Marchés

Les surgelés se jouent des obstacles

Les surgelés se jouent des obstacles

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Dossier Avec un chiffre d'affaires de plus de 7 milliards d'euros en 2011, les surgelés représentent un dixième du total du marché alimentaire et enregistrent des croissances sur l'ensemble des catégories. Cependant, le secteur doit faire face à de nombreuses difficultés : un contexte économique délicat, une inflation du prix des matières premières qui ne cesse de croître et une météo qui nuit à la consommation et à la culture de certaines denrées. Des défis que les industriels ont su relever.

rayon surgelés

Pas de coup de froid sur les surgelés en 2011. Face aux difficultés économiques, à l'inflation des cours des matières premières et à des conditions météorologiques très contraignantes, les fabricants ont réussi à tirer leur épingle du jeu.

Certes, les défis à relever ne sont pas des moindres, mais les performances des industriels ont de quoi faire pâlir d'envie leurs homologues des autres catégories des PGC, avec une valeur en croissance dans la quasi-totalité des segments : + 3,3% sur les glaces, + 4,9% sur le sucré et + 2,8% sur le salé. Une hausse générale due, entre autres, aux augmentations de prix en magasins, mais aussi au soutien d'une consommation toujours présente. « L'année 2011 n'a pas été un grand cru, mais le grand froid continue sa valorisation », résume François Legrain, président du Syndicat des surgelés.

 

Des consommateurs plus rationnels

Par rapport à 2008, les consommateurs ont été plus rationnels et n'ont pas fait l'impasse sur les dépenses des PGC. « Si le pouvoir d'achat reste une préoccupation forte dans l'esprit des Français, à la différence de la crise précédente, ils ont davantage peur de la montée du chômage », explique Julia Burtin, strategic insight manager chez Kantar Worldpanel. Cependant, les Hexagonaux ont moins consommé de surgelés cette année, en moyenne 1,2 kg de moins par foyer (hors produits glacés), et cette baisse du panier moyen touche plus particulièrement les familles avec des enfants. Mais cette diminution, qui concerne essentiellement les produits salés, ne signifie cependant pas une désaffection pour le rayon surgelés. En effet, son attractivité au sein des foyers n'est pas remise en cause, avec plus de 97% de taux de pénétration, et l'acte d'achat n'a pas été reporté sur les autres catégories comme le frais.

 

Des bénéfices incontestables

Ce linéaire, qui n'a pas subi d'extension en magasins, est ancré dans l'esprit des consommateurs. Ils sont conscients des bénéfices produits, des qualités nutritionnelles, organoleptiques, de sa praticité et de son excellent rapport qualité/prix. Car le grand froid est un rayon clé, avec une dépense de 231 € par an et par foyer, et un panier de 9 € par acte d'achat en moyenne, derrière l'épicerie (12 €) et l'hygiène-beauté (10 €).

Cependant, si la consommation a été stable dans l'ensemble, les circuits spécialisés ont été très pénalisés, avec une perte de plus de 260 000 foyers acheteurs en 2011. Si l'attractivité du rayon n'a plus à faire ses preuves, les industriels doivent réussir à faire augmenter le panier moyen - qui plafonne depuis quelques années - en trouvant de nouveaux relais de croissance afin de multiplier les occasions de consommer. Dans ce cadre, des pistes sont envisagées, comme la naturalité ou le bio, à l'image des autres pays européens, sans oublier l'idée de développer les circuits de proximité et le drive pour accroître les fréquences d'achat.

LES CHIFFRES

  • 2,7 Mrds € Les ventes de surgelés salés, CAM à fin février 2012 + 2,8 % vs année précédente
  • 877,2 M€ Les ventes de surgelés sucrés + 4,9%
  • 3,5 Mrds € Les ventes de surgelés glacés + 3,3%

Source : SymphonyIRI

L'économie

  • Sur fond de crise économique qui a touché l'ensemble des acteurs de la grande consommation, le marché des surgelés est en pleine mutation : recentrage, avec désengagements, abandons de marques et consolidations de portefeuille. Avec encore pléthore d'acteurs, une clarification et une modernisation du secteur est encore à mener.

Les matières premières

  • Les hausses de coûts des matières premières ont touché de plein fouet le secteur des surgelés, tant pour les approvisionnements de fruits et légumes que sur le sucre et la farine. Face à cette inflation, les industriels ont dû faire passer des hausses de prix en magasins, mais ont aussi dû rogner sur leurs marges et faire des économies d'échelle pour rester compétitifs.

Le climat

  • Les glaces se classent dans le top 5 des catégories les plus météosensibles en termes de chiffre d'affaires. Les conditions climatiques de l'été dernier, en dents de scie, ont largement affecté les résultats, mais les acteurs ont su tirer leur épingle du jeu grâce à des stratégies payantes. Des initiatives sont testées, afin d'être moins victimes de ces aléas.

 

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