Lettre aux parlementaires

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Robert Volut, président de la FICT (Fédération Française des Industriels Charcutiers, Traiteurs et Transformateurs de Viandes), vient d'envoyer une lettre ouverte aux parlementaires au sujet de la loi Galand.

Paris, le 10 avril 2008
Le Président
Objet : LETTRE OUVERTE AUX PARLEMENTAIRES SUR LA LOI DE MODERNISATION
DE L'ECONOMIE
Mesdames, Messieurs
Le Gouvernement propose un projet de loi de modernisation de l'économie dont vous aurez à discuter avant la fin de la présente session parlementaire.
L'Association nationale des Industries Alimentaires (ANIA) a déjà fait connaître son opposition à ce projet aux ministres concernés.
Je voudrais, comme représentant de l'industrie de la charcuterie-salaison qui regroupe près de 350 entreprises employant 36 000 personnes à travers la France, vous faire partager mes grandes craintes sur les résultats de ce nouveau projet de loi sur les relations industrie-commerce.
Depuis 2004, grâce aux efforts des derniers gouvernements, la législation permet enfin aux distributeurs de calculer leur prix de vente consommateur à partir de leur prix d'achat net (prix d'achat facturé par les industriels moins les factures de prestation des distributeurs).
Les fameuses marges arrières ne sont plus un obstacle à la baisse des prix consommateurs (voir annexe ci-dessous). L'enseigne Système U vient d'en tirer partie la première, en baissant les prix de 100 articles dès la semaine dernière, et tous les professionnels avaient l'impression que le mouvement allait se poursuivre sans qu'il y ait besoin de légiférer à nouveau sur les relations industrie-commerce.
Je n'ai pas besoin de vous rappeler que les négociations entre la douzaine d'enseignes et les 10 000 entreprises alimentaires dont 98% sont petites et moyennes, comme la plupart des adhérents de notre fédération, ressemblent plutôt à la confrontation du pot de terre contre le pot de fer.
Il n'y a évidemment pas de nécessité de renforcer la négociabilité en faveur des grandes enseignes. Or que vous propose-t-on ? De permettre aux distributeurs de nous imposer un tarif et des conditions de vente sur mesure. Sur leur(s) mesure(s) ! Et bien sur complété par des prestations de services dont ils continueront à
déterminer le contenu et les prix.
Toutes les contreparties, savamment élaborées par nos meilleurs esprits, ne pourront rien y faire.
Notre liberté de fixer nos tarifs et nos conditions de vente en fonction de notre environnement sera réduite au minimum et pour certains disparaîtra. Créer et fabriquer un bon produit représente un coût, le tarif auquel nous le vendons au distributeur est de notre responsabilité.
La loi renforcera le plus fort et je vous prédis une double vague de problèmes financiers, d'abord pour les entreprises qui ne sont pas leaders sur leur segment de marché et ensuite pour les entreprises qui fabriquent des produits à marque distributeur (MDD) et qui devront s'aligner à la baisse. Je vous rappelle que la rentabilité moyenne des entreprises de notre secteur est de 1,5% dans les 3 dernières années.
Votre responsabilité est engagée vis-à-vis de nos entreprises. Soyez réalistes, la baisse des prix vient essentiellement de la concurrence. Bien sûr entre industriels mais aussi et surtout entre grands distributeurs. Une très récente étude d'un cabinet spécialisé en géomarketing démontre que ce n'est pas l'augmentation des mètres carrés mais surtout la diversité des distributeurs sur un même territoire qui génère la concurrence entre eux et permet des prix consommateurs attractifs en permanence (pas à coup de promotions ponctuelles ultra médiatisées).
Nous souhaitons que cette concurrence existe sans détruire le tissu des entreprises qui chaque jour emploient des milliers de personnes à créer et développer notre patrimoine gastronomique dans votre région.
Nos adhérents et moi-même sommes à votre disposition pour vous exposer notre point de vue en détail. Veuillez accepter, Mesdames, Messieurs mes respectueuses salutations.
Robert VOLUT
Président de la FICT
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