Max Havelaar signe du coton équitable

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L'association vient d'attribuer son label de commerce équitable à du coton fabriqué au Sénégal, au Mali et au Cameroun. Des fabricants l'utiliseront cette année.

Max Havelaar vient d'élargir sa famille de produits labellisés à du coton. L'association, qui accorde son label à des produits ali- mentaires (café, chocolat, jus de fruits...), change ici de rayons et d'interlocuteurs. Elle s'adresse directement au secteur de l'habil- lement dont les conditions de négociations sont souvent décriées. Max Havelaar, via sa branche française, a bâti une filière de production de coton équitable en Afrique de l'Ouest, dans quatre villages du Sénégal, du Mali et du Cameroun. Un montage analogue est en cours au Burkina-Faso.

L'association a travaillé avec le groupe Dagris, industriel du coton. Sur place, ce dernier a identifié les producteurs et amélioré la qualité de la production. Max Havelaar et sa fédération inter-nationale Flo-International ont pris en charge la certification et la commercialisation. L'association garantit aux producteurs un prix d'achat supérieur à celui du marché : 46 % de plus pour le coton produit au Sénégal, 26 % de plus pour celui du Mali sur les récoltes 2004-2005. En 2006, Max Havelaar table sur un prix d'achat de 60 % supérieur à celui du marché. Des mesures de dumping humanitaires qui s'imposent en Afrique : la production cotonnière est fortement concurrencée par le coton américain, largement subventionné.

Diverses stratégies prix

Ce prix, qui financera des projets de développement sur place, se répercute sur l'aval de la filière. Mais les neuf marques qui emploieront ce coton cette année (Armor-Lux, Celio, Eider, Hacot & Colombier, Kindy, Mariner, La Redoute, Influx et Bocoton) n'ont pas adopté la même stratégie commerciale. Kindy qui, le premier, a lancé une gamme de chaus-settes en coton équitable, majore ses prix de 15 %. « Il a fallu filer ce coton en Bosnie et le teinter à Rouen. Du coup, la gamme ressort à un prix de revient deux fois plus élevé », explique Joël Pétillon, le président, qui précise : « Ce lancement relève d'une démarche d'entreprise et n'est pas un coup marketing. »

Armor-Lux répercutera « légèrement » ce prix de revient. La Redoute rognera de 5 % à 7 % sur ses marges. Enfin, Bocoton, une mar-que de la société Hydra, signera une ligne de disques à démaquiller et de bâtonnets à oreilles d'un prix public de 10 % supérieur au marché. « C'est un pari, précise Aline Crogiez, responsable du marketing. Mais le commerce équitable est un courant à suivre dans la consommation actuelle. » « Et le consommateur est prêt à payer », affirme Joël Pétillon. Preuve de sa confiance, Kindy espère vendre 300 000 à 400 000 paires en 2006 (contre 20 000 à 25 000 cette année). « C'est le sens de l'Histoire », assure Brigitte Bost, directrice de la communication de Celio.

Reste à élargir la production de coton labellisé Max Havelaar. Celle-ci devrait passer de 700 tonnes en 2005 à 1 400 tonnes en 2006.

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Article extrait
du magazine N° 1898

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