Melon, haricots verts, produits bio : la nouvelle donne du Maroc

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Ses célèbres oranges trop petites étant moins prisées et ses tomates brimées par les quotas européens, le Maroc élargit son offre. Melons, fraises ou haricots verts sont en plein essor. Et la niche biologique à fort potentiel pourrait être l'« or vert » de demain du royaume chérifien.

Il a plu cette année au Maroc ! De quoi redonner le sourire et de l'espoir à ce pays qui est resté fortement rural à défaut d'être le grand pays agricole qu'il aurait pu être. « Après des années de sécheresse endémique, de réglementations européennes hostiles nous imposant des quotas sur la tomate notamment et le vieillissement de nos vergers, nous n'avions pas le moral », explique Abdellatif Taraf, chef du département fruits et légumes de l'Établissement autonome de contrôle et de coordination des exportations (EACCE). Tenant à préciser que « le Maroc n'a pas de complexe à avoir en matière de sécurité alimentaire, de conditionnement ou d'acheminement de ses productions vers l'Europe. Nous appliquons les mêmes normes que celles des pays développés. Notre expérience de pays exportateur remonte aux années trente ».

Dans l'assortiment des fruits et légumes d'origine maroncaine, les agrumes sont en perte de vitesse principalement à cause d'un vieillissement des vergers. De plus, les oranges, pourtant très sucrées et juteuses, sont de petit calibre, ce qui ne plaît pas aux consommateurs européens, habitués désormais aux tailles « king size » Tandis que les exportations de tomates, qui constituaient il y a dix ans 19 % de part de marché de l'offre méditerranéenne (1), sont tombées à 16 % aujourd'hui. D'autant qu'elles sont « enfermées » dans des quotas imposés par Bruxelles. Cette année, seules 156 676 tonnes étaient autorisées à entrer dans l'Union. Une revalorisation des quotas de l'ordre de 3 % a été obtenue à l'arraché par les opérateurs marocains qui avaient concentré le gros des investissements de ces dernières années sur cette production. Qui a triplé en dix ans, grâce notamment à une meilleure politique d'irrigation. Mais le dossier « tomate » n'a pas fini d'empoisonner les relations marocaines avec l'Union, restant par ailleurs un thème récurent des réunions de l'OMC et du Gatt.

Les Charentais à Marrakech

Du coup, le Maroc, dont 40 % de la population active dépendent encore du secteur agricole, ne peut se permettre de mettre « toutes ses tomates dans le même panier ». D'autres productions se développent depuis quelques années et s'exportent bien aujourd'hui. C'est le cas des haricots verts (18 % de part de marché de l'offre méditerranéenne en 2000 contre 4 % en 1990), des fraises et des melons. Partis de rien en 1990, ces derniers représentent 16 000 tonnes exportées aujourd'hui (pour la seule zone méditerranéenne). Sur le melon, des partenariats avec la France ou l'Italie sont mis en place pour qualifier les cultures. C'est le cas de Soldive, un spécialiste charentais venu former des équipes du côté de Marrakech

Mais ce pourrait être les productions biologiques encore « à l'état embryonnaire » qui assureront demain un chapitre du renouveau agricole du pays, à en croire Abdellatif Taraf. Aujourd'hui, le pays exporte la totalité de sa production bio (environ 2 000 tonnes toutes production confondues) vers l'Europe : courgettes, haricots, poivrons, melons ou fraises. Des partenariats européens se multiplient dans ce sens. Le Maroc dispose encore de nombreux espaces vierges, ainsi que d'un ensoleillement exceptionnel. Du beau bio potentiel, sous le soleil !
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Article extrait
du magazine N° 1785

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