Lexique: de quels prix parlez-vous ?

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Prix prédateur ou plancher, prix constant ou courant... Ces mots inondent l'actualité. Mais connaissez-vous bien leur définition? LSA vous propose une séance de rattrapage en condensant les définitions simples de tous ces termes traitant des prix. Lexique réalisé à partir du "Dictionnaire de la distribution". 

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Prix (abusif) : prix illicites relevant de pratiques abusives, tels qu’entente, pratiques anticoncurrentielles ou pratiques commerciales déloyales. Les prix sont considérés comme abusifs s’ils résultent d’une entrave à la loi relevant du Code du commerce. Les organes de contrôles (Conseil de la concurrence et plus souvent Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) dès lors que des hausses de tarifs constantes, élevées et inexpliquées, viennent perturber le jeu concurrentiel sur un marché. Les enquêtes peuvent déboucher sur des rappels à l’ordre public économique et donner lieu à des poursuites.

Prix (abusivement bas) : nouvelle disposition de la loi Galland créée pour réprimer les tarifs déconnectés des coûts de production, de transformation et de commercialisation. Cette mesure est destinée à frapper les distributeurs qui voudraient, par exemple, vendre la baguette de pain qu’ils fabriquent eux-mêmes à un tarif impraticable par un boulanger. Aucun jugement n’a encore été rendu sur le fondement de cette disposition. Il n’existe donc pas de jurisprudence pour le moment.

Prix (à quai) : prix des marchandises importées au port ou au point d’entrée dans un pays, incluant le fret, l’assurance ainsi que les droits de port et de bassin.  Tous les frais engagés après dépose des marchandises sur le lieu d’importation sont exclus de ce terme

Prix (au comptant) : prix pratiqué lorsque le paiement du produit ou du service est effectué au moment de la commande ou de la livraison.

Prix (arrondi) : prix ramené à l’unité de mesure inférieure la plus proche, à la hausse ou à la baisse. Les prix arrondis sont rendus nécessaires lorsque de grandes quantités financières donnent lieu, lors d’une opération de fractionnement, à plusieurs dizaines d’unités derrière la virgule. Elle peut aussi faciliter les opérations de caisse. En terme d’incitation à la vente, le prix arrondi à l’Euro, par exemple, n’est guère utilisé. Les prix de vente sont ramenés de 5 centimes ou 1 centime en dessous de l’euro, et ainsi de suite en fonction du montant des sommes. Il existe toutefois un modèle aux Etats-Unis où tout est vendu à prix arrondi : le One Dollar Store, qui sert d’ailleurs d’enseigne. Quelques enseignes ont lancé des opérations à prix arrondi – tout à 1 O - qui se sont révélés des succès en terme de fréquentation du magasin, mais de faible rendement financier. 

Prix (barré) : réduction de prix mise en évidence par la comparaison du prix promotionnel et du prix de référence barré. Technique couramment appliquée mais qui ne correspond pas aux soldes et ne permet pas le franchissement du seuil de revente à perte, c’est-à-dire revendre en dessous du prix d’achat du magasin auprès de son fournisseur. Ce prix barré est donc généralement moins intéressant qu’un prix soldé.

Prix (cadre de) : prix maximum fixé par le producteur lui-même d’après ses éléments de prix de revient, mais suivant une grille établie par l’autorité de tutelle et, pour certains postes (conditionnement, frais généraux…), dans la limite d’un pourcentage déterminé. C’est notamment le cas dans l’industrie pharmaceutique.

Prix (catalogue) : prix de vente qui figure sur le catalogue ou sur le tarif du vendeur. Dans le cas où ce prix catalogue a été fixé par le fabricant, il constitue pour le distributeur un prix indicatif qui sera généralement plus élevé que le prix auquel le bien ou le service sera vendu en pratique

Prix (compensatoire) : prix assurant une marge maximum et permettant de compenser d’autres prix à marges plus basses.

Prix (constant) : les prix constants sont les prix diminués de l’inflation. Un secteur qui afficherait une hausse de 5 % d’une année sur l’autre mais dans un environnement qui enregistre une inflation de 2 %, obtient une croissance de prix constante de 3 %. On parle alors d’une évolution du volume de chiffre d’affaires, comparé à une évolution en valeur pour les prix courants.

Prix (courant) : prix tenant compte de l’inflation. Les prix courants sont des prix tels qu’observés, quelles que soient l’inflation ou les hausses de prix qui peuvent s’exercer d’une année sur l’autre, ou sur plusieurs années. L’évolution des prix courants dans un secteur peut ainsi paraître élevée sur une période de cinq ans, mais ramené à prix constants, c'est-à-dire en diminuant l’évolution de ces prix bruts de l’inflation, la hausse peut s’avérer faible. Les prix courants et les prix constants sont utilisés notamment par l’Etat pour la comptabilité nationale : le PIB exprimé en valeur est mesuré au prix effectivement pratiqués pendant l’année étudiée, tandis que le PIB en volume est exprimé en prix constants, et permet d’estimer le volume de production.

Prix (d'équilibre): prix d’échange qui résulte de l’égalisation de l’offre et de la demande sur un marché.
Prix (nominal): un prix nominal est un prix exprimé simplement en unités monétaires. Un prix réel est un prix monétaire rapporté au niveau général des prix. Exemples : le salaire nominal se note W en économie, le salaire réel W / P où P est le niveau général des prix.

Prix (coûtant) : prix égal au coût d’achat. Y compris les frais de transport et de TVA.

Prix (d’appel) : prix bas déterminés par une enseigne sur certaines catégories de produits très demandés ou à forte image, pour attirer la clientèle dans le magasin. Généralement, la marge appliquée par le magasin est faible (voire nulle). Environ 1 000 références, sur 45 000 dans un hypermarché, sont potentiellement efficaces pour des prix d’appel.

Prix (d’écrémage du marché) : pratique consistant à diminuer le prix d’un produit au fil du temps.

Prix (de base) : prix de vente habituel du fournisseur correspondant à la livraison d’une certaine quantité de marchandises qui n’entraîne ni majoration, ni diminution de prix. Il sert de point de départ pour l’application des barèmes d’écart.

Prix (de catalogue) : prix figurant sur un support promotionnel, généralement inférieur au prix habituel.

Prix (de cession) : prix proposé d’un article entre différents services d’une même société.

Prix (d'éviction) : prix généralement inférieur au coût de production et pratiqué par une entreprise – en situation de position dominante le plus souvent – dans le but d’exclure d’autres acteurs du marché. Si l’entreprise “pr2datrice” réussit à éliminer ses concurrents existants du marché et à dissuader de nouvelles entreprises d’entrer sur le marché, elle peut alors relever ses prix et réaliser des bénéfices plus importants. Le droit communautaire de la concurrence interdit aux entreprises en position dominante de pratiquer des prix d’éviction, considérés comme abus de position dominante.

Prix (de départ entrepôt) : prix de vente d’une marchandise ne comprenant pas les frais de port qui restent à la charge de l’acheteur et lui sont facturés en sus.

Prix (de départ usine) : prix d’une marchandise ne comprenant pas les frais de port qui restent à la charge de l’acheteur et lui sont facturés en sus pour le transport jusqu’à destination, à partir de l’usine.

Prix (de gros) : prix auquel la marchandise est vendue par le grossiste aux commerçants.

Prix (de l’acte d’achat) : prix moyen dépensé par le consommateur pour une référence. Il se situe en moyenne entre 3,81 euros et 5,34 euros atteignant, 11,43/12,20 euros pour les alcools et 6,10 euros en épicerie et crémerie. La fréquence à laquelle les produits sont achetés va de 7,4 (surgelés) à 63,3 fois (crémerie) dans l’année.

Prix (de lancement) : selon la stratégie adoptée, le prix d’un nouveau produit peut être fixé soit conformément à la politique d’écrémage (un prix diminué au fil du temps), soit selon une politique de pénétration du marché (prix bas lors du lancement). Le prix peut aussi se situer à mi-chemin entre ces deux politiques.

Prix (de pénétration du marché) : prix fixé à un niveau faible, dès le lancement du produit.

Prix (de référence) : prix de vente conseillé par le fabricant à son revendeur. Le prix de référence, ou prix de vente conseillé, apparaît de plus en plus risqué au regard du droit de la concurrence en ce sens qu’il contribue à un alignement des prix et une entente entre revendeurs de fait. Les décisions du Conseil de la concurrence sanctionnent souvent les fournisseurs qui se risquent à établir des listes de prix de revente. Il existe toutefois des prix de référence sur les marchés encadrés, tels que les médicaments susceptibles de remboursement par la sécurité sociale.

Prix (deux fois net) : prix intégrant les ristournes. Ces ristournes sont généralement liées à un objectif de vente et attribuées en fin d’année, d’où le second nom de remises de fin d’année.

Prix (deux fois net et demi) : en déterminant soit certains services comme entrant dans les remises et ristournes, soit en limitant le niveau de coopération commerciale à un certain seuil du chiffre d’affaires du produit, on pourrait créer un SRP intermédiaire que certains ont baptisé le « 2 fois net et demi ». Bien cogité, mais assurément inapplicable : il reviendrait à fixer le prix des services… et serait très probablement contraire au Traité de Rome.

Prix (de revente imposé) : pratique interdite, à l’exception de quelques secteurs comme la pharmacie.

Prix (de revient HT) : prix égal au prix d’achat HT plus les frais de transport, moins la remise sur facture.

Prix (de vente) : prix proposé aux clients. Il doit correspondre, pour une bonne gestion, à la marge brute recherchée augmentée d’une provision correspondant à un ratio de démarque. Il faut donc évaluer la démarque inhérente à chaque produit (entames, dessiccation, parage, risques de vol…). Or, dans bon nombre de cas, les responsables n’ont qu’une connaissance approximative de leurs objectifs de marge et des méthodes de calcul de celle-ci. Ils confondent aussi allègrement la marge et le coefficient. Résultat : soit ils appliquent de manière répétitive un coefficient préétabli par la centrale, soit ils essaient de moduler ces coefficients selon les produits mais sans tenir compte d’aucun paramètre de quantités vendues ou de risques produits.

Prix (de vente moyen) : chiffre d’affaires divisé par le nombre de références vendues.

Prix (du livre) : prix régi par le système du prix unique imposé et fixé par l'éditeur ou l'importateur de livres. Dans ce système, le libraire ne peut faire varier sa marge brute qu'en agissant sur le prix d'achat. Dans le système de prix net (libre), le commerçant peut à la fois agir sur le prix public et sur le prix d'achat pour faire varier sa marge.

Prix (du marché) : moyenne (pondérée par les chiffres d’affaires) des prix pratiqués pour un produit.

Prix (facial) : celui indiqué sur le produit. Ce qui est fréquent dans la presse et le textile mais très rare dans les produits de grande consommation depuis l’arrivée du scanning. Intermarché est toutefois revenu en 2006 à l’étiquetage du prix de produits lui appartenant en propre.

Prix (ferme) : prix qui ne peut donner lieu à révision. La loi impose des prix fermes dans les conditions générales de vente des industriels, qui peuvent toutefois donner lieu à des remises en échange de contreparties commerciales ou financières. La loi française interdit de rendre possible la négociation des conditions générales de ventes et du principal poste qui figure dans ces conditions, à savoir les tarifs. Les marchés financiers utilisent également la notion de prix fermes, notamment lors d’une introduction en bourse, quels que soient la demande et le nombre d’acquéreurs.

Prix (forfaitaire) : prix appliqué à un ensemble de biens et de services. Le prix forfaitaire est inférieur au prix unitaire du bien ou du service ou des deux rassemblés. Ce prix forfaitaire s’accompagne nécessairement d’un contrat, par exemple de maintenance d’un produit ou encore d’un service de livraison à domicile.

Prix (franco domicile) : prix incluant les frais de transport. Certaines sociétés exigent dans leurs conditions générales de vente des prix franco de port, pour éviter des conflits entre les enseignes détenant une flotte de transport, comme Intermarché, et celles qui laissent le transport à la charge du fournisseur. Ce qui leur permet de déterminer un prix de revente à perte semblable pour tous leurs clients.

Prix (garanti) : prix fixé au moment de la passation de commande valable jusqu’à la livraison. Le prix garanti a été introduit dans le droit français en 2000, et vise à interdire à des revendeurs de modifier leurs prix, par quelque pratique que ce soit, entre la passation de la commande et la date de livraison. Des concessionnaires de marques de véhicules, notamment, avaient pris la déplorable habitude d’augmenter le coût final des véhicules en imposant de copieux « frais de mise en route ». La loi exige désormais que le prix total affiché au moment de la vente soit strictement identique au moment de la livraison. Les commerçants ont trouvé de multiples parades à cette loi en fixant des clauses abusives qui portent sur de petites sommes et qui ne font jamais l’objet de plaintes. Par exemple, les sites de e-commerce qui livrent un produit défectueux imposent dans leurs clauses des frais de retour de livraison au consommateur. Dans une autre définition, le prix garanti est revendiqué par certains producteurs pour éviter les fluctuations des marchés. Il s’oppose évidemment à la notion du jeu concurrentiel et de l’économie de marché

Prix (HT) : prix d’un bien ou d’un service ne comprenant pas les taxes dues par le vendeur à l’occasion de la vente ou de la prestation.

Prix (illicite) : prix pratiqué ou demandé par un fournisseur ou un commerçant dans des conditions qui contreviennent à une réglementation économique.

Prix (indexé) : prix dont la valeur est rattachée à un indice ou un taux d’intérêt. Le plus connu est le prix du loyer, indexé sur le coût de construction, et qui a fait s’envoler les prix. Il s’agit de prix fixés par la loi. Le prix de l’essence est aussi indexé sur celui du pétrole de fait, mais il ne s’agit pas de prix indexés, puisqu’un revendeur reste libre de fixer son prix.

Prix (juste) : le commerce équitable garantit au producteur un revenu décent, grâce à la fixation d’un « prix juste » négocié. Ce prix doit couvrir les frais de production, les besoins élémentaires du producteur et doit permettre des bénéfices suffisants pour l’amélioration des conditions de vie de la communauté. Les prix sont fixés conjointement par les organismes de commerce équitable et les producteurs. Le prix juste, parce qu’il est garanti à long terme, permet aux producteurs d’obtenir un revenu stable, même pendant les périodes de crise, par exemple dans le cas d’un effondrement des cours de certaines matières premières (café, cacao, sucre…). Cependant, l’ambiguïté de la notion de prix juste demeure. Il est effectivement difficile de définir ce qu’est un niveau de vie décent.

Prix (magique) : prix fixé immédiatement au-dessous d’une unité monétaire pour créer un effet psychologique favorable chez le consommateur (par exemple : 1,99 euros au lieu de 2 euros). On utilise parfois l’expression «prix en trompe-l’œil».

Prix (net de cession) : prix correspondant au seuil de revente à perte. Il est déterminé par le prix de vente au tarif du fournisseur, diminué des remises (quantitative ou autres). C’est le « 1 fois net ».

Prix (net net) : prix ne pouvant donner lieu à aucune remise, rabais ni ristourne. Le prix deux foix net correspond aussi au tarif de l’industriel diminué de remises, mais non des ristournes différées ou des services de coopération commerciale.

Prix (optimal) : prix déterminé afin de permettre à une entreprise de dégager le plus de profits. La rentabilité d’un produit provient du prix auquel il est vendu, et des quantités vendues. Le prix optimal d’un produit sur un marché de niche nécessite une valeur ajoutée importante pour chaque unité vendue, alors qu’un marché de masse vise une masse de marge élevée grâce à une faible valeur ajoutée par unité vendue, mais réalisée avec de grandes quantités. La stratégie des marques de luxe vise à éviter le marché de masse à bas prix, tandis que celle des grands distributeurs consiste à réaliser peu de marges sur des produits attractifs pour attirer la clientèle.

Prix (par multiple) : indication d’un prix, dans un magasin de détail, pour un achat de plusieurs unités de vente d’un même article. L’objectif est d’accroître les ventes et/ou de faire la promotion d’un article.

Prix (plafond) : prix maximum recommandé par le producteur au distributeur. Il ne peut s’agir que d’un conseil et non d’une obligation qui serait alors considérée comme une entrave au jeu concurrentiel.

Prix (plancher) : prix au-dessous duquel un distributeur ne peut vendre un produit sans s’exposer à des sanctions réglementaires.

Prix (prédateurs) : prix abusivement bas ou revente à perte. Pratique rigoureusement interdite et lourdement sanctionnée depuis la loi Raffarin : 76 224,51 euros d’amende. En réalité, il n’existe que peu de cas de sanctions par la justice pour des pratiques de revente à perte.

Prix (psychologique) : prix fixé légèrement au-dessous du seuil que la majorité des consommateurs admettent comme acceptable. Il tient compte de la qualité et de l’image du produit.

Prix (rendu) : coût de revient du produit. Il inclut le prix de vente net du produit et, en cas de vente départ, le coût du transport.

Prix (sensibilité au) : seuil de prix psychologique déterminant l’acte d’achat. Avant d’entrer dans le magasin, le consommateur estime sa dépense par acte et fréquence d’achat. Ensuite, dans la surface de vente, il se trouve confronté à une offre. Si elle est homogène, avec des prix qui grimpent régulièrement, il sera sensible au prix. Si l’offre est hétérogène, avec des ruptures entre les marques nationales, les MDD et les premiers prix, le client se retranchera plus aisément dans ses habitudes. La sensibilité au prix, pour certains marchés, se situe à 1 % de la valeur du produit.

Prix (seuil) : prix au-dessus duquel se produit un blocage psychologique qui freine l’acte d’achat.

Prix (tarif) : prix de départ figurant dans les conditions générales de vente des fournisseurs. Ces tarifs ne peuvent être discriminatoires entre les clients.

Prix (trois fois net) : tarif de l’industriel diminué de l’ensemble des flux financiers servant à l’aide à la revente (coopération commerciale, services divers). 

 

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