Louis Gallois estime que le Cice profite «logiquement » à Carrefour et Auchan

|

Le Commissaire à l’investissement, Louis Gallois, a confirmé que le CICE profitait logiquement d’abord « aux gros bataillons de l’emploi », à savoir la Poste, Carrefour, Auchan et la grande distribution en général. Qu’il étrille allégrement par ailleurs sur les délais de paiement.

Louis Gallois, invité par Arc
Louis Gallois, invité par Arc

Louis Gallois, Commissaire général à l'investissement, n’a pas sa langue dans la poche. Invité à intervenir par le Cabinet Arc sur la situation économique, l’homme en charge des 35 mesures de compétitivité décidées par le gouvernement n’a pas manqué d’évoquer que le CICE – dont il est à l’origine, à la demande du président de la République,  - va profiter d’abord à «la Poste, Carrefour et Auchan, mais aussi Veolia et d’autres très grandes entreprises.  "Quand on vise entre 1 et 2,5 fois le SMIC pour accorder un crédit d’impôt, il est logique que l’on touche les entreprises où se trouvent les gros bataillons", a indiqué l’ancien président d’Airbus et de la SNCF. Le CICE a souvent été présenté comme un ballon d'oxygène pour l'industrie, mais ce sont les services qui devraient en bénéficier principalement.

«J’étais au départ plutôt en faveur d’une baisse directe des charges des entreprises pour leur compétitivité, mais celle-ci aurait aussi bénéficié d’abord à Carrefour et la grande distribution, a poursuivi Louis Gallois. Pour la Poste, je pense que quelqu’un [le gouvernement] va recravater l’avantage à un moment ou un autre. Et comme il y a un problème de compétitivité générale, redonner de l’air aux entreprises de services se répercutera sur les fournisseurs et aux entreprises qui sont soumis à la concurrence internationale». Bref, le redressement productif passerait en quelque sorte par la voie détournée de la grande distribution pour rejaillir sur l'industrie. Voilà au moins un argument de négos pour les fournisseurs avec les enseignes… Est-ce que cela marchera ?

Louis Gallois est aussi intervenu sur les difficultés liées aux délais de paiement, qui sont un problème « franco-français ». «J’ai été patron en Allemagne, je n’ai  jamais entendu parler des problèmes de délais de paiement. Chez nous, c’est culturel !». Et là encore, il vise la grande distribution, «qui n’est pas étrangère aux difficultés de l’agroalimentaire, même si ce n’est pas la seule cause». «La LME a été très utile sur les délais de paiement, mais nous ne sommes toujours pas parvenus aux 60 jours ! La grande distribution est une grande spécialiste du rallongement, en confirmant la commande et en émettant la facture au moment de la livraison». Mais il a bien précisé qu’il n’était pas en charge d’intervenir sur le sujet, «c’est à la DGCCRF de le faire ». Il n’a pas dit non plus que l’avantage financier tiré par les groupes de distribution avec des délais de paiement optimisés pouvait finalement rejaillir sur les fournisseurs. Un oubli ?

Enfin, du point de vue macro-économique, Louis Gallois estime que la France atteint un palier. «Nous ne perdons plus de parts de marché, la valeur ajoutée industrielle ne baisse plus, la balance des biens manufacturés s’est améliorée au cours des huit premiers mois de l’année», avant de reculer. «Nous sommes au fond de la piscine, il y a des signes de redressement, je ne sais pas si on va replonger» ! Sans doute pas, puisqu’il est tout de même difficile de replonger du fond de la piscine…

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter