Lissac mise sur l'impression 3D pour démocratiser son offre de sur-mesure

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L’impression 3D… Chacun se rend bien compte que cette technologie est vouée à un grand avenir. Mais, une fois ceci accepté, chacun tâtonne, aussi. Que faire avec ça ?

Lissac croit fermement en l'impression 3D.
Lissac croit fermement en l'impression 3D.

Un outil marketing, destiné à en faire voir « plein les yeux » à ses clients, et à donner de soi une image technologique et moderne, comme c’est le cas chez Auchan, qui propose une de ces imprimantes 3D dans son magasin d’Aéroville ? Ou bien un outil industriel – ce qu’il est, avant tout ? Mais, dans ce cas, comment le valoriser auprès de ses clients ?

Une nouvelle ère pour le sur-mesure

Lissac a visiblement trouvé la solution, permettant de marier « amont » et « aval », intérêt industriel et concrétisation commerciale. Depuis près de trois ans, Lissac, enseigne du groupe Optic 2000, propose un service de conception, sur-mesure, de lunettes. Une manière, pour les clients, d’être bien sûr certains de ne pas retrouver, ailleurs que sur leur nez, la même paire de lunettes. Et une manière, surtout, pour Lissac, de trouver-là un service propre à lui donner un avantage « différenciant ».

Ce « sur-mesure » trouve maintenant, grâce à la 3D, une ampleur nouvelle. Jusqu’à présent uniquement réservé aux clients parisiens du magasin d’Opéra, il est maintenant déployé à l’ensemble des 210 points de vente Lissac. Il est, surtout, beaucoup plus efficace. Une fois le choix arrêté et les dessins préparatoires établis, l’imprimante 3D prend le relais pour fabriquer un prototype 3D.

Quatre montures 3D en 2h

La machine, installée dans l’atelier Lissac, à Clamart (Hauts-de-Seine), dite à « stéréo lithographie (SLA) », utilise la lumière UV pour solidifier des couches de plastique liquide de trois microns d’épaisseur. Elle s’avère capable d’imprimer simultanément jusqu’à quatre montures complètes en deux heures.

Ce prototype d’essai ainsi obtenu est loin d’être un gadget. « Avant, le client procédait aux essayages avec une plaque d’acétate de 1mm reprenant la forme de la face avant de la monture. Maintenant, il a à disposition une monture complète », résume Benjamin Hakoun, cofondateur de la société FittingBox, qui s’est spécialisée dans l’e-optique.

Demain, le scan du visage directement

De quoi pouvoir ainsi beaucoup plus précisément ajuster les différentes réglages, avant d’engager la production finale – dans des machines encore classiques, elle. Et Benjamin Hakoun entend bien ne pas s’arrêter en si bon chemin. A l’origine de la création de sa start-up, en 2006, une intuition forte : la réalité augmentée a toute sa place dans le marché de l’optique. « Demain, avec la reconnaissance faciale et la 3D, il sera possible de scanner le visage en 3D, explique-t-il. Ainsi modélisé dans les moindres détails, au millimètre, on pourra adapter les réglages des lunettes directement, en prenant en compte les spécificités de la morphologie de chacun, taille et forme du nez, des oreilles et même longueur des cils. »

Le plus intéressant, peut-être, dans cette histoire, c’est de voir que c’est Lissac, enseigne « en dur », qui s’engage dans cette voie, avec plus d’avance et de force que les pureplayers du secteur. Eh oui ! les vertus de la technologie et du numérique ne sont pas que des armes utiles aux « nouveaux » pour vaincre les « anciens ». Elles sont au contraire, pour ces « anciens », ces acteurs historiques, une source d’innovation pour leur permettre de garder leur avantage concurrentiel. La différence n’est en effet pas de savoir si vous êtes en « dur » ou en « ligne », mais de savoir si vous innovez ou non…

Quand une enseigne en dur donne le la sur l'e-optique

« Nous sommes à l’ère d’un nouveau modèle avec la 3D, s’enthousiasme ainsi Didier Papaz, Pdg du groupe Optic 2000. Et il est absolument faux de croire que cela peut être préjudiciable à un réseau de magasins physique. Le passage chez l’opticien est, et restera obligatoire. Rien ne remplacera jamais ce lien entre le professionnel et son client. » « Cela va révolutionner le monde et, nous, on l’applique déjà dans notre réseau de distribution », renchérit Marc Klein, directeur de l’enseigne Lissac. Le tout pour la somme, minimale, de 520 euros. Et trois semaines d’attente entre le premier rendez-vous et la livraison finale.

 

Deux heures pour imprimer en 3D quatre montures. Rapides et, surtout, efficace: de quoi en tous cas procéder aux nécessaires ajustements en utilisant un prototype complet, et non plus une simple face.

 

Demain, la reconnaissance faciale et le scan du visage en 3D. On pourra alors testé directement ses futures lunettes et procéder aux bons réglages facilement pour adapter les lunettes à la morphologie de chacun: taille et forme du nez, des orreilles, longueur des cils, etc.

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