Les ventes de bio explosent

· Niche au sein de l'énorme marché du lait, le biologique connaît un formidable engouement · Les marques multiplient les références

Cinq cent mille litres de laits biologiques vendus en 1995, 16 millions aujourd'hui, les chiffres parlent d'eux mêmes : si le marché poursuit son ascension au même rythme, il va atteindre 25 à 30 millions de litres d'ici la fin de l'année. Les industriels affirment que l'explosion des ventes de laits biologiques n'a rien d'une toquade des consommateurs. Il s'agit bien d'une tendance lourde. Le lait bio n'est plus l'apanage de quelques accros du manger sain : les craintes liées à la sécurité alimentaire consécutives à la crise de la vache folle ont changé la donne.

Seuls freins : le prix et la pénurie. Car le bio reste un produit cher, qui vaut en moyenne 6,35 F le litre alors que 40% des ventes de lait se font avec des produits à 3 F le litre. Or, les prix ne devraient pas diminuer de façon notable, la production française est insuffisante pour satisfaire la demande. Le leader des laits biologiques, Lactel, estime que le segment ne peut atteindre que 4% du marché global en volume dans les trois années à venir. Un score à première vue modeste mais déjà supérieur à celui d'autres spécialités, tels les laits de croissance ou les aromatisés, qui pèsent environ 1,5% chacun.

Des augmentations spectaculaires

Acteur de premier plan sur le marché du lait biologique, le Domaine de la Croix Morin espère traiter 7 millions de litres d'ici à la fin de l'année, soit une augmentation de presque 30%. Tout en travaillant pour sa propre marque, Bionat, cette exploitation approvisionne Carrefour, Monoprix, Cora et des spécialistes comme La Vie ou Distriborg. En deux ans, son chiffre d'affaires a augmenté de 50% en GMS.

Nactalia (21% de PDM) et Lactel (62%) couvrent déjà les trois segments standard de l'UHT avec des laits entier, demi-écrémé et écrémé. Pour répondre au développement de la demande, ils créent aujourd'hui des références plus spécifiques. Aux trois produits de sa gamme, Nactalia ajoute un lait de croissance biologique pour les bébés, annoncé depuis longtemps et enfin né. Cette nouvelle version remplace le lait de croissance précédent. Son prix : 13 F le litre, soit 1,50 F de plus que l'ancien produit. En choisissant une bouteille de 1 litre, Nactalia cherche à en limiter le prix malgré le surcoût du processus biologique. Tout en souhaitant pouvoir un jour proposer un plus petit format. Pourquoi pas une brique demi-litre, un conditionnement qui assure la moitié des ventes des laits de croissance ?

Candia devrait aussi miser sur cette niche de niche avec la combinaison lait de croissance-lait biologique. Tardivement arrivée dans le rayon des biologiques, la marque du groupe Sodiaal a choisi d'y entrer avec un lait pasteurisé, segment jusqu'ici négligé par Lactel qui se concentrait sur l'UHT. Ce dernier s'est empressé de rejoindre Candia au début de cette année avec un produit moins cher (voir encadré). Quelques semaines plus tard, la seconde marque de lait du groupe Besnier après Lactel, Bridel, passait à son tour à l'offensive avec un lait bio pasteurisé et plus économique que celui de Candia. Aussi petit soit-il, ce marché est donc déjà au coeur d'une bataille acharnée entre marques et où les distributeurs détiennent déjà 17% du marché.
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Article extrait
du magazine N° 1590

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