Les systèmes antivol gagnent en intelligence

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Si les systèmes antivol en magasins ne changent pas, désormais, ils se connectent. Cette évolution permet aux fabricants de déployer de nouveaux services et de mieux lutter contre la démarque inconnue.

La solution SpeedStile de Gunnebo,
installée dans le magasin suédois
alimentaire Maxi Ica, ferme
les portes au nez des voleurs.
La solution SpeedStile de Gunnebo, installée dans le magasin suédois alimentaire Maxi Ica, ferme les portes au nez des voleurs.

En France, la démarque inconnue représente 4,4 milliards d’euros, soit 1,09% des ventes, d’après le « Baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution 2013-2014 », établi par Checkpoint Systems. À titre de comparaison, en 2006, le coût s’élevait à 5,3 milliards d’euros, soit 1,3% du chiffre d’affaires de chaque distributeur.

0,49%

La part du chiffre d’affaires consacrée par les enseignes en France à la prévention des pertes, soit un montant de 1,97 Mrd € en 2013-2014

Source : Baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution de Checkpoint Systems

Des progrès ont donc été faits, et les systèmes antivol se sont largement répandus dans les magasins. En Europe, une enseigne sur deux est équipée d’antennes EAS (Electronic article surveillance), qui détectent les étiquettes radio-fréquence ou RFID. Cette dernière solution se trouve particulièrement utilisée dans le secteur du textile, avec un marquage à la source. Il existe aussi des systèmes antivol magnétiques, utilisés en parfumerie par exemple.

Pallier les caisses LS

L’arrivée des caisses libre-service a toutefois généré une hausse des démarques inconnues. Les voleurs mettent à profit la présence moins forte du personnel de caisse et la possibilité de duper le système, avec un changement de code-barres par exemple. De plus, la désactivation des systèmes antivol reste plus complexe qu’en caisse traditionnelle, particulièrement pour les articles marqués à la source. Résultat, « beaucoup d’enseignes ont investi dans des caisses self-checkout performantes, mais certaines désactivent les systèmes antivol pour éviter que cela sonne en permanence, témoigne Cédric Brossard, directeur marketing Europe de Checkpoint Systems. Les voleurs savent que les vigiles ne se déplacent plus pour vérifier la cause. La désactivation doit se faire un niveau de la balance ou du tapis. Nous avons d’ailleurs entamé des discussions avec les fabricants de lignes de caisses, comme Perifem, pour travailler sur ce point. »

Les accessoires de mode et l’outillage électrique parmi les plus dérobés

Top 3 des produits les plus volés par secteur en Europe

Source : Baromètre mondial du vol dans le commerce et la distribution 2013-2014 de Checkpoint Systems

 

 

 

 

 

 

 

 

Les accessoires de mode, les outils électriques, les accessoires pour mobiles, les vins et spiritueux, ainsi que les produits de maquillage sont les produits les plus volés en Europe. Des articles petits, donc aisés à cacher, et également faciles à revendre. En Europe, une enseigne sur deux est équipée d’antennes EAS, qui détectent les étiquettes RFID.

Selon Dominique Schelcher, PDG de Système U Est et patron du Super U de Fessenheim (68), il n’est, en revanche, pas question de supprimer ces caisses, que les consommateurs ont adoptées très rapidement : « Nous sensibilisons notre personnel sur la démarque inconnue via une formation, et un module spécial sur les caisses libre-service a été ajouté. Nous soulignons ainsi les points de vigilance importants. Cette formation faite par Système U s’enrichit au fur et à mesure des expériences rencontrées sur le terrain. »

Accroître l’interconnexion

Si les voleurs mettent en place de nouvelles techniques de fraude, les systèmes antivol se perfectionnent également. Dernière évolution, ils deviennent connectés. « On a quitté le monde de la détection analogique pour aller vers de la détection et de l’échange d’informations, précise Philippe Anquetin, directeur marketing de Nedap. Il est possible de gérer beaucoup plus finement les différents systèmes, de mettre en place des alertes et, même, de procéder à de la maintenance à distance. »

Deux exemples chez les distributeurs

  • Les entrepôts Carrefour adeptes de la RFID Active

Ela Innovation fournit des solutions de RFID active à LMC, la branche logistique de Carrefour, contre les vols de chariots élévateurs. Cette technologie est dotée d’une batterie pour étendre la portée du dispositif et passer au travers du métal. Chez Carrefour, le poste de garde reçoit une alerte si un chariot « pucé » est détecté. « Au-delà de la sécurité des biens à forte valeur ajoutée, la RFID active sert aussi pour la traçabilité du froid, détaille Pierre Bonzom, fondateur d’Ela Innovation. Une puce RFID active coûte entre 30 et 50€, contre quelques centimes pour la RFID passive. »

  • Les hypers suédois ferment leurs entrées

Pour limiter le vol à l’étalage, le magasin Maxi Ica Stormarknad, à Partille, a opté pour la solution SpeedStile de Gunnebo. Des couloirs rapides, équipés de portes transparentes de 180 cm, sont rajoutés avant les portiques de sécurité. Dès que le système antivol sonne, les portes se ferment, et le vigile intervient. Une variante existe dans d’autres enseignes suédoises telles qu’ICA ou Coop, où le client scanne son ticket de caisse pour sortir. « L’ensemble doit rester accueillant pour ne pas freiner les clients tout étant dissuasif pour les voleurs, précise Jocelyne Benisri, directrice communication et marketing opérationnel de Gunnebo. SpeedStile sécurise aussi les entrées et sorties secondaires. »

En effet, les magasins ne savent pas forcément que leur installation est hors service. Les systèmes antivol peuvent aussi comptabiliser le flux des clients. Cette information sert la sécurité du point de vente, le vigile pouvant vérifier une zone de fort passage. Et pour la direction du magasin, ces statistiques de fréquentation permettent aussi d’influer sur l’ouverture ou la fermeture de caisses.

Autre gain des nouveaux systèmes, le gardien peut être prévenu dès qu’une antenne sonne et, surtout, savoir laquelle depuis le message reçu sur son smartphone. Voire même quel produit a déclenché l’alerte car, dans le cas de la RFID, chaque référence est identifiée de façon unique. D’ailleurs d’après Laurent Melart, expert technique EAS de Tyco, « la RFID représente la solution d’avenir, et tous les systèmes seront connectés sur une même base informatique ».

Il faudra encore du temps pour tendre vers l’objectif recherché de faire communiquer entre eux l’ensemble des systèmes de sécurité mis en place dans un magasin. Néanmoins, les distributeurs y voient une nécessité. « Nous sommes bien équipés, estime Dominique Schelcher, mais les tricheurs ont beaucoup d’imagination. La vidéosurveillance, avec la présence de vigiles pour prendre les gens sur le fait, se révèle aussi essentielle. »

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Article extrait
du magazine N° 2368

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