Livraison, les casiers ouvrent de nouveaux débouchés

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Packcity va installer 1 500 consignes automatiques en centres-villes, centres commerciaux ou magasins. Avec l'e-commerce et le retrait des commandes en magasin, les enseignes examinent l'implantation des casiers de livraison.

Le succès des commandes en ligne (+ 15% estimés en 2013) et de l'un de ses avatars, le retrait en magasin (click et collect), font éclore un nouveau type de livraison. Les consignes automatiques - déjà déployées aux États-Unis par Amazon, qui en équipe des magasins de proximité contre une « dîme », ou par Walmart, aux arrière-caisses de certains hypers - traversent l'Atlantique. Darty avait déjà défriché le terrain hexagonal en 2013, en équipant six magasins franciliens de casiers de retrait « darty.com ». Selon nos informations, jusqu'à 80% des commandes web retirées en magasin le sont désormais dans ces consignes, un service gratuit pour le client.

Dans l'alimentaire, Dia teste des casiers réfrigérés en région parisienne (LSA n°2304), tandis que Monoprix négocie des emplacements de ce genre dans les gares SNCF. Un virage décisif est en train de s'opérer, d'autant que Packcity, une coentreprise détenue par Geopost (La Poste) et Neopost, a annoncé la semaine dernière l'installation de plusieurs milliers de casiers, dans 1 500 emplacements à travers la France, sous deux ans.

 

Essor dans la distribution spécialisée

 

« Nous les implanterons dans des centres commerciaux, centres-villes ou magasins », annonce Alain Férard, le PDG de Neopost ID, qui ne cite pas de lieu ni de nom. Des projets avancés concernent la distribution spécialisée, où la dernière période de Noël s'était traduite par un essor de l'offre de click et collect. Les clients ont suivi, la Fevad estimant que 21% des acheteurs en ligne ont préféré retirer leur commande en magasin, contre 13% un an plus tôt. Une moyenne qui serait encore supérieure dans certains secteurs. « Les clients ont vite saisi l'intérêt du click et collect, confirme un distributeur spécialisé dans le sport. C'est évidemment un service sur lequel nous parions à l'avenir. »

Les premiers retours d'expérience sur le pilote que mène depuis quelques mois Packcity, dans trois Monop' et deux centres commerciaux franciliens (L'Ilo d'Immochan à Épinay-sur- Seine, et Créteil Soleil, de Klépierre), traduisent une nouvelle attente des clients : prélever très vite leur produit. « 60% des commandes passées en ligne sont retirées le jour même dans les magasins tests », révèle Alain Férard.

 

Trois jours de délai de retrait

 

Une célérité tranchant avec les traditionnels points-relais chez des commerçants. En moyenne, un colis y reste stocké huit à dix jours. « Pour Packcity, nous tablons sur un délai moyen de retrait de trois jours », indique Laurent Soleilhac, le directeur marketing de Pickup Services (Geopost). Le nouvel opérateur proposera un modèle économique de location de casiers. Ainsi, 1 000 consignes seront réservées à Geopost et à ses clients, le reste du réseau étant ouvert à d'autres transporteurs, aux distributeurs généralistes, ou aux distributeurs proposant des services de click et collect.

Une annonce qui intervient dans une période où les enseignes et les logisticiens opèrent une veille attentive sur les nouvelles opportunités de livrer leurs clients. « Il reste beaucoup de choses à inventer pour accomplir le dernier kilomètre et livrer nos produits dans les meilleures conditions et à des coûts acceptables », estime Jean-Michel Guarneri, directeur supply chain de vente-privee.com et président de l'Aslog, l'Association française pour la logistique. Selon lui, les consignes automatiques entrent dans ce spectre : « Si elles sont implantées sur les lieux de flux clients, cela facilite indiscutablement le retrait. »

Autre avantage, cela réduirait les coûts de livraison. « Ce qui coûte le plus cher aux e-commerçants, c'est la livraison manquée, lorsque le client ne se trouve pas à son domicile. On ne rencontrerait pas ce problème avec les casiers », évalue-t-il.

49,2% des Français seraient intéressés par les casiers automatiques, dont 12,3% très intéressés. Les CSP+ et les Franciliens sont les plus séduits

35,1% y voient l'atout de l'absence de rendez-vous, mais aussi la possibilité de retourner directement des produits (31,7%)

52,6% citent comme premier frein à l'utilisation les risques de perte ou de vol du code ouvrant le casier Sondage exclusif LSA / Toluna

COMMENT ÇA MARCHE

  • Lors de sa commande web, le client choisit l'option de retrait dans le casier, la date lui étant précisée.
  • Un SMS avec le code à composer pour ouvrir son casier lui est envoyé.
  • En général, la facture lui est adressée par e-mail, une fois sa commande prélevée.

La mutualisation de casiers, stratégie la plus vraisemblable

Un magasin peut dédier des casiers à son service de click et collect. Comme Darty, qui songe aussi à ouvrir ses casiers de livraison à d'autres opérateurs. Un modèle mutualisé qui pourrait vite faire florès : le partage d'îlots de 50 à 90 casiers, comme le prévoit Packcity, garantit un meilleur taux de remplissage et une logistique mieux optimisée. Ces casiers servent au client à y déposer le produit qu'il souhaite retourner, s'il ne lui convient pas ou s'il a changé d'avis.

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Article extrait
du magazine N° 2305

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