet et Socavi), fait le point sur l'utilisation grandeur nature de ces standards.

D'abord, les chiffres. Sur 30 sites distributeurs audités, 1 sur 3 seulement utilise à la fois l'étiquette GS1 128 et l'avis d'expédition DESADV. Chez les industriels, ce ratio passe à 1 sur 2. C'est un début ! Mais il ne suffit pas d'adopter les standards pour que l'avenir logistique s'éclaire d'un coup de baguette magique. « Sur l'un des sites distributeur audités, nous avons constaté pas moins de 450 écarts entre les étiquettes GS1 128 et le contenu réel des palettes », indique Lionel Guivarch, chez Traceval.

Rotations optimisées

Parmi les causes d'erreur, on citera l'absence d'étiquette sur les palettes, ou la présence d'étiquettes illisibles par le scanner, voire tout simplement l'absence à son poste de l'opérateur chargé de scanner les chargements entrants ! De plus, certains écarts détectés n'en sont pas, le changement du contenu d'une palette pouvant avoir fait l'objet d'un accord entre distributeur et industriel, mais ne pas avoir été reporté sur le code étiquette...Pourtant, l'utilisation des standards en mode « optimisé » procure de réels avantages à ses utilisateurs. En entrepôt sec, l'utilisation de ces deux étiquettes permet un gain de dix minutes à deux heures lors du déchargement, en fonction du nombre de références embarquées. Bénéfice immédiat : le camion est immobilisé moins longtemps à quai. En entrepôt frais, le temps gagné pendant le déchargement varie de quinze minutes à une heure. Et les camions stationnent moins longtemps dans la cour. Des gains qui influencent les coûts. L'augmentation de la productivité à la réception permettrait d'économiser entre 0,3 et 0,6 E par palette. L'optimisation de la rotation des camions procurerait un bénéfice estimé entre 1 et 2 E ! Utilisés dans les règles, les standards GS1 128 et DESADV réduisent aussi de manière significative les litiges entre industriels et distributeurs.

Rentable en trois ans

Dernier avantage, et non des moindres, l'utilisation des outils de traçabilité facilite grandement la gestion des « retraits rappels ». Elle permet de retirer de la vente les lots réellement incriminés, plutôt que d'engager un retrait massif des produits dans tous les magasins de l'enseigne.

Bien sûr, s'équiper a un coût : l'achat de lecteurs, notamment. Et un industriel récemment équipé confiait que le retour sur investissement ne se ferait pas avant trois ans. Mais en ajoutant qu'« une fois que l'on a vécu une réception en mode scannage, on ne peut plus revenir en arrière ! »

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Article extrait
du magazine N° 2019

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