Maxi-polémique pour une mini-extension de Leclerc à Pont-l'Abbé

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Des retrouvailles devant le Conseil d'État ! C'est ce que les six membres de la CDEC du Finistère n'avaient certes pas envisagé, le 25 avril 2007, en rejetant à l'unanimité la demande de la SAS Pont-L'Abbé Distribution pour une extension de 261 m2 de sa parapharmacie Leclerc. Ils avaient aussi refusé, dans la foulée - à trois voix contre, deux abstentions et une pour -, la création d'une parfumerie et institut de beauté de 431 m2, au sein du même centre commercial Leclerc de Pont-l'Abbé.

Pourtant, un an après, deux recours ont été déposés ce mois devant la plus haute juridiction administrative nationale, suite à la validation de ces deux projets par la CNEC, le 20 novembre 2007. L'un par la section locale de la fédération des syndicats pharmaceutiques, et l'autre par la chambre des métiers du Finistère, la chambre de commerce et d'industrie de Quimper et les unions des commerçants de Cornouaille. « L'agrandissement de la parapharmacie en soi, s'il n'est pas justifié, nous interpelle moins que la volonté de Leclerc de se lancer dans la vente de matériel médical. Nous ne pouvons laisser la grande distribution s'emparer de la santé publique », argumente Jean-Jacques Le Bian, coprésident du syndicat des pharmaciens, qui craint par ailleurs une fragilisation du service de proximité que les pharmacies représentent localement.

Remise en cause des décisions de CDEC

De leur côté, outre le soutien apporté aux pharmaciens, les chambres consulaires et les commerçants ont déposé, le 10 mars, une requête en annulation de la décision de la CNEC sur le dossier de la parfumerie, défendu par la SAS Vivons heureux exploitant l'enseigne Une Heure pour Soi. Le Groupement des associations de l'ouest Cornouaille refuse un projet « surdimensionné au vu de l'offre suffisante actuelle », insiste Roger Gloaguen, son président. Au-delà de la dimension locale, les chambres consulaires s'inquiètent, sur fond de rapport Attali, de la remise en cause « quasi systématique des décisions de la CDEC ». « Si, même avec un rejet à l'unanimité, nous sommes désavoués ensuite par la CNEC, à quoi ça sert ? », s'inquiète Pascal Cadieu, directeur général adjoint de la chambre des métiers et de l'artisanat du Finistère.

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Article extrait
du magazine N° 2036

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