Les syndicats de carrefour lancent un « droit d’alerte »

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Serge Corfa, délégué syndical CFDT
Serge Corfa, délégué syndical CFDT© DR

Cela ressemble de plus en plus à la Bérézina : un désastre industriel à défaut d’être militaire. Vingt-quatre heures après avoir publié ses (mauvais) résultats du quatrième trimestre 2011, Carrefour subit cette fois les assauts de ses syndicats : ces derniers ont décidé, en effet, de faire valoir leur « droit d’alerte », lors du comité d’entreprise de Carrefour Hypermarchés, qui se tenait ce matin. Le signe, s’il en fallait, de la défiance que suscitent aujourd’hui les dirigeants du groupe. « En l’espace de trois ans M. Lars Olofsson et son conseil d'administration n'ont rien réussi, réagit ainsi Serge Corfa, délégué national CDFT, dans la Gazette des délégués CDFT Carrefour. Ils ont loupé le coche du drive, multiplié les réorganisations inutiles et se sont lancés dans un projet luxueux et coûteux aux résultats désastreux. Depuis l'arrivée de M.Arnault et Colony Capital dans le capital du groupe, Carrefour va de mal en (pis). »

Mais c’est bien plus que la seule CFDT qui s’engage dans cette voie : ce droit d’alerte a été voté ce matin. Pour faire simple, le droit d’alerte, inscrit dans le code du travail, permet au comité d’entreprise d’exiger un certain nombre de réponses de la part des dirigeants de l’entreprise. Y compris, d’ailleurs, des informations qu’initialement les dirigeants auraient souhaité ne pas divulguer aux représentants syndicaux. Il s’agit donc, en quelque sorte, de contraindre l’employeur à communiquer avec les élus du personnel.
La procédure est en effet claire, et encadrée : « si le comité d’entreprise ne peut obtenir de réponse suffisante ou si celle-ci confirme le caractère préoccupant de la situation », un rapport peut être demandé, établi avec l’assistance d'un expert-comptable. Ce rapport est ensuite envoyé aux commissaires aux comptes de l’entreprise et à ses administrateurs. A charge pour eux d’apporter alors une réponse, motivée, au comité d’entreprise.
Une demande express de la part des syndicats qui, comme beaucoup, ont bien du mal à comprendre où va Carrefour. « Il serait aberrant de voir dans quelques semaines l’entreprise décider d'une distribution de dividende à ses actionnaires ou de voir le Pdg licencié avec une retraite chapeau alors qu'on demanderait aux salariés de se serrer la ceinture », s’offusque Serge Corfa. A croire le délégué CDFT, en effet, Carrefour envisagerait jusqu’à un gel des salaires en 2012, alors que les NAO doivent débuter d’ici un mois : de quoi envisager un climat social difficile chez Carrefour, si tel était effectivement le cas.
Pour porter l’alerte à un niveau supérieur encore, la CFDT demande même l’aide des pouvoirs publics « face aux dangers qui pèsent sur le premier employeur privé de France. » Si cette demande n’a pas été reprise en comité d’entreprise, elle reste néanmoins d’actualité pour le syndicat CFDT. Comme « une manière de mettre un peu plus de pression, car ce sont nos emplois qui sont menacés », explique Serge Corfa.

1 commentaire

Poulpi

21/01/2012 12h06 - Poulpi

Une Honte, il n'y a pas d'autres mots pour définir l'article sur le droit d'alerte alors que la CFDT est un syndicat minoritaire au sein de Carrefour. Seul FO appuyé de la CGC ont lancé au sein du CCE Hypers le droit d'alerte. Une mesure annoncé par FO depuis le 18 janvier et qui s'inscrit dans un plan de sauvegarde des 110000 emplois Carrefour. Il serait temps que LSA ne soit pas juste la vitrine de propagande de la CFDT.

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