Loi Macron : les syndicats toujours aussi opposés appellent à manifester le 16 décembre

|
Twitter Facebook Linkedin Google + Email Imprimer

Le Clic-P, qui réunit quatre syndicats, est farouchement contre le projet d’assouplissement du travail le dimanche et le soir, projet porté par Emmanuel Macron, le ministre de l’Economie. Il appelle les salariés à défiler le 16 décembre.

Les salariés devraient à nouveau manifester le 16 décembre contre le projet de loi Macron.
Les salariés devraient à nouveau manifester le 16 décembre contre le projet de loi Macron.

Alors qu’Emmanuel Macron, accompagné de Manuel Valls, présentait ce matin son projet de loi censé relancer l’activité, la CFDT, la CGT, l’UNSA et SUD se mobilisaient dans les locaux de la Bourse du Travail et, à deux pas de là, place de la République, à Paris. Ils se sont d’abord félicités de l’ampleur grandissante de la contestation, qui fait du travail le dimanche un débat à dimension sociétale. Après Martine Aubry dans une tribune publiée ce matin dans le Monde, Jean-Luc Mélenchon a pris le relais et appelé les salariés à se mobiliser. Et, même du côté des distributeurs, ils ont trouvé un soutien inattendu avec Georges Plassat, le patron de Carrefour qui s’est dit opposé à l’ouverture des hypermarchés le dimanche, mais pour une ouverture des commerces alimentaires, et Michel-Edouard Leclerc, qui se dit contre depuis le début. "Des divisions importantes apparaissent au sein de la majorité, soulignent les syndicats. Ce n’est pas sûr que cela débouche sur un vote contre, mais plutôt sur un compromis boiteux comme d’habitude au PS". Et toc !

Pas d'effets sur le chiffre d'affaires

Sur les effets du travail dominical, le point de vue des syndicats ne change pas d’un iota. Karl Ghazi, à la tête de la CGT dans le Clic-P, l’intersyndicale parisienne qui a fait plier plusieurs enseignes dans la capitale, comme Sephora ou le Printemps, est clair : "le travail le dimanche et « en soirée », comme l’appelle le ministre de l’Economie, ne va pas créer du chiffre d’affaires supplémentaire. Il s'agit juste d’un transfert de chiffre d’une zone à l’autre". Et d’ajouter : "les entreprises ne peuvent pas dans beaucoup de cas augmenter la masse salariale. S’il y a des coûts supplémentaires, cela va se traduire dans les prix ou par une baisse des effectifs en semaine".

Les établissements de moins de 20 salariés ? 80% du commerce !

La seule surprise du projet de loi présenté ce matin à l’Elysée – la disparition des seuils de 20 salariés en-dessous duquel les compensations pour les travailleurs du dimanche (repos compensateur et doublement du salaire) auraient été supprimées -, suscite un commentaire ironique. "Depuis le début, on nous disait que les petites entreprises ne pourraient pas suivre, explique Karl Ghazi. S’il doit y avoir des accords de branche ou avec les partenaires sociaux pour les petits établissements de moins de 20 salariés, beaucoup ne pourront pas s’adapter. Or, ils constituent 80% du commerce". Quant aux fameuses ZTI (zones de tourisme internationales), l’extension du travail jusqu’à minuit les fait bondir. "70% des salariés du commerce sont des femmes".

Tous les salariés sont appelés à manifester le 16 décembre. Ce sera la deuxième manifestation après celle du 14 novembre qui avait réuni 1500 personnes.

Réagir

Pseudo obligatoire

Email obligatoire

Email incorrect

Commentaire obligatoire

Captcha obligatoire

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

 
Suivre LSA Suivre LSA sur facebook Suivre LSA sur Linked In Suivre LSA sur twitter RSS LSA