Marseille muscle son coeur et soigne ses artères

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Équipement commercial - La cité phocéenne travaille à résorber une évasion commerciale chronique. Après avoir renforcé ses « remparts » en périphérie, la ville redynamise son centre-ville qui se prépare à accueillir le tramway en juin. En faisant moisson d'enseignes.

D'ici à 2010, Marseille aura gagné près de 100 000 m2 de surfaces commerciales neuves. La plupart naîtront autour du Vieux Port, de la rue Saint-Ferréol au quartier d'affaires de la Joliette en passant par la rue de la République. Mais, avant ce travail au coeur, il fallait d'abord bien établir les « postes frontières » de la cité phocéenne.

Ainsi, dans les quartiers périphériques, la grande distribution renforce son offre depuis trois ans, avec une moisson de nouvelles enseignes, pour bloquer les velléités d'évasion commerciale d'une population sollicitée par les équipements de Plan-de-Campagne, de Grand Vitrolles et d'Auchan Aubagne.

L'Est a reçu les renforts d'un trio de grandes pointures : Leroy Merlin (17 365 m2) en 2004, puis, en 2006, une seconde Fnac marseillaise (1 832 m2), et un Ikea (16 513 m2). Ces arrivées ont complété le pôle de la Valentine, déjà riche de quatre centres commerciaux, avec Géant, le Printemps, Cultura et Planète Saturn pour locomotives.

Au nord, Marseille Grand Littoral (Carrefour) a récupéré 14 180 m2, dont 10 000 m2 gelés par des travaux de consolidation, auxquels il faut ajouter 4 180 m2 de surfaces commerciales, dont les autorisations devenues caduques ont été réactivées à la faveur d'une CDEC en janvier 2006. Après les arrivées de Nocibé, de Mexx, de La Compagnie des Petits, de Quiksilver ou encore de Soho, le centre de 78 000 m2 doit encore accueillir une jardinerie et une enseigne de culture-loisirs dans les prochains mois.

Ceci acquis, l'heure est au rééquilibrage vers Marseille intra-muros. La rue piétonne Saint-Ferréol, colonne vertébrale du renouveau commercial de l'hypercentre, figure au coeur de cette stratégie. Les enseignes de renom s'y pressent année après année : Virgin, Adidas Store, Nike Store, Marionnaud, Sephora, H et M... La dynamique irrigue les rues transversales. Zadig et Voltaire, installé depuis avril rue Sainte, montre la voie à Sonia Rykiel, Zara Home et American Vintage, annoncés d'ici à l'été.

Un pôle de luxe autour de Louis Vuitton

La ville entend reproduire ce modèle de réussite à une échelle plus importante avec la rue de la République, dont le long travail de réhabilitation de la voirie et des immeubles touche à sa fin. Le 30 juin, les premières rames de tramway sillonneront cette artère haussmannienne de 1,3 km qui devient le trait d'union entre l'hypercentre (le Vieux Port) et le quartier d'affaires d'Euroméditerranée à la Joliette. Pour beaucoup désaffectés, 75 000 m2 de commerces n'attendaient que cela pour renaître. La commercialisation des bas d'immeubles assurée par Marseille République et ANF (filiale d'Eurazéo) bat son plein. 7 500 m2 cherchent encore preneurs. Et la liste des futurs locataires, dont Monoprix et H et M, agit en aimant puissant. Une vingtaine de nouvelles boutiques sont aussi annoncées dès septembre, dont Zara, Armand Thiery, GrandOptical, Camaïeu, Vertbaudet et Mango. De plus, les 1 200 m2 libérés en février par Tati, jugé non conforme au standing retrouvé de la rue, pourraient accueillir une enseigne d'équipement de la maison ou d'hygiène-beauté.

Parallèlement, Marseille République caresse l'espoir de créer, en septembre 2008, un pôle de luxe réservé à dix enseignes autour de Louis Vuitton, avec un emplacement de choix et une zone primaire comprenant les salariés du quartier d'affaires et surtout les croisiéristes du port, dont le nombre devrait passer de 400 000 en 2006 à 1 million en 2010.

Ce beau monde sera aussi convoité par Foruminvest. Le promoteur néerlandais peaufine en effet son projet de centre commercial Terrasses du Port en balcon sur le Port autonome de Marseille (Pam) présenté ce mois en CDEC. Ces 38 000 m2 de commerces, associés à un stadium de 2 200 places animé par les frères Cantona et une piscine en terrasse, accueilleront une moyenne surface de culture et loisirs, un supermarché alimentaire (l'un et l'autre sur 2 500 m2) et 150 magasins.

Doubler la mise à Bonneveine

Fin mars, le conseil d'admi- nistration du Pam a approuvé les termes de la convention d'occupation du Domaine public maritime pour soixante-dix ans. Les travaux devraient débuter en 2008 pour une livraison prévue fin 2010. « La commerciali-sation des moyennes surfaces est en cours. Nous négocions déjà la rédaction de bail avec 50 % d'entre elles. Pour les boutiques, nous étudions 500 candidatures, dont la moitié d'indépendants marseillais ou régionaux pour un deuxième ou un troisième magasin », précise Bertrand Guilhem, directeur du développement de Foruminvest France.

Le Centre Bourse, unique centre commercial de l'hypercentre pour trois ans encore, projette une extension de 15 000 à 20 000 m2, dont celles de la Fnac, de Go Sport et des Galeries Lafayette, histoire de remettre au goût du jour un ensemble né en 1977. Mais le projet lancé en 2003 se heurte à de nombreux écueils. « Nous allons sans doute mener ce dossier très lourd et très complexe par tranche. Il faut créer de nouveaux commerces tout en maintenant les accès aux habitants des deux tours d'immeubles entre lesquelles nous allons nous étendre », commente Daniel Brisson, directeur général adjoint de la Ségécé. Les Galeries Lafayette en profiteraient pour reconfigurer leur supermarché alimentaire, avec un accès par l'extérieur du centre commercial. En prime, « nous accueillerons quatre à cinq nouvelles moyennes surfaces dans l'équipement de la maison et de la personne et une trentaine de boutiques de 100 à 300 m2 », dévoile Régis Hugo, chef de projet à la Ségécé. La livraison de l'ensemble est prévue à l'horizon 2012.

Plus au sud, vers les plages, le centre commercial de Bonneveine (28 000 m2), né en 1983, cherche aussi à se moderniser. À l'étroit entre des immeubles, avec sa galerie marchande à ciel ouvert et un Carrefour de seulement 7 300 m2, il va devoir trouver des solutions ingénieuses. Si rien n'est encore arrêté, ses promoteurs parlent d'un doublement de surface et de sa capacité de stationnement, trop limitée (1 000 places actuellement). Une enseigne d'équipement de la maison pourrait arriver. Un atout de plus pour retenir les Marseillais dans leur ville.

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Article extrait
du magazine N° 1997

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