Lur Berri s'empare de Labeyrie

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La coopérative basque est devenue actionnaire majoritaire de Labeyrie, après le départ de l'islandais Alfesca. L'entité, renommée Labeyrie Fine Foods, est désormais détenue à 100% par des capitaux français.

XAVIER GOVARE, PDG de Labeyrie Fine Foods
XAVIER GOVARE, PDG de Labeyrie Fine Foods© DR

«C'est le retour au bercail, ça fait plaisir à toute l'équipe, d'autant plus que notre production est locale. » Xavier Govare, PDG de la nouvelle structure Labeyrie Fine Foods, a le sourire dans la voix. Présent dans le groupe Labeyrie depuis vingt-deux ans et à sa tête depuis 1999, il a connu la perte du pavillon français, passé sous couleurs suédoises en 2002 (Industri Kapital) et l'époque de l'islandais Alfesca (2004-2012). Alors forcément, avec la prise de participation du groupe coopératif basque Lur Berri et une entrée au capital par un fonds d'investissement lui aussi français - LBO France -, il flotte comme un air de revanche dans l'entreprise landaise de Saint-Geours-de-Maremne. Pour autant, Xavier Govare prévient : « Ce nouvel actionnariat s'inscrit dans la cohérence de notre groupe, rien ne va changer. »

 

Fournisseur de longue date

C'est aussi le message véhiculé par Lur Berri, qui détient 62,8% du groupe Labeyrie Fine Foods depuis le 30 janvier. « Nous y pensions depuis longtemps. Cette prise de participation n'est pas une surprise, c'est le fruit d'un processus engagé avec Labeyrie depuis 2009. Maintenant, le business plan de l'entreprise est déjà en place, et nous ne perturberons rien, assure Olivier Gémin, 53 ans, directeur général de Lur Berri. Le fonctionnement demeurera le même, nous restons leur fournisseur. Aucun changement de politique ou de personnel n'est à prévoir. Le groupe dispose de produits et d'un portefeuille de marques d'excellence, nous n'avons rien à changer. »

La relation entre les deux entités n'est pas nouvelle : « Déjà, au moment de la crise financière [en 2008, NDLR], nous étions leurs fournisseurs de canards gras depuis une dizaine d'années », se souvient Olivier Gémin, dans la coopérative depuis 1987. À l'époque, Labeyrie est détenu par le groupe Alfesca. La firme islandaise subit la crise de plein fouet ; elle a perdu la moitié de sa capitalisation à la Bourse de Reykjavik. Lur Berri lance donc une OPA amicale à hauteur de 32% sur le capital flottant, Olafur Olafsson reste majoritaire (à 40%). Mais la banque islandaise Kaupthing Singer et Friedlander, qui détenait encore 24% de participation, traverse aussi une mauvaise passe ; la coopérative basque rachète un an plus tard cette partie et monte sa prise de participation à 49,8%. La dernière étape est franchie début 2012 avec le départ d'Alfesca : « Nous avons signé le closing le 30 janvier pour acter la fin du processus », indique Olivier Gémin.

 

« Épicerie fine »

« Ce qui change avec ce nouvel actionnariat, c'est qu'on s'inscrit dans la durée. Lur Berri nous propose de la stabilité, il n'y a pas d'horizon de temps », soutient Xavier Govare, à la tête de la structure 100% française. Pour le nom du groupe, « nous avons choisi notre plus belle marque en ajoutant la mention " Fine Foods " [épicerie fine, NDLR] pour insister sur notre vocation à faire de l'alimentaire festif et haut de gamme, et nous l'avons inscrite en anglais pour réaffirmer notre ambition européenne ». Répartis sur la France et le Royaume-Uni pour les sites industriels, les diverses marques du groupe alimentent déjà les linéaires de la grande distribution européenne. Avec un chiffre d'affaires en croissance « de 5 à 6% par an », selon Xavier Govare, Lur Berri mise sur une entreprise en pleine forme.

Le groupe coopératif du Sud-Ouest n'en est pas à son premier coup d'essai. Les opérations de croissance externe font sans cesse parler de cette puissante structure. À la tête de Spanghero depuis 2009 (entreprise de Castelnaudary spécialiste des produits élaborés) à hauteur de 90%, actionnaire de référence sur Arcadie Sud-Ouest (97%), ses opérations d'expansion en font une coopérative ambitieuse. « Nous souhaitons constituer un groupe régional implanté dans les terroirs de production, précise Olivier Gémin. L'objectif est de faire le trait d'union entre le producteur et le consommateur, en créant de la valeur ajoutée entre les deux. »

L'ACQUÉREUR

« Cette prise de participation n'est pas une surprise. C'est le fruit d'un processus engagé avec Labeyrie depuis 2009. Maintenant, le business plan est déjà en place, nous ne perturberons rien. » OLIVIER GÉMIN, directeur général de Lur Berri

LE PDG

« Ce qui change avec ce nouvel actionnariat, c'est qu'on s'inscrit dans la durée. Lur Berri nous propose de la stabilité, il n'y a pas d'horizon de temps. » XAVIER GOVARE, PDG de Labeyrie Fine Foods

Des marques fortes...

- Labeyrie est leader en saumon fumé et sur le marché du foie gras (23,6 % de part de marché) 233 M € Le CA en 2010* - Delpierre se positionne sur les poissons fumés et les crustacés 43 M € Le CA en 2009* - Blini est connue pour ses toasts et ses tartinades 51 M € Le CA en 2011 Le groupe est aussi un grand fabricant de MDD * Derniers chiffres disponibles

 

... d'un groupe désormais français...

Fini l'époque de l'Islandais Alfesca ! Lur Berri, groupe basque présent dans le capital de Labeyrie depuis 2009, est devenu actionnaire majoritaire avec 62,8 % des capitaux. Il est soutenu par LBO France, fonds d'investissement français, qui entre au capital à hauteur de 33,3 %. Le management détient toujours une faible participation (3,8 %).

... à l'ambition européenne

700 M € de chiffre d'affaires en Europe (principal marché : la France) 15 sites industriels répartis en France et au Royaume-Uni 3 000 salariés

 

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Article extrait
du magazine N° 2214

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