Lick s'installe en pro des objets connectés

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Dossier Le groupe Innov8, lors de la débâcle de The Phone House, a racheté les dix-sept plus grandes boutiques du réseau. De quoi trouver des emplacements de choix pour faire naître une nouvelle enseigne, 100% dédiée aux objets connectés. Son nom? Lick, pour love & click...

Lick a ouvert son flagship de La Défense ce vendredi 6 juin 2014.
Lick a ouvert son flagship de La Défense ce vendredi 6 juin 2014.

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Lick, pour faire ses premiers pas en tant qu’enseigne dédiée aux objets connectés, s’installe, à La Défense, juste en face d’un… Apple Store. Même pas peur. En même temps, qui mieux que cet Apple Store pour faire venir de potentiels clients à Lick, qui a tout à écrire, encore, de son histoire ?

Car, sans être sur le même créneau, cette nouvelle enseigne a pour vocation, elle aussi, de s’adresser à tous les fans de high-tech. C’est bien simple, Lick veut régner en maître sur le royaume des objets connectés.

L'Eldorado des objets connectés

Pas loin, d’ailleurs, d’être le nouvel Eldorado, ces objets connectés : d’un marché de 64 millions d’euros l’année dernière en France, il devrait grimper à 150 millions cette année, et bondir jusqu’à 400 millions d’euros en 2015, si l’on en croit une récente étude menée par GfK.

De quoi aisément comprendre pourquoi Lick se lance dans l’aventure, alors même que les acteurs historiques du marché, la Fnac ou Darty, entendent bien pousser leur avantage, elles aussi. Mais la chance d’une toute nouvelle structure, c’est sa souplesse. Un avantage potentiellement clé sur des marchés aussi nouveaux et mouvants que ceux des objets connectés.

Tellement nouveaux, d’ailleurs, qu’il faut d’abord essayer de voir ce qu’on entend par là. Surtout si l’on considère que, demain, tout sera plus ou moins voué à être connecté. « Il s’agit d’objets technologiques qui, grâce à des capteurs et des logiciels embarqués, permettent d’entrer en interaction intelligente avec leurs utilisateurs », explique Stéphane Bohbot, Pdg d’Innov8, le groupe qu’on retrouve à l’origine du projet Lick.

"Malin, beau, utile et propre à susciter l'émotion"

Concrètement, sur les 200 m² du magasin de La Défense, on trouve un peu de tout, depuis des smartphones et tablettes, évidemment, jusqu’à des jeux à réalité augmentée, comme Kazooloo, en passant par des clubs de golf ou des raquettes connectées, capables d’analyser votre style de jeu. Des ampoules, aussi, qui, en plus de permettre de gérer l’intensité lumineuse depuis son smartphone, disposent également d’un haut-parleur intégré, afin de diffuser de la musique. Des pots de fleur intelligents, qui distillent l’eau aux plantes en fonction de leurs besoins. Toute une série de bracelets connectés, également.

« Notre limite, précise Stéphane Bohbot est de passer tous nos produits référencés sous un quadruple tamis. Tous doivent être malins, beaux, utiles et capables de susciter l’émotion chez le consommateur. »

L'agence Workshop a travaillé sur le concept

Pour mettre en valeur ce concept, et l’installer dans le paysage commercial, Innov8 a fait appel à l’agence de design Workshop. « Avec ces objets high-tech nouvelle génération, on entre dans une relation plus charnelle, glissant d’une utilisation 100% fonctionnelle à quelque chose de beaucoup plus émotionnel. C’est ce que nous avons voulu exprimer avec le nom Lick, déclinaison des mots love et click », explique Daniel Lellouche, le président de l’agence Workshop.

Les plus anglicistes auront aussi traduit Lick par « lécher », et ils auront raison. C’est aussi clairement une source d’inspiration, par la grâce d’une citation de Steve Jobs, l’emblématique patron d’Apple, décédé en 2011. « We made the buttons on the screen look so good you’ll want to lick them », déclarait-t-il en l’an 2000. Soit, en bon français, la traduction suivante: « Nous avons fait le bouton de l’écran si beau que vous voudrez le lécher ».

Alliance de grandes marques et de start-up

Pour installer ce nom en façade, Workshop a travaillé sur un système de leds qui permettent une variation de couleurs. On passe du vert au bleu, puis au rouge, et cela attire immanquablement le regard. Cela tombe bien : c’est fait pour cela. Dans la même logique, le magasin est largement ouvert sur l’extérieur avec, à l’intérieur, en mural, toute une série de shop in the shop réservés aux marques partenaires. Les plus grandes, en l’occurrence : Apple, Samsung, Nokia, LG, Sony.

Mais Lick veut aussi, et même surtout, laisser libre cours aux « petits », ces start-up de la « french tech » notamment, qui innovent sans cesse sur le marché des objets connectés. « Le rôle de Lick est de donner une visibilité aux futurs bestsellers du marché, soutient Stéphane Bohbot. Notre volonté est d’accompagner ces initiatives à travers notre réseau de magasins. »

Un réseau né du rachat de 17 magasins The Phone House

Cette boutique de La Défense, la plus grande avec ses 200 m², est déjà la neuvième pour Lick. La première a ouvert fin mars dernier, dans le centre commercial de Carré Sénart, près de Melun. C’est dire si le déploiement est rapide. Mais c’est normal : Innov8, lors de la débâcle de The Phone House, en a profité pour faire l’acquisition de 17 points de vente, tous dans de grands centres commerciaux. D’ici la fin de l’été, les 17 magasins auront tous ouvert, et Lick pourra déployer ses ailes bien plus aisément.

Le pari, évidemment, est audacieux. Mais, derrière Lick, comme on le disait, on trouve Innov8, un groupe solide avec ses 270 millions d'euros de chiffre d’affaires l’année dernière. « Via notre division Extenso Telecom, nous sommes déjà le premier distributeur français de téléphonie mobile et objets connectés via notre activité de grossiste », soutient ainsi le Pdg. De bon augure pour Lick. Car l’enseigne va avoir besoin de temps pour s’installer. Mais comme elle doit se concevoir comme le maillon d’une chaîne bien plus importante, on peut a priori être rassuré quant à son avenir.

Sa vocation est d’ailleurs de servir de laboratoire. Ou plutôt de pépinière : Lick qui accompagne les start-up innovantes, les référence en exclusivité, le temps qu’elles fassent leur preuve avant, éventuellement, de les voir descendre dans d’autres canaux de distribution, disons plus… mass-market.

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