Luxe L'Oréal va lancer 200 sites internet dans les deux prochaines années

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INTERVIEWINTERVIEW Rencontré sur le salon One-to-One à Monaco, Vincent Stuhlen, directeur international de la division produits Luxe L’Oréal, détaille son plan d'ouverture de 200 sites internet dans le courant des deux prochaines années. Un plan stratégique qui vise à accélérer très nettemant l'e-commerce puisque l'objectif est de porter la part de ce canal à 8% du chiffre d'affaires d'ici 2017, contre 5% aujourd'hui.

Vincent Stuhlen
Vincent Stuhlen© Fred Goudon // L'Oréal

LSA : La division luxe de L’Oréal accélère sur l’e-commerce, comment cela se traduit-il ?

Vincent Stuhlen : Nous allons sortir 200 sites dont de nombreux sites e-commerces dans les deux prochaines années dans le monde. Ce projet concerne toutes les marques de la division luxe de L’Oréal et s’inscrit dans la digitalisation totale du marketing et des ventes du groupe qui est en cours.

LSA : Vous parlez de "flagship", un terme associé au commerce physique. Pourquoi une telle analogie ?

V. S. : Nous avons choisi ce terme à dessein car il est déjà utilisé dans la distribution "physique" par les maisons de luxe. Elles y investissent beaucoup en termes d’images, de service à la vente et de relation client. Cela a fondé notre modèle car nous voulons reproduire l’expérience offline sur internet.

LSA : Quelle est la cadence de mise en ligne de ces sites ?

V. S. : La plateforme technique Demandware est prête et le programme va durer deux ans. Nous activons par exemple les pays "émergents" via des hubs centralisés et lorsqu’ils atteindront une taille critique, chaque pays prendra son indépendance. La France fait partie des six pays déjà dirigés localement et son directeur choisi les marques qu’il met en ligne (ou active pour le eCommerce).

LSA : Que représente l’e-commerce chez L’Oréal ?

V. S. : L’e-commerce représente aujourd’hui 5% de notre chiffre d’affaires et nous souhaitons le faire passer à 8% d’ici 2017. Nous travaillons également sur le ROPO (recherche en ligne et achat en magasin) dont nous mesurons une influence de plus en plus forte dans les achats de nos consommatrices.

LSA : Quelles synergies mettez-vous en place avec les différents circuits de distribution ?

V. S. : Que ce soit pour la vente en ligne ou la préparation des achats en ligne effectués ensuite dans les magasins (ROPO), nous voulons servir nos clients de la même manière. Nous créons donc des synergies avec des services comme le click-and-reserve (réservation en ligne et achat en magasin NDLR), la prise de rendez-vous, ou d’autres.

LSA : L’Oréal Paris a poussé l’expérience achat sur YouTube. Quelle place occupe la vidéo dans votre stratégie e-commerce ?

V. S. : YouTube est le deuxième moteur de recherche pour la beauté, nous l’attaquons donc de deux côtés. Par l’angle de la publicité, et par celui du contenu au service des clients,car nous sommes les mieux placés pour parler de nos marques, que ce soit de manière éditoriale ou en vidéo.

LSA : Quel rôle accordez-vous aux acteurs de vente en ligne intermédiaire généralistes comme Amazon ?

V. S. : Nous restons extrêmement prudents concernant le sélectif dont les contraintes légales sont fortes. Nous cherchons avant tout à travailler avec nos partenaires et les aider s’il le faut à élever les critères de présentation de nos marques en ligne.

LSA : Vous avez beaucoup investit dans l’achat de noms de domaines, est-ce que cette stratégie va se poursuivre ?

V. S. : Nous nous positionnons sur tout ce qui peut aider les clients à trouver nos marques. Cela permet aussi de les protéger.

LSA : Est-ce que le projet e-skin s'inscrit dans cette dynamique ?

V. S. : C’est le projet de la division de la cosmétique active déjà lancé en Chine et bientôt dans d’autres pays. Il symbolise la réflexion multimarques profonde du groupe en partant toujours du besoin consommateur.

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