Les Terrasses du Port de Marseille, branchées sur le soleil et la mer

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Pour optimiser son bilan carbone, le centre commercial marseillais recourt à l’énergie solaire, à la géothermie marine, à la régulationde sa climatisation via sa station météo. Et optimise ses déchets.

C’est, sans conteste, le centre commercial de France qui tire le meilleur parti énergétique des éléments naturels qui l’environnent. Les Terrasses du Port, à Marseille, captent le soleil pour produire de l’électricité, puisent dans l’eau de la Méditerranée pour se climatiser. Et vont jusqu’à réguler leur traitement de l’air selon le souffle du mistral et autres données météorologiques locales. De sa toiture coiffée de 5 000 m² de panneaux jusqu’à son premier sous-sol qui cache la déchetterie, le site est l’un des plus avancés dans la démarche Net Positive du groupe Hammerson. Celle-ci vise à minimiser les émissions de CO2 d’ici à 2030 en atteignant la neutralité carbone, de telle façon que les tonnes de carbone économisées grâce à la mise en place de diverses stratégies soient supérieures aux émissions inhérentes aux activités de la foncière.

Mieux que la « loi des 5 flux »

D’ailleurs la « production » de déchets par les 180 magasins du site pourrait peser lourd dans son bilan carbone si sa filière de récupération et de traitement était atomisée. D’où l’installation, dès l’inauguration du centre en 2014, sur 400 m², d’une déchetterie gérée par Veolia, dont le rôle est de « générer des économies par massification de la collecte », résume Laurent Thirrée, directeur technique des Terrasses du Port. Le premier axe d’optimisation est de globaliser le traitement, mais en réduisant l’encombrement volumique et les transports. Ainsi, les cartons une fois rassemblés, sont compactés par presse. « Il est plus vertueux de faire venir un camion de 33 tonnes à destination de la papeterie tous les quinze jours que de démultiplier les cycles de recyclage », justifie-t-il.

L’autre voie est de spécialiser de plus en plus finement le tri. Les Terrasses du Port vont bien au-delà de la « loi des 5 flux », faisant obligation aux professionnels de trier les déchets selon 5 catégories. « Nous séparons les types de plastiques, les métaux, les piles, les palettes, les textiles et linges de maison, les biodéchets…, poursuit ­Laurent Thirrée. Le but étant d’avoir le moins de déchets indifférenciés, pour les orienter vers les spécialistes les plus proches, capables de les traiter. » Hammerson et Veolia explorent même des solutions de tri des mégots, des cheveux, du marc de café… Et « notre autre fierté est d’avoir fourni des emplois à une équipe de six personnes en réinsertion professionnelle ».

Par vingt mètres de fond

Toujours dans la machinerie du centre courent les tuyaux qui le raccordent, depuis mi-mai, à la centrale de géothermie marine voisine Thassalia (groupe Engie) exploitant l’énergie calorifique contenue dans la Méditerranée. Puisant par 20 mètres de fond une eau à 7 °C, le système permet de climatiser et chauffer le centre. « Il remplace les chaudières et climatiseurs qui fonctionnaient au gaz et à l’électricité, souligne Marie Canton, directrice des Terrasses du Port. De même que l’eau se substitue aux 2 tonnes de gaz CFC (chlorofluorocarbures) servant auparavant de fluide calorique. »

Quelques étages plus haut, sur la toiture, fonctionne depuis un an la plus grande installation de panneaux solaires en autoconsommation, en milieu urbain, sur un centre commercial. L’électricité produite couvre 20 % des besoins des parties communes et bureaux.

Mais, comme si cela ne suffisait pas en matière de « branchements », Les Terrasses du Port comptent depuis juillet 2018 leur station météo qui enregistre toutes données (température, vent, ensoleillement, CO²) pour réguler le traitement de l’air à l’intérieur du site.

Moyennant quoi, le centre, qui émettait 968 000 tonnes d’équivalent carbone en 2015, a réussi à réduire ce chiffre de 38 % en 2019, à 596 000 tonnes, et jusqu’à 50 % en 2020 avec seulement 484 000 tonnes, compte tenu des trois mois de fermeture liés aux confinements.

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Article extrait
du magazine N° 2658

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