Marchés

Lorsque le mauvais temps fait perdre 200 millions d'euros aux produits de grande consommation

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Pour Iri, "le printemps 2016 a été particulièrement médiocre (et c’est un euphémisme)". Au-delà du ressenti, qu’en a-t-il été en termes de conditions météorologiques et quelles en ont été les conséquences sur l’activité des marchés en hypers et supermarchés (HM+SM) ? L'analyse du panéliste.

La météo a pénalisé l’activité des PGC de 0,5% et pour un montant total de plus de 200 millions d’euros. (iRi)
La météo a pénalisé l’activité des PGC de 0,5% et pour un montant total de plus de 200 millions d’euros. (iRi)© agcreativelab - Fotolia
Cette impression d’un printemps 2016 "pourri" est confirmée par les données publiées par Météo France. Le premier trimestre 2016 a en effet été particulièrement doux au point que certains ont même parlé d’absence d’hiver, cette année. Le mois d’avril a été beaucoup moins chaud que l’an dernier et tout juste en ligne avec les normales saisonnières.Les températures durant le mois de mai sont assez proches à la fois des normales et de celles de 2015 mais les autres indicateurs (pluviométrie et ensoleillement) confirment qu’il n’a pas été très beau. Juin a été particulièrement maussade également, surtout en comparaison avec 2015 qui s’était achevé par une semaine caniculaire à cheval sur juin et juillet.
 
Températures maximales mois après mois
 
 
"Avec plus des 2/3 des catégories PGC météo-sensibles, nous pouvons supposer que ces variations climatiques d’assez forte ampleur ont affecté l’activité globale du secteur mais surtout la vie des rayons et des catégories", note Iri. Finalement, la météo a pénalisé l’activité des PGC de 0.5% et pour un montant total de plus de 200 millions d’euros. Même si les impacts sont faibles sur les 2 premiers mois de l’année, on pourra constater que la douceur de l’hiver a été plutôt défavorable aux PGC. "Les effets de la météo sont importants au cours du mois d’avril et considérables sur le mois de juin.Sur le seul mois de juin, le manque à gagner est de 145 millions d’euros (soit les 2/3 du total)", poursuit Iri.
 
 
L’impact sur les rayons
Les impacts sont naturellement très inégalitaires selon les rayons et les groupes de familles. Ils le sont en taux mais aussi en masse.
Les glaces sont les plus pénalisées par les conditions climatiques cette année dans leur évolution, à hauteur de 9%. Elles perdent près de 50 millions par rapport à l’an passé (près de 36 millions sur les seules glaces individuelles). Les pertes sont à hauteur de 93 millions pour les BRSA : 36 millions sur les eaux, 26 sur les BRSA gazeuses et 31 millions sur les BRSA non gazeuses.
La contraction du marché des bières et cidres (-3,9%) est supérieure à celle des boissons sans alcool. L’impact sur ce rayon atteint 47 millions ; il pourrait être partiellement compensé par l’euro de foot sur le mois de juin. Le DPH est aussi touché en raison d’un impact sur certaines catégories : les insecticides, les produits solaires bien sûr, mais aussi les soins du corps, les déodorants, les gels douches, les dépilatoires… Seules l’épicerie sucrée et la crémerie profitent mais assez marginalement des mauvaises conditions météo . Pour l’épicerie sucrée, c’est pour grande partie grâce à un effet positif sur la confiserie et les tablettes de chocolat. Pour la crémerie grâce à un léger développement des ventes de beurre, de lait, de crème fraiche et de fromages à raclette !
 
 
 
Conclusion
"Le marché des PGC en HM+SM semble cumuler les difficultés sur ce début d’année 2016", conclut iri. Avant d'ajouter: "Il devrait terminer le premier semestre tout juste stable en CA. A la concurrence renforcée du drive, de la proximité et de certaines enseignes à dominante marque propre, viennent en effet se rajouter les perturbations climatiques et sociales. 200 millions pour la météo + 100 millions pour les problèmes d’essence (auxquels on pourrait rajouter à nouveau 500 millions de guerre des prix). Concernant la météo, rappelons que juillet et août 2015 avaient été tout à fait corrects. Ce n’est donc pas du côté du ciel que viendra le redressement au cours des 2 prochains mois".
 
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