Les tops et les flops des commerces à Paris

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Paris ne compte pas moins de 62 114 commerces ou services commerciaux en activité en 2014, selon le vaste recensement de l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme) réalisé conjointement avec la Ville de Paris et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. La densité de commerces de la capitale est même supérieure à celles du centre de Londres. En revanche, depuis la dernière étude réalisée en 2011, l’évolution du parc parisien montre que si la restauration ou le secteur du bien-être continuent de voir le nombre de leurs établissements augmenter, la concurrence du e-commerce se fait sentir sur de nombreux secteurs, dont celui de la culture et des loisirs.

Paris intra-muros abrite près de 60 % des commerces et des services commerciaux de la Métropole du Grand Paris (soit Paris et petite couronne). Sur un territoire qui ne représente que 14 % de la superficie de cet ensemble. Le rapport du nombre de commerces au nombre d’habitants est de 28 pour 1000 habitants.
Paris intra-muros abrite près de 60 % des commerces et des services commerciaux de la Métropole du Grand Paris (soit Paris et petite couronne). Sur un territoire qui ne représente que 14 % de la superficie de cet ensemble. Le rapport du nombre de commerces au nombre d’habitants est de 28 pour 1000 habitants. © Xavier MARCHANT - Fotolia.com

L’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme) a réalisé en mars-avril 2014 un vaste recensement des commerces parisiens avec la Ville de Paris et la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris. Ce qui constitue la sixième enquête du genre après celles de 2000, 2003, 2005, 2007 et 2011. Les comparatifs étant établis à partir de cette dernière date. Mobilisant une équipe de 20 enquêteurs, la totalité des rues de Paris a été inventoriée, à savoir tous les locaux en rez-de-chaussée ayant une vitrine sur rue. Selon la méthodologie de relevés, chaque activité a été recensée (selon une nomenclature en 221 postes) sur la base des informations observables depuis la rue, l’enseigne affichée, la tranche de superficie (inférieure à moins de 300 m², entre 300 à 1 000 m² et les plus de 1 000 m².).

Un parc parisien en hausse de 0,8%

Résultat : En 2014, Paris compte 62 114 commerces ou services commerciaux en activité. Sur la période 2011-2014, on constate une légère hausse de ces commerces et services (+ 0,8 %) qui trouve en partie son origine dans la diminution importante des commerces de gros, des locaux anciennement vacants ou encore des bureaux en boutique. Cette augmentation marque une inversion par rapport à la période 2007-2011 au cours de laquelle le nombre de commerces avait légèrement diminué (- 1,3 %). La vacance des locaux implantés en rez-de- chaussée est en diminution puisqu’elle passe de 9,6 % en 2011 à 9,1 % en 2014. 

Plus 25 commerces pour 1 000 habitants

Paris intra-muros abrite près de 60 % des commerces et des services commerciaux de la Métropole du Grand Paris (soit Paris et petite couronne). Sur un territoire qui ne représente que 14 % de la superficie de cet ensemble. Le rapport du nombre de commerces au nombre d’habitants est de 28 pour 1000 habitants. De même, si l’on prend pour base la longueur des rues elle s’établit à 3,5 commerces pour 100 mètres de voies. Une densité de magasins exceptionnelle ! Qui s’explique, selon les termes de la synthèse de l’étude éditée par l’APUR par «le rôle prééminent qu’occupe Paris, sur le plan national et international dans les domaines politiques, économique, artistique ; la venue de plus de 29 millions de touristes chaque année qui fait de Paris l’une des toutes premières destinations mondiales ; la forte concentration de population sur un petit territoire… ».

Les 1er et 9e arrondissements les plus denses en commerces

La densité commerciale est plus forte dans les arrondissements centraux, du 1er  au 11e arrondissement. Elle dépasse souvent 5 commerces pour 100 mètres de voies en moyenne, et plus de 40 commerces pour 1 000 habitants. Alors que dans les arrondissements périphériques elle se situe plutôt autour de 2 ou 3 commerces pour 100 mètres de rue, et quelque 20 commerces pour 1 000 habitants. Les records de densité se situent dans le 9e  arrondissement (7,7 commerces pour 100 mètres de voie) et le 1er arrondissement pour la densité de commerces par habitants (137 commerces pour 1 000 habitants). A l’opposé, le 19e arrondissement est le moins dense (1,7 commerce pour 100 mètres de voie et 12 commerces pour 1 000 habitants). L’APUR a comparé la densité du tissu commercial à Paris à celui des communes-centre de 7 grandes villes de régions. Il en ressort que «Paris bénéficie d’un parc de commerces plus dense que les autres grandes villes, sans doute lié à la concentration de logements et d’emplois ainsi qu’à l’attraction exercée auprès des visiteurs extérieurs. C’est surtout pour les commerces dédiés aux achats dits exceptionnels - magasins de vêtements, parfumeries, bijouteries - librairies papeteries et journaux et pour le nombre de restaurants que Paris se distingue des centres-villes de province avec une proportion de magasins beaucoup plus élevée par rapport à la population résidente » synthétisent les auteurs. Un autre exercice a consisté à comparer l’équipement commercial de Paris avec celui de Londres. Il apparaît que la densité de commerces, qu’elle soit calculée en nombre de magasins pour 10 000 habitants ou en surface commerciale par kilomètres, est moins élevée dans le centre de Londres (7 boroughs centraux) qu’à Paris !

Opticiens et supérettes au top de la croissance

Avec 138 magasins supplémentaires apparus dans l’intervalle de la dernière étude (soit la période 2011/2014) les opticiens se situent parmi les commerçants affichant les plus fortes hausses (+ 18 %). Cette augmentation confirme et amplifie la tendance constatée lors des enquêtes précédentes. De même, avec un parc accru de 37 établissements, les supérettes s’affichent à + 9 %. «Depuis le début des années 2000, les supérettes alimentaires voient leurs effectifs augmenter, notent les auteurs. Néanmoins, le rythme des ouvertures est moins élevé que dans la période 2007-2011. Les grands groupes de distribution alimentaire continuent toutefois le maillage du territoire parisien avec ce format de magasin (de 120 à 400 m²) qui correspond bien à la clientèle de centre-ville dense qui fait ses courses à pied. ».

107 nouveaux établissements de soins du corps

Se restaurer, au sens alimentaire et esthétique du mot serait-il une spécialité parisienne ? En tous cas pas moins de 107 établissements de soins du corps (+ 6 %) sont apparus. «Après une hausse forte et continue des soins de beauté et des autres soins corporels depuis 2003 et surtout entre 2007 et 2011, ce secteur voit augmenter légèrement moins vite le nombre de ses établissements » tempère la synthèse. De même les cafés et restaurants se sont accrus de pas moins de 474 établissements, ce qui ramené à leur parc ne fait «que » 4 % de croissance. «À l’intérieur de ce secteur, la restauration continue de se développer assez fortement surtout dans le domaine de la restauration rapide, qu’elle soit debout ou assise » précise-t-on à l’APUR. Ce dernier secteur croit en effet de 10 % avec 264 établissements. Même embellie des «cuisines venues d’ailleurs » - asiatiques, africaines et autres restaurants du monde à + 11 % avec 192 établissements nouveaux. Et la cuisine française ? Egalement en croissance (+ 4 %, avec l’apparition de 72 établissements.

Boom des cavistes, chocolatiers ou enseignes de bio

Pris au sens large, l’alimentaire traditionnel spécialisé semble «raisonnablement » croitre de 3 % en générant 156 commerces. Pourtant, au sein de ce secteur, les commerces alimentaires « de niche » se développent à un rythme des plus soutenus ! Tels les cavistes (+ 15 %), les torréfacteurs (+ 13 %), les chocolatiers (+ 10 %), les produits surgelés (+ 8 %), les points de vente de produits bio (+ 9 %) ou encore régionaux (+ 8 %).

La concurrence d’internet et de la presse quotidienne

Parmi les multiples intérêts de l’étude APUR, on identifie clairement les secteurs mis à mal par l’évolution même des réseaux de commerce. Et notamment la concurrence du e-commerce. De même que par la dématérialisation de la communication ou de l’image. Ainsi la baisse du nombre de librairies s’amplifie par rapport à la période précédente 2007- 2011 avec la disparition de 83 librairies (- 10 %). Le secteur de la presse continue aussi de décroître (- 19 %), mais à un rythme moins soutenu qu’auparavant. «La concurrence d’internet et de la presse quotidienne gratuite expliquent notamment cette désaffection pour ce type de commerces culturels » constatent les auteurs. Même décrue sur le secteur des  meubles et équipement du foyer : - 10 % avec 205 établissements perdus. Le comparatif entre la dernière enquête et la nouvelle fait noramment apparaître une diminution importante des boutiques d’équipement du foyer (vaisselle, luminaires, tissus...). Nul ne s’étonnera, encore, de voir décliner les boutiques liées à la photo (- 13 %) avec 32 boutiques de moins. «Ce secteur est en baisse continue depuis 2003. Le développement et la vente de pellicules photo, la vente d’appareils photo, ainsi que les studios de reportages photo subissent à la fois la concurrence d’Internet et de la photo numérique qui changent les habitudes de consommation. ». Même maladie de langueur pour les équipements de communication (- 7 % avec 77 établissements de moins. Boutiques de téléphonie, vente de matériel informatique et vente de radio-TV-HIFI pâtissant de l’équipement croissant des ménages en nouvelles technologies et de la vente en ligne.

Le parc du prêt-à-porter globalement stable.

Et pendant ce temps là… l’alimentaire traditionnel ne se défend pas si mal. «Alors qu’il avait tendance à diminuer lors des enquêtes précédentes, il se maintient entre 2011 et 2014. Les bouchers et boulangers décroissent légèrement (respectivement - 5 % et - 1 %) alors que les poissonniers et primeurs restent stables et que les crémiers/fromagers enregistrent une augmentation de leur nombre (+ 6 %). ». Autre secteur dont le parc reste globalement stable : le prêt-à-porter. Certes pas par défaut de rotation des boutiques (32 % entre 2011 et 2014) mais au regard de l’effectif global des magasins quasi inchangé (- 1 %).  

Evolution du commerce parisien : les «Tops » de la croissance
(entre les études de l’APUR de 2011 et 2014)

Source : visuel extrait du document de synthèse «L’évolution des commerces à Paris » de l’APUR (mars 2015).

 

Evolution du commerce parisien : les «Flops » en  décroissance
(entre les études de l’APUR de 2011 et 2014)

Source : visuel extrait du document de synthèse «L’évolution des commerces à Paris » de l’APUR (mars 2015).

 

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