Les systèmes de sécurité deviennent plus précis

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Les outils de vidéosurveillance et de sécurité gagnent désormais en précision, que cela soit pour détecter un vol ou qualifier le problème rencontré. Une nécessité car la démarque inconnue reste toujours importante, avec un regain sur les produits alimentaires.

Pour la première fois de son histoire, Aldi a installé un système antivol à radiofréquence dans son nouveau concept de magasin.
Pour la première fois de son histoire, Aldi a installé un système antivol à radiofréquence dans son nouveau concept de magasin.© © LAETITIA DUARTE

Tous les outils progressent

  • Caméra : les images gagnent en qualité avec la qualité 4K qui offre une résolution de 12 mégapixels. Cela permet de visualiser une zone deux fois plus large et deux fois plus haute.
  • Radiofréquence : la portée des antennes de nouvelle génération s’est accrue, ce qui permet d’en mettre moins, voire de les installer dans le sol pour un rendu plus esthétique.
  • Radio-identification (RFID) : les tags dont les prix continuent de baisser régulièrement, se posent sur de plus en plus de produits, avec un développement du marquage à la source.
  • Plate-forme informatique : tous les systèmes se connectent entre eux pour jouer la complémentarité et des alertes permettent aux agents d’être bien informés grâce à un smartphone.

«La démarque inconnue concerne l’ensemble du magasin. Ce ne sont plus seulement les lames de rasoir ou les bouteilles d’alcool, mais l’alimentaire aussi, avec une évolution des produits volés selon les mois. » Pour Mickaël Badureau, responsable national surveillance et sûreté des 60 hypermarchés de Cora, le sujet du vol est toujours d’actualité. « Et il faut s’adapter en permanence », pointe-t-il. Les voleurs utilisent ­ainsi des sacs aluminisés, comme ceux de congélation, pour brouiller les ondes. Depuis, tous les fabricants de systèmes antivol ont développé un détecteur pour contrer cette « innovation ». L’inventivité des contrevenants fait que, in fine, le secteur reste sur un taux de vol de 44%, d’après Frédéric Boukara, directeur général de Checkpoint Systems. Contre 35% de méfaits provenant de l’interne, 11% de fraudes fournisseurs et 10% de pertes administratives.

Des alertes en temps réel aux vigiles

Pour lutter contre le vol, « les caméras restent incontournables pour sécuriser un magasin », juge Alexandre Machet, dirigeant de l’Hyper U de Reims. Techniquement, les images se révèlent d’excellente qualité, en 4K, avec l’apport d’un dôme qui couvre une zone plus large pour supprimer tous les angles morts. Autre innovation, les systèmes sont connectés aux antennes. Ainsi, si une alerte est déclenchée, la ­caméra se braquera automatiquement sur la zone concernée. Le secteur de l’alimentaire mise sur les antivols de radio­fréquence (RF). Ils reposent sur un marquage des produits avec des étiquettes RF et des antennes installées à la sortie qui déclenchent une alerte si la désactivation n’a pas été faite en caisse. Le système s’amortit en cinq à six ans et, désormais, « de plus en plus d’industriels marquent à la source leurs produits », constate Alexandre Machet.

Côté matériel, les nouvelles générations ont gagné en intelligence, se connectant pour envoyer en temps réel des alertes aux vigiles, dotés de mobile. Nedap a, par exemple, ajouté à ses antennes des lumières de différentes couleurs qui changent selon les alertes. Checkpoint Systems a, lui, augmenté la puissance des antennes. On peut davantage les espacer en magasins, voire les camoufler dans le sol. Une enseigne de textile expérimente en ce moment cette configuration en France pour dégager son entrée. Seul le module qui donne l’alerte reste visible sur un côté.

L’attrait de la RFID

Si la RF reste la technologie la plus utilisée dans l’alimentaire, une autre solution, la RFID (radio-identification), a percé dans le non-alimentaire, en particulier dans le textile. En France, Decathlon a été le pionnier et des grands groupes, comme Etam ou Beaumanoir, ont aussi pris ce virage. Le coût de ce système est plus important, mais l’usage dépasse la « simple » fonction de sécurité. Il apporte aussi des gains sur la logistique ou sur l’expérience client. Les enseignes alimentaires y réfléchissent, mais le ticket d’entrée demeure un frein, car « le changement de technologie demande plusieurs milliers d’euros d’investissement, souligne Frédéric Boukara. Il faut acquérir du nouveau matériel et migrer sur un autre système informatique, sans compter le coût du tag. Ce dernier continue de baisser, mais une étiquette RFID reste deux fois et demie plus chère qu’un modèle RF. »

Le dirigeant annonce toutefois des tests pour certains usages. En Espagne, une enseigne a misé sur la RFID pour la partie boucherie. Au-delà de la sécurité, les magasins réalisent ainsi un inventaire plus rapide des produits en rayon avec des raquettes et, surtout, les équipes peuvent identifier les produits ayant une date de consommation courte ou dépassée.

Autre sujet actuel, avec la multiplication des étiquettes antivol, les distributeurs sont de plus en plus confrontés à des alertes non justifiées. Et les contrôles ne sont pas forcément réalisés. Pour pallier ces « nuisances », Carrefour et Cora ont installé à l’entrée de leurs magasins une antenne de courtoisie pour désactiver les étiquettes encore actives. « Cet équipement installé dans 30 magasins en 2017 a permis de réduire de 90% les sonneries en caisse », se félicite Mickaël Badureau.

Reste que l’usage de tous ces outils doit aller de pair avec une étude fine des flux : « Il convient d’identifier les zones de démarque en magasin et d’analyser le parcours des produits, de la réception à la sortie en caisse », prévient Mickaël Badureau.

Du mouvement pour les agents

Le nouveau règlement incendie a rendu possible la polyvalence des agents entre sécurité incendie et sûreté, avec un partage du poste de commandement (PC). Avant, ces deux fonctions devaient être opérées par deux personnes distinctes. Désormais, un agent faisant une ronde de sûreté peut signaler une issue de secours qui serait encombrée.

 

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Article extrait
du magazine N° 2508

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