Marges trop élevées sur les produits agricoles ?

|

L'Observatoire des prix et des marges fournit un rapport sur la répartition des marges dans les filières. Sans permettre d'y voir plus clair sur d'éventuels abus.

Philippe Chalmin, économiste missionné par Bruno Lemaire, ministre de l'Agriculture, pour présider un Observatoire de la formation des prix et des marges des produits alimentaires, a fait ce qu'il a pu dans le rapport qu'il vient de remettre pour exposer où sont réalisées les marges dans les fruits et légumes, la viande et les produits laitiers. « Sans porter de jugement, je m'interroge sur le taux de marge réalisé par la grande distribution, notamment sur le porc. Je ne dis pas qu'il y a un grand méchant. Mais il faudrait que nous puissions analyser le taux de marge brute de la distribution au niveau d'un rayon entier ; or, nous n'avons pas eu accès à ces données. » Le rapport est donc un « constat » et pas encore une « explication ». Les taux de marge brute des GMS varient de 35 à 59% dans les fruits et légumes frais, et jusqu'à 100% sur les produits les moins chers. Les pertes, la fragilité des produits expliquent ces niveaux.

 

Rendez-vous en 2012

Dans les produits laitiers, les marges industrielles vont de 16% dans l'emmental à 39% pour le lait UHT et 50% pour le yaourt, celles des distributeurs se situant pour l'emmental à 35% du prix de détail, à 30% pour le yaourt (et elles baissent !) et à 22 % pour le lait UHT. En viande bovine, les marges industrielles (23%) et de la distribution (29%) sont plus faibles, mais elles augmentent. Pour le porc, la marge brute industrielle est de 9%, contre 50% pour la marge de la distribution. Les industriels de la volaille n'ont pas donné de chiffres et la distribution non plus.

Ces marges sont-elles abusives ? L'Observatoire n'y répond pas et n'est pas près de le faire. Car rien n'est plus compliqué que la formation des prix, laquelle est mouvante, en fonction de critères si multiples que nul ne peut s'y retrouver. Par ailleurs, la distribution ne gère pas ses rayons en fonction des taux de marges, mais de la concurrence locale et des masses de marges. Or, un taux de marge élevé sur un produit à faible prix comme le porc rapporte beaucoup moins qu'un taux marge faible sur un produit à prix élevé comme le boeuf. Prochain rapport, en 2012. Après la présidentielle, et... si le nouveau gouvernement le souhaite !

 

LES CLÉS DU RAPPORT CHALMIN

 

- Des marges importantes sur la viande de porc et le jambon, ainsi que pour les fruits et légumes pour la distribution

- Des marges élevées dans les produits laitiers, tant pour les industriels que pour la distribution

- Des marges très faibles pour les industriels de la viande

- Un manque de transparence sur la formation de la marge brute des distributeurs

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2189

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

Appels d’offres

Accéder à tous les appels d’offres