Marchés

Mais où sont passés les produits à base de viande de cheval ?

Scandale très médiatisé, le horsegate, où quand les plats cuisinés au bœuf étaient en partie à base de cheval. Deux mois après, plus un bruit sur ces milliers de plats retirés des rayons des grandes surfaces. Associations, poubelles ou industriels, qui a récupéré ces produits ?

Viande de cheval
Viande de cheval© Richard W.M. Jones // Creative Commons Attribution

« Nous sommes d’accord pour reprendre les plats contenant du cheval ». Les associations carritatives sont toujours unanimes. Selon Didier Piard, directeur de l’action sociale à la Croix-Rouge, les associations sont dans une période de flottement. « Les distributeurs semblent d’accord pour nous donner ces denrées, nous attendons simplement le feu vert de l’Etat et la certitude qu’ils ont été bien conservés, qu’il n’y a pas eu de problèmes sanitaires ». Même l’Ania a du mal à obtenir des informations sur les dons des industriels aux associations, lesquels ont l’habitude de rester discret sur le sujet.

Pourtant, les associations pourraient attendre encore longtemps ces plats. Dans l’urgence, distributeurs et industriels ont-ils pu stocker les produits dans de bonnes conditions ?

A qui la faute ?

« Nous n’avons plus aucun de ces produits, ils ont été récupérés par les industriels », se dédouane Auchan. Même son de cloche chez Carrefour qui s’en remet à la DGAL/ DGCCRF. Selon un porte-parole de l’enseigne : « Carrefour a donné son accord aux fournisseurs pour donner les produits qui leur ont été retournés pouvant contenir du cheval. Les produits fabriqués et livrés depuis la crise sont dorénavant soumis à un plan de contrôle renforcé au niveau de la viande utilisée. » Au niveau local, si certains distributeurs ont surement pu donner en direct à des associations les plats à la viande de cheval, sur le plan national, Banques Alimentaires ou Croix-Rouge n’ont rien reçu.

 « Nous sommes en attentes des industriels », déclare Dominique Lambert, le responsable du service ressources alimentaires de la Fédération Française des Banques Alimentaires.

 

Défiscalisation

Un facteur aurait pu jouer en la défaveur des demandes des associations : la défiscalisation. Retirés des rayons, les plats perdent toute valeur marchande. Il est donc impossible de leur concevoir une défiscalisation. Les distributeurs et les industriels auraient pu se retrouver avec des stocks à valeur nulle sur les bras, ne pouvant tirer aucun bénéfice de leurs possibles dons. Le gouvernement n’ayant pas donné de consignes précises, chaque enseigne aurait du se débrouiller avec les centres d’impôts dont ils dépendent. La première hypothèse est qu’industriels et distributeurs auraient pu dans certains cas s’arranger avec les centres d’impôts pour défiscaliser en partie les produits et donc les donner aux associations. Dans un second temps, les entreprises auraient pu très localement s’arranger avec les centres de distributions alimentaires et donner une partie de leurs stocks sans contrepartie. Enfin, les détenteurs des denrées retirés pourraient encore être en possession des produits, dans l’attente d’une décision globale.

 

Conditionnement

Des lots entiers auraient-ils été éliminés des stocks ? Probablement. D’autant que certains d’entres-eux pourraient avoir été stockés sur des parkings, cassant la chaîne du froid et les rendant impropres à la consommation. Il est difficile de savoir combien de lots auraient ainsi été détruits. Mais une question repose sur la responsabilité de chacun. Une fois retirés des rayons, les distributeurs ont-ils eu la place pour les conserver au frais ? Les industriels auraient ils pu récupérer les produits invendables ?

 

Un point semble rassembler distributeurs et industriels, c’est la question de la morale quant à donner des produits retirés des rayons pour mauvais étiquetage à des associations de redistribution alimentaire. Pourtant, pouvoirs publics, Banques Alimentaires et Croix-Rouge semblent favorables à toutes initiatives de ce type, dès lors que les produits sont sains sur le plan sanitaire et que l’étiquetage indique les véritables ingrédients utilisés.

 

Autant d’obstacles qui ne permettent pas de savoir où sont passés les plats contenant de la viande de cheval. Une certitude, les associations affirment n’avoir jamais vu la couleur de ces produits. Industriels et distributeurs continuent de se renvoyer la balle, niant avoir stocké ces denrées. Si tous sont d’accord pour donner, tous se méfient des risques liés à une rupture de la chaîne du froid ou à l’impact que cela aurait sur l’image de leur entreprise. Les associations qui attendent des produits pourraient les attendre encore longtemps…

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