Luc Chatel se rend en Allemagne pour comparer les prix

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Luc Chatel a réussi son coup en se rendant en Allemagne pour prouver que les prix y sont moins chers qu’en France et que, de ce fait, la loi de modernisation de l’Economie qui se profile sera vraiment utile pour faire baisser les prix.
 
Le secrétaire d’Etat a acheté 16 produits similaires de chaque côté du Rhin, les premiers chez Auchan à Illkirch, près de Strasbourg, le second dans un Kaufland à Kehl, largement fréquenté par des consommateurs français frontaliers en raison des prix plus bas. La moyenne fait ressortir une différence de prix de 14,1 %, avec des écarts conséquents, de 37,37 % sur du thon Saupiquet (1,19 € dans le Kaufland, contre 1,90 € chez Auchan), de 25,74 % pour le shampoing Garnier, de 20,4 % pour le pot de crème Nivéa.

«En venant ici, je veux illustrer ce que je cherche à faire grâce à la loi de modernisation de l’Economie, a indiqué Luc Chatel. Les prix sont inférieurs en Allemagne – ce que certains contestent - parce qu’en France, on ne peut pas négocier les tarifs. Nous allons supprimer le principe de non discrimination pour permettre la négociabilité. La loi actuelle est structurellement inflationniste ».

Dans le panier figurait également des produits agricoles ou peu transformés. Cette fois, Auchan est moins cher que Kaufland : les pâtes premier prix sont 76 % moins chères, le riz 17,2 % et le lait UHT demi-écrémé, 33,9 % moins cher. Luc Chatel s’appuie sur ces chiffres pour justifier que «les produits agricoles ne seront pas concernés par la négociabilité, car ils ne posent pas de problèmes en termes de prix.

Le président de la République a prévenu qu’il ne devrait pas y avoir de pression sur l’agriculture. Le secrétaire d’Etat a également évoqué la réforme de l’urbanisme commercial, insistant sur la nécessité d’attirer de nouveaux entrants pour éviter les «oligopoles et les duopoles qui existent dans les régions ».

Présent dans le magasin de Kaufland, le ministre de la consommation du Bade-Wurtemberg, Peter Hauk, a insisté sur le fait que son gouvernement scrutait de près les entraves à la concurrence des quatre grands groupes de distribution allemands. « La distribution est très concentrée et nous devons veiller à lutter contre les ententes. Les quatre groupes viennent ainsi, le même jour, d’augmenter le prix du lait. Ce n’est pas un hasard ! Par ailleurs, si les Français trouvent ici des produits de grande consommation moins chers, en revanche, les Allemands vont en France pour acheter leur matériel de bricolage. Ce qu’il faut, c’est informer les consommateurs, ce ce que nous faisons ».

Le Bade-Wurtemberg a ainsi financé l’an dernier une étude sur 5 000 produits dans le Land et en Alsace, qui a démontré que les deux tiers étaient plus chers en France qu’en Allemagne. L’étude a été menée par Euro-Info-Consommateurs, un organisme financé par l’Union européenne et les régions pour faciliter les achats en Europe. «Les produits sont parfois trois fois plus chers en France, a indiqué Martine Merigeau, directrice de l’organisme.

Pour la ville de Kehl, la moitié de la clientèle est désormais française et représente 50 % du chiffre d’affaires du commerce. L’euro a créé une véritable mobilité transfrontalière des consommateurs ».

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