M & S poursuit son offensive en France

Après les Champs-Élysées, à Paris, et So Ouest, à Levallois-Perret, la marque britannique Marks &Spencer a confi rmé l’ouverture de trois magasins dans les tout prochains mois.

Marks & Spencer

Lors de la conférence de presse de résultats annuels le 21_mai, Marc Bolland, directeur général de Marks & Spencer, ne cachait pas son contentement au vu des résultats de ses deux magasins en France. Sans dévoiler de chiffres, le directeur général a évoqué le succès rencontré par la marque d’habillement féminine Autograph auprès de la clientèle parisienne, dont 40 000_pièces ont été vendues dans l’Hexagone en un an : « Le magasin des Champs-Élysées a atteint la septième place des ventes mondiales sur cette marque, tous magasins confondus », s’est félicité le directeur général du groupe. La clientèle parisienne semble aussi avoir retrouvé le goût des sandwichs et des petits plats préparés made in Britain.

  • 10 Mrds £, à + 1,3% Les ventes du groupe
  • 665,2 M £, à - 3,2% Les bénéfices imposables sous-jacents
  • 2,6 Mrds £ L’endettement (2,5 Mrds £ en 2011-2012)
  • 775 M £ Les dépenses d’investissement 2013-2014
Source : M&S, exercice annuel 2012-2013, clos en mars 2013

Des sites clés

Si le développement des supérettes tout alimentaire Simply Food au travers de franchisés reste en projet, le groupe continue à mettre l’accent sur l’ouverture de ses magasins en propre. Dès cet automne, M & S en inaugurera un de 4 500_m2 dans le centre commercial de Beaugrenelle, à Paris, et un autre, de 4 700_m2, dans celui d’Aéroville. Le troisième, sur 3 500_m2, verra le jour début 2014 à Villeneuve la Garenne. « Les développeurs immobiliers ont réalisé un très bon travail en nous trouvant des emplacements clés, si bien qu’il n’y aura probablement pas plus d’ouvertures de magasins en propre que les cinq déjà annoncés », a indiqué Marc Bolland. La pénétration du marché français est également soutenue par une offensive sur la Toile. Le site français reçoit chaque semaine la visite de 100 000_clients, et les applications introduites cette année ont reçu un écho favorable : le lancement d’un site internet mobile en mars recouvre déjà 6_% du total des visites en ligne, tandis que l’introduction du dispositif de Click and Collect à So Ouest capte 10_% du total des ventes de M&S en France.

 

Explosion du multicanal

Le retour de M&S dans l’Hexagone s’inscrit dans une stratégie de revitalisation des activités de la marque entamée en 2010 avec l’arrivée de Marc Bolland. Ce plan triennal vise à transformer le distributeur britannique en un opérateur international et multicanal. D’ores et déjà, les résultats 2012 font état de progrès : à +_1,3_% en base constante, les ventes du groupe ont été tirées par de bonnes performances dans l’alimentaire (+_3,9_%), à l’international (+_4,5_%) et dans le multicanal (+_16,6_%). En revanche, les ventes non alimentaires ont affiché un recul de 2,4_%, précipitant le groupe dans sa deuxième année consécutive de baisse des profits. Marc Bolland, qui compte beaucoup sur la relance de sa division de prêt-à-porter féminin pour doper les ventes dans ce secteur, s’est dit « ravi » de l’accueil réservé à la collection automne-hiver 2013-2014 présentée mi-mai. Pour mener à bien cette entreprise, le dirigeant a recruté John Dixon, ex-responsable de la division d’alimentation, et Belinda Earl, ancienne dirigeante du grand magasin Debenhams et de la marque de prêt-à-porter Jaeger. Le Français Patrick Bousquet- Chavanne, directeur du développement du groupe depuis septembre 2012, vient aussi d’être promu directeur du marketing.

 

Prudence…

Mais les analystes restent sceptiques : « Certaines initiatives lancées par M&S commencent à peine à porter leurs fruits, et il faudra du temps avant que les implications commerciales se fassent sentir, explique Neil Saunders, analyste au sein de Conlumino. M_&_S est trop peu disposée à prendre des risques et ne souhaite pas modifier ses pratiques d’entreprise. » Pour 2013, le groupe table sur une amélioration du bénéfice imposable, conséquence d’une réduction de son enveloppe d’investissements et d’une amélioration attendue des performances de la division GM. Lorsque cette situation se matérialisera, M & S entend améliorer la redistribution d’argent pour les actionnaires. De quoi redonner espoir aux investisseurs.

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Article extrait
du magazine N° 2276

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