Maïsadour redresse la barre et affiche un résultat net positif de 4,8 M€

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Malgré deux crises aviaires successives et une récolte très faible de maïs en 2016, le groupe Maïsadour parvient à redresser la barre. Au cours de l’exercice 2016-2017 clôturé le 30 juin dernier,  la coopérative agroalimentaire dirigée par Philippe Carré affiche un résultat net positif de 4,8 M€.

Philippe Carré, directeur général de Maïsadour
Philippe Carré, directeur général de Maïsadour

« C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour le groupe Maïsadour», déclare sans détours Philippe Carré, directeur général de la coopérative. Au cours de l’exercice 2016-2017 clôturé le 30 juin 2017,  le groupe repasse dans le vert avec un résultat net positif de 4,8 M€ et un excédent brut d’exploitation en hausse de 10% à 39, 3 M€. Son chiffre d’affaires s’inscrit cependant en baisse à 1,3 Mds €. Un recul qui s’explique par  la chute de la production de foie gras depuis ces deux dernières années –entre 2015 et 2017, la filière a vu ses volumes reculer de 44%-.  « Nous sommes satisfaits de ces résultats. La coopérative a fait preuve d’une grande résilience. Notre objectif était de sortir du rouge et nous y sommes parvenus », insiste Philippe Carré.

Une série d’arbitrages

Un tour de force rendu possible par le redressement de certains foyers de perte au sein de MVVH (Maïsadour, Vivadour, Val de Sèvre Holding) qui regroupe Delpeyrat, Sarrade, Comtesse du Barry et Delmas. Au sein de l’entité qui  pèse 414 M€, l’activité saumon en perte après la reprise en 2013 de la société Ledun Pêcheurs d’Islande, alors en redressement judiciaire, a été renflouée. « Aujourd’hui, la marque Delpeyrat s’affirme, avec des produits prémium,  comme le numéro deux du saumon fumé », insiste Philippe Carré.

Côté foie gras, le groupe a réussi à répercuter des hausses de tarifs de 10 à 15% auprès de ses clients, liées au surcoût de la production de canards et a fortement rationalisé sa gamme, privilégiant les produits les plus valorisés et les plus rentables comme le foie gras entier ou le foie gras cru.

Concernant l’outil industriel, des arbitrages ont dû être réalisés comme la cession d’un abattoir au Canada en 2016, la transformation d’un abattoir dans les Landes en station de biosécurité  et la cession d’une conserverie où étaient employées 9 personnes dans le Tarn-et-Garonne.

 « On clôture une séquence difficile. Il ne faut pas oublier que 400 personnes se sont retrouvées au chômage technique à deux reprises. Nous avons essayé de préserver l’emploi mais force est de reconnaitre que la variable d’ajustement a été la main d’œuvre non permanente », détaille le directeur général de Maïsadour. Engagée dans un plan d’économies, la coopérative a dû aussi différer certains recrutements ou remplacement de postes.

Maïsadour 2026, nouvelle feuille de route du groupe

A présent, c’est bien un nouveau chapitre de son histoire que la coopérative s’attache à écrire. Dans un nouveau plan stratégique baptisé Maïsadour 2026, l’objectif affiché est d’adapter le groupe aux défis de demain et surtout d’accélérer cette adaptation. De nouveaux gages doivent être donnés aux 8000 adhérents, dont 1500 contribuent à 80% des approvisionnements de la coopérative. Après avoir développé le blé, le maïs, les semences de maïs et de tournesol ainsi que les légumes (maïs doux, asperges..), de nouvelles cultures comme les semences de colza ou d’Iris -en vue de produire de l’essence naturelle à destination du marché des parfumeurs- font actuellement l’objet de tests. La partie conseil aux adhérents va également être renforcée.

L’adaptation de l’offre aux nouvelles attentes des consommateurs constitue le second pilier de la feuille de route du groupe. Outre les signes de qualité très présents dans le sud-Ouest de la France (IGP, Label rouge…), la coopérative entend mettre davantage l’accent sur les conditions d’élevage des animaux et le bien-être animal. Comtesse du Barry est dotée d’un nouveau site de e-commerce qui permet notamment d’effectuer des commandes depuis l’étranger. Des tests sont actuellement en cours pour le click and collect  et enfin le budget publicité de Delpeyrat et de Saint-Sever va complètement basculer sur le digital.

L’international qui représente 19% du chiffre d’affaires du groupe (mais 80% sur l’activité semences) constitue une autre priorité. L’activité semences met ainsi le cap à l’est (Russie, Ukraine). Les volailles de qualité lorgnent quant à elles les marchés scandinave, allemand et suisse, sensibles aux conditions d’élevage et au bien-être animal. Le foie gras est de nouveau exporté vers le Japon, second marché mondial en valeur et le groupe compte bien renforcer ses positions en Espagne qui constitue le premier marché en volume – contrairement à la France, le produit y est consommé tout au long de l’année-. Quant au jambon sec, il poursuit sa conquête des USA, de la Chine et de l’Europe.

Pour adapter le groupe aux défis de demain, le volet RH constitue enfin un point important de la nouvelle feuille de route avec une volonté affirmée de devenir un employeur attractif et de fidéliser les salariés.

Alors que l’ensemble des acteurs de la filière du foie gras entrent dans une période à risque jusqu’au 15 janvier liée au passage des oiseaux migrateurs, le groupe Maisadour estime avoir fait le maximum en matière de biosécurité. Conformément à la démarche HACCP, l’analyse des risques porte désormais sur l’ensemble de la chaine. Au total, ce sont 11 M€ qui ont été investis dans la biosécurité. « Nous avons les moyens de faire face », estime confiant Philippe Carré.

                                                         

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