Les tondeuses robots prêtes à envahir les jardins

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Dossier « Laissez-les faire le travail ! » pourrait être le mot d’ordre de ces nouveaux engins qui accomplissent la tonte du jardin sans intervention humaine. Une tendance à suivre de près. 

Essayez de trouver quel­qu’un qui aime passer l’aspirateur. Pire, ton­dre la pelouse ! Pas vraiment de quoi s’enthousiasmer, mais les choses évoluent, avec l’arrivée d’une armée de robots chargés de s’occuper de ces tâches péni­bles. Et sans broncher ! D’abord réservées aux professionnels, les tondeuses robots commencent timidement à toucher le grand public, pour régler son sort à la corvée du jardin. « Le marché atteint 5 millions d’euros pour les particuliers. Mais il est en progression de 40%, avec de belles perspectives devant lui », résume Andrew Booth, responsa­ble de la gamme jardin chez Bosch. Surtout qu’il existe de plus en plus de surface à tondre en Fran­ce, notamment avec les résidences secondaires. Alors, voir une tondeuse faire le boulot relève-t-il vraiment de la science-fiction ?

Parcours programmé

Eh bien non, grâce à un fonctionnement on ne peut plus simple. Une fois le parcours à effectuer délimité par un câble, les tondeuses robots le mémorisent et exécu­tent leur besogne de manière automatique ou programmée. Ce qui permet de tondre la pelouse dans la journée, en soirée, ou durant l’absence des propriétaires de la machine, cette dernière retournant se recharger sur sa base quand la batterie est vide. Côté technique, presque toutes les machines proposent le mulching, une coupe très fine de l’herbe, qui va être redéposée directement sur la pelouse. Ou comment se dispenser du vidage de bac, tout en nourrissant le sol.

Ainsi présentée, la tondeuse robot ne présente quasi que des avantages, à part peut-être sa faible autonomie (en général, elle ne traite que 200 à 250 m2 à la fois). Mais dès qu’il s’agit de prix de vente, les mâchoires se crispent : il faut compter autour de 1500 € aujourd’hui pour s’équiper d’une marque en entrée de gamme. Pour Olivier Le Treste, directeur marketing régional d’Husqvarna (marques Gardena et Husqvarna) : « La France est en retard par rapport à d’autres pays, car il y a un certain conservatisme et ce type de produit n’est pas encore entré dans les mœurs. Notre modèle Gardena à 1 399 € a été testé en promotion à 999 €, et il ne s’est pas mieux vendu, car les clients ne connaissent pas encore bien les usages. » Comme pour les aspirateurs robots, il faut du temps pour voir s’installer ces nouveautés, qui sont pour l’instant l’apanage des réseaux professionnels et des motoristes. 

L’offre fleurit surtout chez les motoristes et sur internet

Le particulier qui souhaite s’équiper trouve encore peu de choix dans les grandes surfaces de bricolage et de jardinage. Un opéra­teur du secteur estime ainsi que 5 à 7% des tondeuses en France sont des robots, quand ce taux atteint 25% en Suisse, et un peu moins en Allemagne, où il devrait s’en vendre 90 000 cette année. Heureusement, il n’y a pas de cannibalisation entre les machines classiques, qu’elles soient électri­ques ou thermiques, et les robots. Car pour Andrew Booth, « les utilisateurs de tondeuse à main et de tondeuse automatique sont très différents ». La seule alternative pour trouver son bonheur reste encore interne. Mais peu d’acheteurs sont prêts à dépenser plus de 1 000 € pour un appareil sans bénéficier de conseils, en attendant la montée en puissance des GSB et distributeurs grand public. Autre épine dans le pied, des robots bas de gamme ont pu dégrader l’image du secteur. Mais la technologie s’affine, et l’on assiste à la généralisation d’améliorations destinées à rendre les tondeuses robots plus attrayantes. C’est le cas de Robomow, le concepteur des tondeuses Tuscania, qui lance six nouvelles références contrôlables via une application smartphone. Agissant comme une véritable télécommande, elle permet de démarrer à distance la tondeuse avec son téléphone. Technologie toujours, mais chez Bosch : un an après le lancement de la première tondeuse robot grand public, la « v.2 » peut cartographier jusqu’à trois jardins différents, ce qui permet de la prêter ou de traiter le jardin de l’habitation principale et de la secondaire. Afin que la colonisation des robots soit ­complète.

Les robots sont partout

La robotique s’est immiscée dansde nombreux domaines : il existe des robots grand public pour aspirer, laver (y compris les vitres) et même pour le travail en extérieur – robots nettoyeurs de gouttières ou nettoyeurs de piscine. La société américaine iRobot, créée en 1990, est spécialiste, avec l’aspirateur Roomba, le laveur Scooba (photo) et le nettoyeur de sols Braava.

La baisse des prix est initiée

Le prix des tondeuses automatiques (un peu plus de 1 000 €) est un frein à leur démocratisation. Mais les aspirateurs robots ont connu la même problématique. Précurseur lancé en 2002, le Trilobite d’Electrolux était alors vendu 1 600 €. L’arrivée de concurrents a, logiquement, entraîné la baisse des prix. Aujourd’hui, un aspirateur robot coûte en moyenne 280 à 300 €.

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Article extrait
du magazine N° 2313

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