Luc Moulin (Plantin) "Nous livrons à Hong Kong où les restaurants ne sont pas fermés"

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Leader français de la truffe fraîche et des produits dérivés à base de truffe, la société Plantin a été affectée par la fermeture des restaurants. Luc Moulin, son Directeur général, nous explique comment la PME traverse la crise.

Luc Moulin, Directeur général de Plantin.
Luc Moulin, Directeur général de Plantin.© STUDIO PENNELLO

LSA : Pouvez-vous nous présenter la société Plantin ?
Luc Moulin : Plantin est le leader de la truffe fraîche et des produits dérivés à base de truffes. Fondée en 1936 par Marcel Plantin, la société appartient à deux familles : les Poron qui ont repris la société en 1986 et la famille Rouhier, à travers un actionnariat partagé. Elle est basée à Puyméras dans le Vaucluse (84), au milieu d’une région truffière. Chaque année nous traitons 50 tonnes de truffes fraîches dans nos ateliers avec une cinquantaine de salariés en haute saison. Le chiffre d’affaires s’établit à 20 M€ (50% dans le frais et 50% dans l’appertisé) dont 55% à l’export avec deux filiales, l’une à Hong-Kong pour servir le marché asiatique, l’autre à New-York pour les Etats-Unis.

LSA : Comment s’est développée l’activité ?
L.M.: Nous sommes spécialisés depuis 1930 dans la première transformation de la truffe noire à destination de la restauration, depuis les chefs étoilés en France et dans le monde que nous fournissons en truffes fraîches entières extra pelées dont la fameuse Tuber melanosporum, jusqu’aux distributeurs pour la restauration hors foyer en passant par les industriels (truffes premier choix, brisures, lamelles, truffe appertisée, etc). Depuis 1970, nous avons créé également un atelier adapté aux champignons secs et aux morilles très haut de gamme. Enfin nous avons ouvert il y a dix ans un atelier "Délices et condiments", avec une large gamme de produits à la truffe comme de l’huile, du sel, du miel, de la moutarde..., conçus dans notre laboratoire de R&D et vendus chez les cavistes, vignerons, épiceries fines, grands magasins (La Grande Epicerie, Le Printemps du Goût, Corte Ingles, Harrods…). Aujourd’hui nous ciblons cette clientèle de particuliers. En 2019 nous avons revu notre charte graphique, commercialisé une trentaine de nouveautés destinées au grand public et ouvert en septembre dernier une boutique et un Institut de la truffe à Puyméras.

LSA : Comment êtes-vous organisés depuis le début de la crise ?
L.M.: Nous travaillons avec un effectif réduit dans nos ateliers en appliquant les mesures barrière (gel, masques, blouses) et la distanciation. Nous sommes certifiés IFS Food. Les normes d’hygiène étaient déjà très strictes dans notre activité. La crise n’a fait que les renforcer un peu plus.

LSA : Comment avez-vous été impactés par la crise ?
L.M. : La saison de la truffe, du 15 novembre au 15 mars, s’achevait lorsque le confinement a été déclaré. Cela nous a permis d’éviter la catastrophe. Il faut savoir que nous réalisons 50% de notre chiffre d’affaires sur 3 mois (novembre, décembre, janvier) et 50% sur le reste de l’année. Depuis le 15 mars, l’effectif a été réduit de moitié et nous sommes attentifs aux signes de reprise. Sur le grand export, c’est la logistique au niveau du fret aérien, plus que la demande, qui a été le plus compliquée avec la difficulté, dans un premier temps, de trouver des interlocuteurs. Aujourd’hui les choses se remettent en place. Nous livrons des produits appertisés en Asie car les restaurant ne sont pas fermés à Hong Kong, Taïwan et le Japon s’est bien repris. La situation est plus compliquée aux Etats-Unis et en Europe où il n’y a pas de signe de réouverture pour la restauration.

LSA : Comment voyez-vous l’avenir ?
L.M.: Nous restons optimistes. Si la sortie de crise a lieu à la fin du premier semestre, l’impact sur notre activité sera de 10%. Nous sommes plus inquiets sur la partie restauration et la difficulté de retrouver une clientèle qui pèse environ 20% de notre activité. Difficile de savoir, en effet, comment réagiront les Français par rapport à tous les lieux de fréquentation sociale, après le déconfinement. Le cours normal des choses ne reprendra pas d’emblée. Il faudra être patient.

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