Marché U ose le drive-in en différé

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Un associé Marché U de Lyon propose un service bien pensé pour faire les courses en quinze minutes, entre 12 et 14 heures et les récupérer plus tard. Astuces et pragmatisme.

Les clients font leurs cour-ses en quinze minutes au Marché U entre 12 et 14 heures. Leur chariot à peine rempli, ils retournent au bureau sans passer en caisse ni emporter leurs achats ! Les emplettes attendront sagement dans la réserve du magasin jusqu'à l'heure du retour à la maison. Ce service de proximité allie rapidité et confort d'achat. « Près de la moitié des clients de ma zone de cha-landise sont des employés de bureau qui viennent travailler en voiture. Ils font leurs courses à midi pour ga-gner du temps, sans y passer la totalité de leur pause déjeuner », explique René Chapard, associé Marché U de Lyon Childebert, qui a imaginé le service Bip & Go, et l'a lancé il y a deux mois et demi.

Du bricolage de génie

Son coup de génie a été d'étaler les quatre étapes des courses (choix des produits, scannage, paiement, chargement) dans la journée. L'objectif est de retenir les clients le moins longtemps possible dans le magasin, et de leur éviter les étapes les plus pénibles (attente en caisse, transport des courses). Au final, le service est un hybride entre le drive-in, testé par différents magasins U, et la consigne ! « Différer des opérations d'un processus global pour améliorer la productivité du temps est un concept très en vogue. Né dans l'industrie, il commence à s'appliquer dans les servi-ces », analyse Bruno Marzloff, l'a-nimateur du Groupe Chronos.

Après l'idée, la traduction techni-que. Là aussi, René Chapard donne dans le pratique. Le système développé avec l'aide de l'artisan qui assure la maintenance du magasin est un modèle d'ingéniosité. Tous deux ont composé la solution Bip & Go, en assemblant des équipements hétéroclites dont certains sont empruntés à l'industrie. C'est le cas du logiciel qui attribue les numéros aux clients. Dans son univers d'origine, il sert à numéroter les produits d'une même série. Même astuce avec les bips qui permettent aux clients de s'annon-cer : de simples accessoires domestiques utilisés pour ouvrir des portes à distance... 20 ont été mis en circulation pour commencer, mais le système peut en gérer 100. « On les a simplement adaptés pour qu'ils déclenchent l'affichage d'un numéro sur un écran », raconte, amusé, René Chapard. Quant à l'affichage des numéros, il est confié à un écran LCD, identique à celui de Monsieur Tout-le-monde pour regarder la télévision.

Ce package « made in Chapard » est en cours de standardisation. « Nous sommes en train de modéliser le service au niveau national pour le proposer à nos associés », explique t-on à la centrale de Système U. Le service Bip & Go a d'ailleurs été présenté à tous les associés lors de la convention nationale début mai.

Simple et gratuit, Bip & Go a de quoi faire des émules chez U. « Les » clients qui y recourent présentent en effet un panier moyen de 110 E, huit fois plus élevé que ceux venant à pied. De plus, la désynchronisation des courses et du paiement fluidifie le passage en caisse à l'heure du déjeuner. «Dans un magasin de 300 m2, deux chariots remplis encombrent les caisses. L'encaissement différé permet de les mettre en attente, pour faire passer en priorité les clients achetant 2 ou 3 articles pour le déjeuner », conclut René Chapard.

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Article extrait
du magazine N° 1911

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